‹ La divinité de Jésus-Christ; démonstration nouvelle tirée des dernières attaques de l'incrédulitéChapitre 84 sur 188 · Marc, m, i!î. — Actes, i · texte numérisé non relu

Marc, m, i!î. — Actes, i

320 JÉSUS-CHBIST.

lité : double garantie que toute commission de vérité doit présenter ^

Ce n'est donc pas Vidée d'une commission que je critique, mais c'est, dans cette commission imaginée par M. Renan, l'absence de toute précaution nécessaire pour ne laisser pénétrer aucune erreur. M. Renan, en effet, qui prend tant de précautions contre Dieu, a totalement oublié d'en prendre contre l'homme; contre l'homme qui est précisément le sujet de l'erreur. Il est vrai qu'il choisit des physiologistes, des physiciens, des chimistes et des critiques.

Mais pour être savant on n'en n'est pas moins homme,

Pour avoir cru à la religion et n'y plus croire, on n'est pas sans être capable de prévention, de parti pris, de ressentiment. Il n'en parait rien assurément dans les

\ . Un gentilhomme anglais, protestant, étant à Rome, un prélat avec lequel il était lié lui donna à lire un procès-verbal qui contenait la preuve de plusieurs miracles. Après l'avoir lu avec beaucoup d'attention, il dit en le rendant : « Si tous les miracles « qu'on reçoit dans l'Église romaine étaient établis sur des preuves « aussi évidentes que ceux-ci, nous n'aurions aucune peine à y « souscrire. — Eh bien I répondit le prélat, de tous ces miracles « qui vous paraissent si avérés, aucun n'a été admis par la con- « grégation des Rites, parce qu'on ne les a pas crus suffîsam- « ment prouvés. » Le protestant, étonné de cette réponse, avoua qu'il n'y avait qu'une aveugle prévention qui pût combattre la canonisation des Saints, et qu'il ne se serait jamais figuré que l'attention de l'Église romaine allât si loin dans l'examen qu'elle fait des miracles.

écrits de M. Renan ; mais enfin, rhumanité est faible, et, lorsqu'il s'agit d'un si grand intérêt que la foi du genre humain, il faut tout prévoir. Il faut s'assurer que, comme Papias le dit de nos Évangélistes, la*commission dont il s'agit n'aurait qu'un souci, celui de ne rien omettre des choses, et de n'y rien mêler de faux.

C'est pourquoi je proposerais un amendement au projet de cette commission.

Cet amendement aurait trois articles.

Le premier, que les membres de la commission commençassent avant tout par déposer tous leurs intérêts personnels , leurs traitements, leurs bénéfices d'auteurs, leurs sinécures, etc., comme saint Luc quitta sa clientèle, saint Matthieu sa banque, et saint Jean ses filets ;

Le second, qu'ils scellassent leur témoignage de leur sang, et qu'ils se fissent égorger pour le soutenir ;

Le troisième, enfin, que tout le monde put assister aux expériences. « Ni les personnes du peuple, dit « M. Renan avec un dédain par trop superbe, ni les « gens du monde ne sont compétents pour cela^ » Nous ne pensons pas comme M. Renan. Nous croyons, au contraire, que le public est le grand jury en cette matière, et que c'est le cas de l'adage : voxpopuli, vox Dei. Après tout, pour savoir si un homme est bien

Page 1