Vie de Jésus, introduction, p. l-li
latiYement au fait en question ; et si, après xjebi, votis «n reconnaissez l'authenticité historique et la véracité morale, rtespectez-en la certitude, subissez- en' la conclusion, comme de tout témoignage éprouvé. Ne faites pas céder cette certitude à la probabilité d'une illtision qu'elle exclut. Sinon , vous vous placez dans cette situation radicalement absurde, de prétendre qu'un témoignage, que vous reconnaissez authentique et véridîque, est en mêttie temps légendaire et faux; de travailler à des explications que vous agirez préalablement rendues impossibles ; et finalement d'affermir la vérité que vous voulez combattre, en intéressant à sa certitude les fondements mêmes de toute certitude historique et les premiers éléments de la raison.
C'est là, en effet, ce qui arrive pour l'auteur de la Vie de Jésus y et ce qu'e lui commandait le parti pris de son système.
Pour échapper à la contradiction, il cherche d'abord à se tenir dans l'a peu près. Les Évangiles sont-ils des biographies véridiques? sont-ils des légendes fictives? Ni l'un ni l'autre, et l'un et l'autre; ni oui ni non, et oui et non. « Ce ne sont ni des biographies à la « façon de Suétone, ni des légendes fictives à la mac< nière de Philostrate; ce sont des... biographies léc< ijenéaires ^ » Système commode pour la divi?iation
{. Fie de Jésttô, introduction, p. xliv.
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et la conjecture, qui permet d*eû prendre et d*ea laissa* à son gré, et de faire soi-même une biographie romanesque; niais système qui périt par tous ses avantages, et qui laisse son auteur entre deux sans pouvoir se relever.
Et comment ces biographies, telles que les ont caractérisées les aveux de M. Renan, peuvent-elles être légendaires?
A cette question, M. Renan répond d'abord qu' « il a y a légende et légende ^ >» Et il se hâte de mettre les Évangiles canoniques à une grande distance des évangiles apocryphes. « Ces compositions, dit-il, parlant de a ceux-ci, ne doivent être, en aucune façon, mises sur <x le même pied que les évangiles canoniques. Ce sont <K de plates et puériles amplifications, ayant les canote niques pour base, et n'y ajoutant rien qui ait du a prix^ »
Mais, en quoi les apocryphes ne peuvent-ils, en aucune façon^ être mis sur le même pied que les canoniques? Qu'esirce qui sépare donc tant ceux-ci de ceuxlà, si ce n^est précisément leur caractère profondément historique et antilégendaire, leur ordonnance toute biographique, Taustère désintéressement de leur touche, leur sobriété de ligne qui ne laisse voir que le dessin sans couleur, la fidélité sans émotion, le simple relevé
{, Viede Jésus, introduction, p. xv.