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des faits et des traits de i'Homme-Dieu, et, si je peux parler ainsi, sa photographie sans retouche? A ne considérer les Évangiles qu'en eux-mêmes, indépendamment de tout témoignage extérieur, ils sont si loin de la légende, que c'est même les méconnaître que de les assimiler à des biographies à la façon de Suétone, et qu'il faut y voir des procès^verbatix incomparables de la Vérité même qui les a inspirés.
Cette manière, disions-nous dans nos Études, qui n'a pu être inspirée que par la sincérité et la conviction portées au plus haut degré, donne à l'Évangile un air de vérité saisissant. On ne peut se défendre de croire ce qu'on cherche si peu à vous faire croire, ce qu'on redoute si peu que vous ne croyiez pas. Cette absence complète de réflexions et d'ornements relève les faits, et leur donne un aspect frappant de rigoureuse fidélité ; c'est plus qu'une reproduction, c'est quelque chose de la réalité, comme si les faits eux-mêmes étaient venus s'imprimer sur ce fond de candeur inaltérable. Une pieuse tradition rapporte que lorsque Jésus allait au supplice, tombant sous le poids de sa croix, une sainte femme perça la foule acharnée de ses bourreaux, et, s'approchant de sa personne, appliqua sur sa face adorable un hnge blanc pour en essuyer la sueur et le sang dont elle était dégouttante; et qu'en récompense de cette courageuse compassion, il se fit un miracle : les traits de l'auguste victime restèrent empreints sur le
Yoile consolateur. Ainsi, peut-on dire, l'Évangile nous reproduit les traits de la vie de Jésus; et dans sa candide et véridique simplicité, il est pour nous comme le voile de Véronique'.
Cependant, d'après M. Renan, voici comment cela se serait fait.
«c Ce qui est indubitable, c'est que, de très-bonne a heure, on mit par écrit les discours de Jésus en c( langue araméenne, que de bonne heure aussi on « écrivit ses actions remarquables ^. Ce n'étaient pas là c( des textes arrêtés et fixés dogmatiquement*. Outre c( les évangiles qui nous sont parvenus , il y en eut « une foule d'autres, prétendant représenter la tradia tion des témoins oculaires^. On attachait peu d'imtt portance à ces écrits, et les conservateurs, tels que tt Papias, y préféraient hautement la tradition orale *,