‹ La doctrine de DanteChapitre 5 sur 10 · DE MONARCHIA · texte numérisé non relu

DE MONARCHIA

Le pouvoir temporel et même le pouvoir spirituel, tel qu'il s'affirmait en Tan 1300, faisait du Pape le plus redoutable des despotes italiens ; et les gibelins, pour la plupart, ne voyaient dans l'empereur qu'un monarque qui les délivrerait du Pape. Là où Frédéric avait succombé, Henri VII, qui venait de se faire couronner à Rome, demanda probablement à Dante un manifeste, le représentant comme un sauveur. On a traité à tort ce traité de pamphlet ; le ton en est grave, mesuré et les susceptibilités pontificales y sont ménagées, autant que la thèse le permettait.

Le De monarchia commence par une critique des formes gouverne-

mentales. Pour le gibelin, aristocratie et démocratie sont des solutions obliques, il préconise la monarchie, quant dicunt imperium unius principatus ; il l'appelle temporelle pour ne pas offusquer le pontife romain. Toutefois, sa monarchie n'est point nationale, c'est la monarchie universelle qui laisse subsister dans chaque pays le gouvernement en usage, une confédération occidentale, présidée par l'empereur. Royaumes ou municipes gardent leurs lois et ne relèvent de l'Empereur que pour trancher leurs conflits.

Le manifeste se divise en trois points. La monarchie est-elle nécessaire? Le peuple romain a-t-il le droit de l'exercer? L'empire universel relève-t-il de Dieu ou des vicaires?

La monarchie assure la paix : une seule volonté en terre comme au ciel. Le monarque universel n'a plus de voisins, il ne peut rêver de conquête, il assure la liberté comme la paix.

Ens enitn natura producit unum,

unum vero bonum, l'être par sa nature produit l'unité et l'unité le bien. L'homme asservi à l'autorité (sous-entendue spirituelle) ressemble à la brute, tandis que l'indépendant ressemble à l'ange, dont l'option est libre.

Le droit {jus) n'est que la volonté de Dieu. Or, Dieu voulut l'empire du peuple romain, donc le peuple romain a droit à l'Empire. L'argument semble si pauvre qu'il nous en donne un autre, bien étonnant.

Si l'empire romain n'avait pas été prédestiné au sceptre universel, Jésus-Christ ne serait pas mort pour le rachat de l'humanité, au nom d'une sentence romaine. Jésusa péri comme blasphémateur de Moïse, dont Ponce-Pilate se moquait fort, Rome n'a fourni que des exécuteurs.

La sentence fut juive, à la fois fanatique et méditée, et parfaitement conforme à la loi hébraïque. Le troisième livre du traité seul importe :

Dieu ne veut pas de ce qui répugne à l'intention de la nature.

Zelo fortasse clavium ; les pasr teurs tombent en rage au seul nom

d'empereuretlesdécrétalistes aussi.

Dante prend l'un après l'autre les arguments du Saint-Siège, le privilège de Lévi, l'élévation, le sacre et la déposition de Saùl par Samuel, le pouvoir de Pierre, et autres sujets bibliques.

Otez le nom de l'auteur, personne ne lira ce lourd document, doublement ennuyeux parce qu'il traite de politique et qu'il est fait de centons ecclésiastiques, tirés de l'Ancien Testament.

Certainement l'Alighieri était un doctrinaire convaincu; en lui bouillonnaient, ardentes et vengeresses, les haines de Toulouse et les haines du Temple ; et peut-être le seul intérêt du traité réside-t-il à suivre le patelinage onctueux de ce formidable adversaire de Rome et le clignement de l'expression sur l'idée assez semblable à la dissimulation des félins. Sous la patte, ou le calame de velours, on sent la griffe frémir de rage contenue.

Il importe assez peu de juger la doctrine dantesque. Utopie ou illumination, sa thèse ne nous inté-

resse que parce qu'elle fut la sienne.

Pour une certaine catégorie de gens qui connaissent les coulisses et les dessous du théâtre politique, les programmes et les théories ne sont en réalités que des décors et des machines qui cachent la réalité vile et sale des intérêts. Ce qu'on peut dire de plus courtois pour l'humanité, c'est que souvent les intéressés confondent leur heur et un système ; et comme on ne ment jamais aussi bien qu'à soi-même, certains hommes parviennent à se persuader qu'ils servent une idée, satisfaisant leur passion.

