‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 82 sur 188 · Jean, a · texte numérisé non relu

Jean, a

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monde, et toujours par des miracles. L'état de l'homme innocent était un état soutenu de miracle. Depuis la chute, la vie prophétique de tout un peuple dans le monde n'a été qu'une succession de miracles , jusqu'au miracle par excellence :Dieu faithomme, ses œuvres, sa mort, son triomphe. Ce triomphe est la dilatation de l'ordre surnaturel, du seul peuple Juif à tout l'univers, et sa perpétuité victorieuse et miraculeuse dans l'Église, se prolongeant sous nos yeux dans l'avenir.

On le voit, l'ordre surnaturel a son régime général de phénomènes comme l'ordre naturel, et ces deux ordres, loin de se heurter^ s'enchainent en se subordonnant dans la plus magnifique harmonie. Le miracle n'est plus dès lors une monstruosité contre laquelle il faille se tenir en garde, encore moins une impossibilité qui aurait contre elle la nature et l'histoire. Il a pour lui, en principe, la puissance et l'amour de Dieu, incliné à se donner aux hommes ; en fait, la suite de la Religion depuis l'origine du monde, dont elle domine les révolutions.

Est-ce à dire que le miracle ne soit pas chose extraordinaire, insoUte, ardue, et qu'il faille tout croire légèrement en fait de miracles? Loin de là, il faut tout éprouver ; par respect, je ne dis pas seulement pour la raison, mais pour la foi, qui sauve en cela la raison même de tous les égarements de la créduUté, comme •n l'a vu dans tous les siècles. Mais il faut tout éprou-

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ver avec propension à croire à Tamour de Dieu et à ses prodiges. C'est là une prévention, si Ton veut; mais une prévention légitime et bien située ; qui ne dispense pas de la critique, mais qui la rend plus conforme à son objet, plus philosophique dans le vrai et bon sens du mot. Être bien prévenu, c'est n'être que juste à l'égard d'un amour qui nous a déjà donné tant de gages.

Nous voici loin de M. Renan : autant qu'il l'est de la vérité. Il ne voit dans le miracle que ce qui n'y est pas : une question de chimie et de physique ; un prestige de Hume, un tour à la Robert Houdin. 11 n'y voit rien de ce qui y est : un phénomène moral et religieux, un témoignage de l'amour divin à la foi de l'homme, ayant son foyer dans la rencontre de cet amour et de cette foi. Concevez-vous un témoignage d'amour donné à l'impiété et à la haine \ et ce souverain Amour s'avilissant jusqu'à se donner lui-même en spectacle à ses ennemis? Il n'est pas un miracle du Sauveur qui n'ait été déterminé par la foi de ceux qui en ont été l'objet, et qui n'ait eu pour considérant cette parole : Voire foi votes a sauvé; et il est à remarquer que le Christ ne fit plus de miracle quand il fut aux mains des Scribes et des Pharisiens, et qu'il comparut devant Pilate et devant Hérode. Devant celui-ci surtout, qui espérait lui voir

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faire quelque miracle pour en repaître sa curiosité, Jésus, aux diverses demandes qui lui furent adressées, ne répondît rien. Il n'est personne qui ne sente la dignité de ce divin silence. M. Renan, hii, n'y voit qu'un tact de prudence; Jésus , dit-il, se garda bien de s'égarer en un monde irréligieux; il garda pour les simples des moyens bons pour eux seuls *.

De cette inintelligence du miracle est éclose, dans le cerveau de M. Renan, l'idée de sa commission de physiologistes, de physiciens, de chimistes et de critiques, choisissant le cadavre, désignant la salle où l'expérience d'un miracle de résurrection aurait lieu, et réglant tout le système de précautions nécessaires pour ne laisser prise à aucun doute. Il suppose <( un thaumaturge se « présentant avec des garanties assez sérieuses pour «c être discuté, et s'annonçant comme pouvant ressus- « citer un mort. » Il ne voit pas qu'un thaumaturge qui se présente et qui s'annonce, ne peut être qu'un jongleur. Il ne comprend pas que le thaumaturge, n'ayant pas ce pouvoir en lui-même, et ne le recevant que de Dieu, par des dispositions et dans un but dignes de la sainteté et de la sagesse infinie, ce serait cette sainteté, ce serait cette sagesse qui aurait à faire ses preuves devant cette commission de scribes et de pharisiens à qui les preuves qui ont converti le genre hu-

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