‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 8 sur 188 · LÀ QUESTION · texte numérisé non relu

LÀ QUESTION

Elle est donc la plus grande, la plus sérieuse, la plus urgente de toutes les questions qui peuvent se dresser dang une conscience d'homme. Nous ne saurions Texaminer de trop près et trop religieusement. Ce n'est pas une question facultative et spéculative, une question dont le docteur, le prêtre ou le philosophe seuls soient chargés. C'est la question individuelle par excellence; qui s'attache à chacun de nous sous les divers personnages que nous faisons dans le monde, et qui saisit en nous l'homme même, comme une question de santé ou de maladie, de vie ou de mort, avec cela de plus, que sa portée est au delà. C'est la destinée humaine tout entière.

Tel est le caractère éminemment personnel et privé de cette suprême question.

Enfin elle a un caractère social et public que je n'ai pas besoin de développer. On peut dire que toute la société, que toute la civilisation, tout l'avenir de l'humanité y sont suspendus. Je ne ferai à cet égard qu'une seule observation.

La guerre depuis cent ans, pour ne pas remonter plus haut, est entre la Révolution et l'Église. Cela est évident. Et par Révolution je n'entends pas telle révolution ; mais cet esprit antireligieux et antisocial qui rejette Dieu du monde et l'Église de la société. Or, l'Église étant l'institution par laquelle Jésus- Christ

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s'affirme et règne dans le monde, la Révolution est la guerre ouverte ou souterraine à Jésus*Christ«

Et dans cette question de Jésus-Chkist affirmé ou attaqué se trouve contenue et agitée la question de Dieu, du surnaturel, de toute Religion. L'Église, c'est Dieu reconnu et servi par l'humanité : la Révolution, c'est l'humanité affranchie de Dieu, révoltée contre Dieu> à l'assaut de Dieu. Ce sont les deux Cités dont saint Au^gustin a tracé le tableau dans son immortd ouvrage, et qui, toujours en guerre sous des formes et des noms di^ vers, sont arrivées de nos jours à leur position la plus avancée.

Quelques-uns de mes lecteurs, peut-être, trouveront que je force ici les choses. Je ne m'en étonnerai pas ; parce que nombre d'esprits de ce temps s'arrêtent aux surfaces, et prêtent aux situations les intentions honnêtes qu'ils y apportent. Il y a donc dans le camp delà Révolution, à divers degi*és, des &mes qui sont loin de nier tout l'ordre divin et surnaturel, et qui bornent les questions à l'Église, ou à Jésus-Christ; mais qui réservent la foi en Dieu, à une vie future, à quelque retenail enfin supérieur, sans lequel la société leur paraîtrait vouée aux abîmes.

Eh bieni ils se trompent. Dans la question de l'Église se trouve engagée la question de Jésus- Christ et du christianisme, et dans le christianisme Dieu et tout l'or^ dre surnaturel.

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