‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 29 sur 188 · Revue des Deux Mondes, l*' août 1863, p · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes, l*' août 1863, p

versel qU*élle ait pour èlte. Nous là ttiettons et nous la remettons à chaque instant en discussion, avec tout jouteur loyal et sincère. Pour cela nous faisons précisément ce que VoUs nous opposez et ce que vous déserteîs vous-même : nous prenons r apparition de Jésus et la naissance du christianisme comme de purs phénomènes hiét(^iques comme les autres, et dont l'étude doit se faire suivant les mêmes procédés que toute autre études Nous éprouvons les faits de la vie de Jésîjs comme ceux de la vie de César et d'Alexandre; et si, prouvés qu'ils sont, ces faits ont un caractère surnaturel^ nous avons bien acquis le droit de nous en prévaloir. Nous procédons par la méthode scientifique, la méthode empirique et expérimentale de l'observation, allant de la constatation du fait à son caractère, du témoignage à l'affirmation, de la phénoménalité à l'idée, du connu à l'inconnu^ de la raison à la foi.

Mais vous, qui vous dites rationalistes et libres penseurs, quelle est votre méthode? D'où partez-vous? Vous partez de ce qui est en question, de Yx du problème, de l'inconnu, du surnaturel nié, de la foi à l'impossibilité et au néant essentiel du miracle^ et vous l'opposez aux témoignages, aux faits, aux preuves, à l'expérience, à la raison; plus que cela, vous en faites une fin de non^ recevoir dogmatique, une fin de non-discuter, de nonraîsonner; ne pouvant le faire, dites- vous, sans ac^ cepter, par cela même, une supposition inacceptable.

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celle que le surnaturel soit seulement possible. Cessez dès lors de dire que vous partez de la raison \ avouez que vous partez du préjugé, du parti pris, de Tincrédulité à prio?n; et que vous ne voulez pas entendre, comme dit Tertullien, parce que vous haïssez d'avance : mahmt nescire quia jam oderunt ^

Vous ne dites pas comme nous, naturels ou suma* turels, commençons par examiner les faits, les témoignages, les documents, leur existence, leur vérité, leur authenticité : éprouvons-les, discutons-les. Vous les supprimez par préjugé : c'est-à-dire que vous supprimez

i . n est curieux de trouver ces deux méthodes en présence et en action dans l'Évangile même, au sujet d'un miracle du Sauveub : tant il est vrai que l'incrédulité ennemie, l'incrédulité pharisaîque est toujours la même I Nous voulons parler de ce qui se passa après le miracle de la guérison de l'aveugle-né. Les Pharisiens, comme on peut le voir tout au long dans cet admirable récit, cherchaient tous les moyens d'éluder l'évidence de ce miracle : (c Ils firent venir pour la seconde fois celui qui avait été « aveugle, et lui dirent : Rendez gloire à Dieu, nous sanons que cet homme est un pécheur. » Voilà la méthode qui part de l'inconnu, de ce qui est en question, et qui oppose le préjugé à l'examen du fait. Que répond maintenant celui qui avait été aveugle? — « Je ne sais pas, leur dit-il, si c'est un pécheur; je sais seule^ « ment que fêtais aveugle, et qu'à présentée vois. » Voici la méthode d'observation qui part du fait, abstraction faite de ses conséquences. Les pharisiens modernes nous disent pareillement : Nous savons que les miracles sont impossibles, à quoi nous répondons comme l'homme de l'Évangile : Je ne sais pas si les miracles sont ou ne sont pas possibles ; je sais seulement que Jésus a rendu la vue aux aveugles et ressuscité des morts, et j'en appelle à la discussion des preuves qui l'établissent.

tout jugement et toute critique, pour vous renfermer dans le dogme, dans le fétichisme de votre négation.

Mais quel ridicule vous vous préparez ainsi à vousmême! Car enfin, il ne suffit pas de fermer les yeux pour supprimer le soleil. Pour s^, oui; mais pour les autres, non. Dans votre fanatique incrédulité, vous allez jusqu'à ne pas vouloir lire les livres de vos adversaires. Et alors qu'arrive-t-il? C'est que vous êtes réfuté depuis dix ans^ depuis vingt ans, depuis des siècles, et que vous-^ne vous en doutez pas ; c'est que vous allez vous heurter contre des démonstrations passées en force de chose jugée ; c'-est que, comme vous le dit trèssensément Montaigne, <( outre que condamner ainsi réc( solûment une chose pour faulse et impossible, c'est (( se donner l'advantage d'avoir dans la teste les bornes « et limites de la volonté de Dieu et de la puissance de <( notre nature, la plus notable folie qui soit au monde, ce — après que, selon votre bel entendement, vous avez (( estably les limites de la vérité et de la mensonge, et « qu'il se trouve que vous avez nécessairement à croire a des choses où il y a encore plus d'estrangeté qu'en ce « que vous niez, vous estes déjà obligé de les aban- « donnera »

Les deux critiques, dit M. Havet, sont sans action tune sur Fautre, ce sont des lignes qui ne peuvent se

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