Vie de Jésus, p
a On avait ordonné son sépulcre avec les méchants, et U a été « avec le riche dans sa mort. » (Is., lui, 9.) Admirable trait prophétique de la circonstance évangélique de Joseph d'Arimathie, homme riche, homo dives, qui obtint de Pilate le corps de Jésus, et le mit dans un sépulcre neuf, qi^il aoait fait unUlerpour lui dans le roc. (Marc, xv, 46.) Ce sépulcre prophétisé glorieux : Et sepulchrum ejus erit gloriosum, (Is., xi, lO.)
LBS PROPHETIES. ii7
I M. Renan, qui conteste anx prophéties de Daniel d'avoir été faites .durant la captivité, parce que, en ce qui touche les révolutions des empires, l'annonce des événements y est claire et déterminée^ (raison qui l'accable dans toutes les autres prophéties qu'il reconnaît), les avoue cependant comme ayant paru sous le règne d'Antiochus Épiphane, cent soixante-quinze ans avant Jésus-Ch^ist^
Il reconnaît ainsi leur valeur en ce qui regarde le Messie :
(( Durant les persécutions d'Antiochus Épiphane,
i. Vie de Jésus, Introduction, p. xi.
2. M. Renan, dans cette contestation, comme dans cet aveu, n*est que l'écho de Porphyre, sans tenir compte des réfutations anciennes et modernes qui l'ont confondu. Mais cette contestation est heureuse en ce qu'elle donne la mesure de Taveu. C'est ce que nous faisions remarquer nous-méme, il y a vingt ans, dans nos Études : a Les prophéties de Daniel touchant ce passage de Jésus - « Christ s'offrent à nous avec deux garanties décisives. La pre* « mière est l'aveu forcé de Porphyre, qui, dans l'emportement « de sa prévention, intéressé à écarter la première prophétie de « Daniel sur le règne d'Antiochus Épiphane (si bien justifiée par « l'événement qt^elle a plutôt raconté des choses passées, dit-il,
• que décrit des événements futurs), osa alléguer, sans ombre de
• preuve, que le livre de Daniel avait été composé par un in- « connu, sous le règne de ce prince. {Porphyr, apud Hieronym., « prœf, in Daniel) Démenti et confondu sur-le-champ par les « Juifs, son imputation tomba ; mais la marque en est restée, « comme le plus haut point où ait osé monter l'incrédulité à « l'endroit des prophéties, à la grande justification des deux « autres prophéties de Daniel sur Jésus-Christ, que cette « attaque insensée laissait subsister dans une antériorité bien
a dit-il, le a livre de Daniel » parut. Ce fut comme une <c renaissance du prophétisme, mais 'sous une forme <i très-différente de l'ancienne, et avec un sentiment a bien plus large des destinées du monde. Le livre de a Daniel donna en quelque sorte aux espérances mesa sîaoiques leur dernière expression. Le messie ne fut « plus un roi à la façon de David et de Salomon, un a Cyrus théocrate et mosaïste; ce fut un FiLS de « l'Homme, apparaissant dans la nue, un être surnaa turel revêtu de l'apparence humaine, chargé de juc( ger le monde et de présider à l'âge d'or ^ w
M. Renan nous renvoie au texte qu'il veut bien nous indiquer. Autorisé ainsi par lui d'y avoir recours, nous allons le produire pour le compte de son aveu.
« suffisante, quoiqu'elle ne fût pas complète : semblable à ces « crues d*eau qui recouvrent un moment les piles d'un pont, « sans atteindre jusqu'à ses arches, et dont l'impuissante et pas- « sagère furie ne sert qu'à rehausser la prudence de l'architecte « qui a su la prévoir et la braver. »
« La seconde garantie, disions-nous, est dans cette déclaration « de l'historien juif Josèphe : 'c Tous ces malheurs fondirent sur « notre nation sous le règne d'Antiochus, comme Daniel l'avait rt prédit LONGTEMPS AUPARAVANT ; — il a parlé aussi de la puis- « sance des Romains et de leur empire ; — et il a prédit les maux « dont ils devaient accabler notre nation. — Tous les écrits que (( Daniel nous a laissés se lisent encore dans nos assemblées. » « (Antiq. Judaicœ, lib. x, cap. xii.) Tous ces écrits de Daniel « font du reste partie de la traduction des Septante, et existaient « ainsi notoirement dans le monde depuis près de trois cents ans. » [Études philos., tome IV, p. 250 de la 16* édition.)
\. Vie de Jésus, p. 15.
LES PROPHinSS. 119
Yoici ce texte, véritable miroir prophétique dans lequel apparaît cinq cent trente sept ans, suivant Thistoire universelle, avant sa venue (cent soixante-quinze ans, suivant Porphyre et M. Renan), la grande figure du Fils de l'Homme, qui en reçoit ainsi, par cette anticipation prodigieuse, un éblouissant témoignage de divinité.
a Je considérais ces choses dans une vision de nuit, a dit le Prophète, et je vis comme le Fils de a l'Homme, qui venait avec les nuées du ciel^ et qui a s'avança jusqu'à TAncien des jours. Ses anges le lui « présentèrent, et il lui donna puissance , honneur , « royauté, et tous les peuples et toutes les tribus : di- « sant que toutes les races et toutes les langues le ser- (( viront, que sa puissance est une puissance éternelle « qui ne lui sera point ôtée, et que son règne n'aura a point de fin^ »
Quelle prophétie, quand on la rapproche de l'inscription romaine, que chaque siècle en passant grave plus profondément : Chî^stus vinciti Christus régnât! Chrisiits imperat!
Où est le surnaturel, où est le miracle, où est l'intervention manifeste de la Divinité, si ce n'est dans les deux prodiges d'une telle prophétie et d un tel accomplissement, multipliés en quelque sorte l'un par l'autre,