‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 68 sur 188 · S. Irén., liv. III, c. ii, v · texte numérisé non relu

S. Irén., liv. III, c. ii, v

plutôt coDtiQuent cette guerre qui avait commencé autour môme de jÉsus-CHBisT,et sous le feu de laquelle furent écrits les Évangiles. Ils en surveillent l'authenticité, la fidélité historique^ et si grandes sont celles-ci, qu'ils osent tout, sans qu il leur vienne à la pensée de les contester. Les quatre Évangiles deviennent le document commun, le terrain du combat. Ce dossier de la partie adverse n'a cessé d'être donné en communication, depuis l'origine du procès^ à tous les adversaires qui y figurent contre nous. Us l'ont toujours eu dans les mains, nous le leur avons mis nous-mêmes, nous les avons forcés à le discuter en le leur opposant. Ils l'ont retourné de toute manière pour la défense ou pour l'attaque ; ils en ont fait leur propre dossier, en le commentant, l'interprétant, le torturant, pour en tirer contre nous mille inductions fausses et sacrilèges. Et ce serait ce dossier tout froissé parleurs propres mains pendant dix-huit cents ans, tout chargé de leurs injurieuses objections, tout souillé du venin de leur impiété, qu'ils nous rejetteraient aujourd'hui comme suspect d'inauthenticité? Ils ne seraient plus recevables : ils ne l'ont • jamais été : parce que les Écritures ne leur ont jamais été cachées, qu'elles ont été écrites sous leurs propres yeux, sous les yeux des juifs et des païens qui en égorgaient les auteurs, mais qui ne les démentaient pas.

Au dernier siècle, cependant, on entreprit, à la faveur du temps écoulé et de la prévention d'obscurité qui

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s'attache toujours aux origines^ d'élever des nuages sur Tauthenticité des Éyangiles. Cette question se posa pour la première fois. Elle fut l'objet de grands travaux qui ont abouti à Strauss, comme expression la plus avancée de la critique ennemie. Mais Strauss reculait déjà de lui-même dans la troisième édition de sa Vie de Jésus ^^ où îl déclare qu'une nouvelle étude a ébranlé la valeur de ses doutes contre l'authenticité de saint Jean et la yaleur qu'il mérite, reconnaissant aussi qu'une épitre de saint Paul, rédigée trente ans après la résurrection, en présence de témoins vivants, est pareillement un titre digDe foi. Le docteur de Wette, dans son commentaire de saint Jean faisait le même aveu. Ce fut le commencement de la réaction contre la surprise qu'une fausse érudition avait faite à la foi des siècles. Des défenseurs de la vérité se levèrent en Allemagne, où s'était concentrée l'attaque, et leurs grands travaux complétant ceux qui avaient paru précédemment en Angleterre, firent repentir à jamais l'incrédulité de sa tentative. L'authenticité des Évangiles, qui avait été jusque-là du simple domaine de la tradition, comme nous l'avons montré ci-dessus, passa désormais dans celui de la science ; et, une fois déplus, le Christianisme s'enrichit des attaques de ses ennemis.

Aujourd'hui c'est une question vidée. Mais il était

i. Préface de la 3« édition, et sect. III, ch. iv, § 36.

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réservé à M. Renan d'acquiescer au jugement et d'enterrer Strauss.

C'est ce qu'il faut ?oir.

C'est d'abord une observation très-judicieuse, que celle qui s'échappe de sa plume au début de son livre, quand il dit que : a Par une singularité rare en histoire, « nous voyons bien mieux ce qui s'est passé dans le « monde chrétien de Tan 50 à l'an 75, que dans les tt temps moins reculés K i»

Le bénéfice de cette observation s'attache presque exclusivement aux écrits du Nouveau Testament et plus particulièrement aux Évangiles. Il y a là en effet un caractère qui distingue l'histoire du Christianisme de toutes les histoires. L'obscurité est à toutes les origines de celles-ci. La plus vive et la plus nette lumière éclaire le berceau de celle-là : et c'est le héros lui-même de cette histoire qui est cette lumière dont il illumine tout autour de lui, et dont les pages de son Évangile sont éclatantes. Toute histoire pâlit auprès de ce lumineux caractère, et les faits de Socrate dont personne ne doute sont moins attestés que ceux de iÈsvs-CuRisT^. De sorte que, Qpmme le dit excellemment Schelling : <!t Du point de vue même de la philosophie, le Christiaa nisme n'est pas une pure conception de l'intelligence, <c il est autre chose encore, il est un fait^ et le plus

i» Vie de Jésus, Introduction^ p. vi.

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