Qui éclaircira, dans ce manifeste au profit d'Henri VII, si Dante voulait vraiment un empereur ou seulement l'abaissement et le vasselage de la Papauté ?

Il ne nie pas la donation de Constantin, mais il la déclare illicite:

l'empereur n'avait pas le droit de morceler l'empire.

Le seul argument valable pour nous, et que l'auteur a le moins développé, découle de l'essence «du

pouvoir spirituel, incompatible avec le temporel.

L'armée du Pape a toujours été une expression étrange, comme Test encore la cour du Pape : nous nous étonnons de la conquête des Romagnes, comme de l'actuelle ressemblance entre le Vatican et Monaco.

Au-dessus des évocations politiques, la théocratie se détache par l'ampleur et la beauté du tableau ; mais de tous les périls que l'homme puisse courir, aucun ne cause autant d'effroi que le pouvoir sacerdotal. Ceux qui se prétendent inspirés de Dieu dépassent les autres en implacabilité.

La critique des doctrines commence par la connaissance de l'homme: car l'homme ajoute à l'idée qu'il épouse une part de fange, de sang ou d'erreur. On peut tout attendre de notre espèce, sauf de la modération, de la tempérance et des mesures ; et la méfiance qu'on dédie aux doctrinaires prend sa raison dans l'imperfection humaine qui pousse toute activité jusqu'à l'excès.

Or, le danger du théocrate, ce qui le rend insociable et terrible, c'est Tidée qu'il pense, veut et frappe, pour Dieu.

En demandant l'abolition du pouvoir temporel, Dante était meilleur catholique que le Pape.

L'homme a été créé pour une double fin, également heureuse, la paix en ce monde et en l'autre.

Le Souverain Pontife le conduit, parla révélation, à la vie éternelle, l'empereur lui donne la félicité temporelle, par des enseignements philosophiques.

Dante nous étonne, malgré que nous tenions compte de l'époque.

Solus eligit Deus, solus ipse confirmât. Aucun croyant n'oserait à notre époque attribuer à Dieu une élection ni de naissance ni de puissance. Ce sont accidents de fourmilières où la divinité n'intervient pas, mais seulement le déséquilibre et cette absurdité sexuelle qui commence au mythe du péché originel.

Le traité de la Monarchie sera l'œuvre d'un jurisconsulte ou d'un humaniste qu'on y verrait un écrit

de circonstance et de commande où l'auteur s'inquiète peu des conséquences de sa plaidoirie et de leur prolongation doctrinale.

Dante, d'après la tradition, « parlait rarement, à moins qu'on ne l'interrogeât: sa figure était mélancolique et pensive » et ce qu'il a laissé témoigne d'un esprit très réfléchi, incapable de légèreté. Ce grand poète envisageait toujours la parabole d'une idée avant de l'écrire; et pour cela c'est le père du socialisme, — qui ne s'en doute guère.

Nous le verrons dans le Convito, son testament philosophique, s'élever contre l'hérédité des biens comme, des titres, ainsi que nous le voyons déjà revendiquer la liberté de pensée.

Ni monarchie universelle, ni république universelle ne sont des formules sérieuses sous la plume de ce visionnaire fort clairvoyant et rusé aux choses de ce monde: je doute qu'il ait conçu une pareille insanité.

La politique de Dante découle de sa croyance, il aime l'empereur par haine du Pape. Figurons-nous le

pontife à l'état de patriarche sans pouvoir, le gibelin n'aurait plus eu peut-être tant de zèle pour le sceptre.

Ozanam, défenseur de l'orthodoxie du poète, avoue « qu'il poussait ses déductions jusqu'aux plus démocratiques et impraticables maximes ». 11 a fait à lui seul tout le chemin parcouru de Machiavel à la Révolution française.

« A chacun suivant sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres n'est que l'écho des vœux exprimés dans un jour de mécontentement, par le vieux chantre du moyen âge. » Le De Monarchia fut condamné par Rome ; et cela se conçoit, car cette fois, celle-là seulement, il attaqua la suprématie romaine, en forme dialectique et à visage découvert.

Tout le monde sait que Dante était un gibelin, mais on se borna à voir en lui un partisan de l'empereur jusqu'au jour où Rossetti en Angleterre et Aroux en France dévoilèrent l'hérésie du poète. Toutefois M. Rossetti, dont je n'ai pas lu les ouvrages, alla trop loin, à en ju-

ger sur le seul titre De V esprit antipapal qui produisit la reforme. Il n'y a aucun rapport entre le Pythagorisme illuminatif de l'Alighieri et l'esprit court, lourd et banal de l'Augustin. L'Allemand emporta une victoire sur le même adversaire que le Florentin avait combattu, mais leurs bannières ne portaient ni mêmes couleurs ni semblables emblèmes.

