Liberté de penser, U III, p
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en cela l'image de la doctrine, \e néant bsbèhtiel du miracle; et il en fait bien réellement un principe lors-' qu'il dit : a C'est le principe dominant de la Vraie his- <c toire comme de toute vraie gcience^ que ce qui n'est a pas dans la nature n'est rien, ne saurait être compté « pour rien, si ce n'est pour une idée ; *— et ce prid- « cipe a mià entre le passé et l'avenir, dans Tordre in*" <t tellectuel, un abime infranchissable, etc. i»
Il y a donc bien éyidemment une doctrine là-deBS0us«
Laquelle?
Eh bien, s'il faut la nommer pour ces messieurs qui n'en ont pas le courage, c'est... TAthéisme... Et la nommer, c'est expliquer pourquoi ils ne veulent pas qu'on la discute. C'est là le mncturn sanctorum qui doit rester voilé sous le principe de Timpossibilité du surnaturel, abrité lui-même sous la fin de non-^discusH sion qu'on nous oppose.
Mais il faut que la lumière se fasse, et que chacun ait le courage de son drapeau^
Du reste, le mystère est assez transparent* Dire que « ce qui n'est pas dans la nature n'est rien et ne saua rait être compté pour rien, si ce n'est pour une idée; » c'est dire que Dieu, conçu en dehors de la nature, n'est rien -, n'est qu'une idée. Dire qu'il n'y a qu'ion seul ordre de gouvernement qui est la nature; c'est nier la Providence.
Qui dit Dieu, dit un Être supérieur à la nature, sur--
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naturel y pai* conséquent 5 — Dieu inspliqud ainsi le surnaturel en essence et en puissance* -^ Et maintenant, de la puissance à Tacte^ le lien de possibilité ne peut faire question. Cette question se fait impie si elle n'était absurde, comme le dit très-bien Rousseau. Nier la possibilité essentielle du surnaturel, c'est donc nier le sui*naturel en puissance : c'est nier Dieu.
En d'autres termes : Dieu est le miracle en puissance; et le miracle est Dieu en acte. Dire, le miracle h*est pas possible, c'est dire Dieu n'est pag. Ainsi la négation théorique et systématique du surnaturel et du miracle équivaut rigoureusement à la négation théorique et systématique de Dieu.
Athéisme : voilà donc le mot dont vous posez la chose comme point de départ de toute votre méthode. Et c'est ce que vous appelez j»ar^ir de la raison i La raison pour vous, c'est l'athéisme, qui est anti-raison.
Voilà ce que vous voulez faire passer sans discussion. En cela seul vous avez raison î puisque c'est térlioigner que vous n'avez pas raison.
M. Renan, du reste, n'en fait pas toujours mystère, même dans sa Vie de Jésus. N'est-ce pas, en effet, à la façon de Lucrèce, qu'il y professe l'inflexibilité du régime général de la nature, cette idée que tout se produit dans le monde par des lois où l'intervention per^ sonnelle d'êtres supérieurs n'a aucune part ^ ?
i. ViedeJésm^ p. 40.
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Il n'est donc que trop vrai, c'est à Tathéisme que nous avons affaire. Il est Tàme, si je peux ainsi parler, de la Vie de Jésus; et, pour en revenir au sujet de ce chapitre, il en est la méthode.
C'est parce qu'il n'y a pas d'être supérieur à la rwrture, qu'il n'y a pas de surnaturel; — et c'est parce qu'il n'y a pas de surnaturel, et par cela seul, que tout le surnaturel des Évangiles est légendaire, quelles que soient d'ailleurs les raisons de crédibilité.
Ainsi procède M. Renan : c'est là sa seule déduction, sa seule critique, d'après laquelle il juge tout et à laquelle il ramène tout. — « Que les Évangiles soient en « partie légehdaires, dit-il, c'est ce qui est évident, puisce qu'ils sont pleins de miracles et de surnaturel^ » Les* quels sont impossibles.
Ce qui équivaut à dire : a Que Jés us ne soit pas Dieu, <t c'est ce qui est évident; puisqu'il n'y a pas de Dieu. »
L'athéisme étant posé, tout est simple ainsi comme le néant : mais le néant de la raison, et le chaos de la pensée.
M. Renan ne se dévoile pas ainsi, il est vrai : il use même quelquefois du mot de Dieu, et beaucoup de celui de divin.
Mais quant au mot de Dieu, on sait la clef qu'il en a donnée : a Bon vieux mot, a-t-il dit, un peu lourd, que
\ . Introduction, p. xv.
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tt la philosophie interprétera dans un sens de plus en <& plus raffiné. Il a pour lui une longue prescription; le a supprimer serait dérouter l'humanité, et se séparer « par le langage des simples qui adorent si bien à leur (c manière ^ »
Quant au mot divin, il veut une tout autre explication.
Je dois une réparation à M* Renan. Il n'est pas athée. Il est panthéiste.
Il est vrai que l'athée est celui qui nie que l'univerâ ait un Auteur et un Maître; et que le panthéiste est celui qui nie que l'univers ait un Auteur et un Maître : ce en quoi ils se confondent, comme on le voit.
Mais l'athée se borne à nier Dieu et le panthéiste en hérite. Le premier le détrône , le second se met en sa place. Celui-là le supprime, et celui-ci l'absorbe.
Le panthéiste garde de Dieu ce qu'il en fout pour diviniser l'homme : la substance, le divin; le divin dont il a dit : « Thumanité foit du divin, comme l'araignée c( file sa toile ^; » et dont l'humanité, et certains hommes dans l'humanité, sont l'expression plus ou moins haute.
C'est ainsi que M. Renan a dit de la personne de Je s u s qu' « il est permis de l'appeler divine, non en ce sens « que Jésus ait absorbé tout le divin (il en reste encore);
1. Liberté de penser, t. VI, p. 348, et Études d'histoire reli" gtme, p. 418, 419.
% Job, xc.
« mais en ce sens que Jésus est rindiyidu qui a fait <( faire à son espèce le plus grand pas vers le divin ^ »
En un mot j pour rappeler la définition de Bossuet en la complétant : le panthéiste est un athée déguisé en Dieu même.
Il résulte de là un grand avantage, dont M. Renan a très-bien tiré parti.
C'est que, alors que l'athéisme emporte avec lui l'idée repoussante de monstrueuse impiété, le panthéisme étant la religion du divin dans l'homme même, en respire le sentiment et en parle le langage plus encore que le christianisme, que le mysticisme.
Sous ce rapport, M. Renan, qui absorbe sans doute beaucoup de divin, en a de quoi embaumer tous les athées. Aussi est-il généreux à leur égard; effaçant toute distinction entre eux et lui.
c( L'énorme malentendu qui transforme en blasphéc( mateurs de la Divinité ses plus sincères adorateurs, a dit-il, est, avant tout, une erreur de grammaire. On « ne s'entend pas sur les mots. Quel hymne vaut le « poème de Lucrèce'^? — Aucun, si ce n'est la Vie de Jésus de M. Renan, — De même, selon lui, les athées déclarés du dix-huitième siècle, qui niaient Dieu, n'étaient pas athées; c( ils prêchaient le Dieu véritable. » Mais ils reculaient, conmie les matérialistes, t< devant