Boccace, qu'on ne lit qu'au lycée, comme mauvais livre, entre les Contes de Lafontaine et Brantôme, pour y trouver des salacités, a commenté l'Alighieri et en termes admirables de solennité. La poésie, ditil, est une théologie. Les traces de la scienceéternelle sont voilées dans TEcriture-Sainte comme dans les poètes. Sous ce voile se conservent les vérités qui seront complètement démontrées à la fin des siècles...

JUrai jusqu'à avancer que la théologie n'est rien qu'une poésie de Dieu et une fiction poétique... Non seulement la poésie est théologie, mais encore la théologie est poésie.

Est-ce assez clair ? Peut-on dire

plus explicitement que Dante est un théologien et traite de religion ? Le De Vulgari Eloquio enseigne à exprimer la libre pensée en langue vulgaire, le Convito va nous révéler la pensée de Dante ; le titre déjà emprunté à Platon (Convito traduit le mot Symposion) nous avertit de l'importance du discours : si la clé qui doit ouvrir les trois portes de la Comédie n'est pas là, il faudrait se résigner à ne jamais la saisir.

Elle y est, quoique cachée, et comme elle appartient à l'espèce de ces objets-fées qui brillent dès qu'on les manie convenablement, nous pénétrerons peut-être dans un sanctuaire !

Le Convito devait-il avoir quatorze livres, comme l'auteur le dit ?

Nous n'en possédons que quatre.

En apparence, et pour les frelons, ces quatre livres ont été écrits afin d'expliquer trois chansons. Je résumerai l'ouvrage en donnant, dans certains passages importants, le mot à mot italien. v

Toute chose, sous l'impulsion providentielle, tend à sa perfection

et la science est la perfection de l'homme. Aussi le désir de savoir se manifeste-t-il en lui, chaque fois qu'il est bien constitué organiquement et qu'il ne cède ni à la nécessité, ni à la paresse.

Bienheureux ceux qui s'assoient à la table où l'on mange le pain des anges et malheureux, ceux qui partagent la nourriture des bêtes.

Les convives élus s'apitoyent sur ceux qu'ils voient broutant de l'herbe et des glands ; ceux qui savent offrent libéralement leur précieuse richesse aux véritables pauvres.

Moi, qui ne m'assieds pas à la bienheureuse table, mais qui, transfuge des pâturages du vulgaire, ramasse aux pieds des convives les parcelles du festin, en pensant à la misérable vie de ceux que j'ai laissés en arrière, je réserve pour les pauvres une portion de ce que je recueille. Maintenant je veux leur dresser la table et leur offrir un banquet des aliments révélés et du pain préparatoire qui accompagne

une telle nourriture. Sans ce pain, on ne saurait la goûter.

« Nul ne doit s'asseoir à mon banquet s'il n'a les organes bien disposés : les dents, la langue et le palais. Vienne quiconque, grâce aux labeurs domestiques et autres, aura subi la faim humaine. A leurs pieds viennent ceux, qui par inertie, ne se mirent pas en état de s'asseoir plus haut, ceux-là aussi recevront ma nourriture.

« La substance du banquet sera de quatorze services, quatorze canzones traitant d'amour et de vertu.

Séparées du pain que voici je veux dire la présente exposition, elles resteraient obscures, mais cette exposition renferme la lumière qui fera ressortir toutes les couleurs de leurs sens. Dans le Convito, la matière est plus virilement traitée que dans la Vita Nuova : je n'entends pas la renier, mais fortifier une œuvre par l'autre.

« Ma véritable intention, en écrivant mes cançones, différait de l'intention apparente : j'entends les

éclaircir par une interprétation allégorique et raisonnée. »

Est-il besoin de commenter ce premier chapitre ? Dante donne la science comme suprême perfection, formule rationaliste que redira Léonard de Vinci ; mais il l'appelle aussi le pain des anges, en opposition à la pâture du troupeau ecclésial et il l'offre à tous; N'oublions pas que le commentaire s'applique à la Divine Comédie, déjà écrite à ce moment.

II. — On nettoie le pain, au moment du repas ; Dante enlèvera deux taches à cette exposition : l'abus de parler de soi-même et l'irrationalité d'une exposition trop approfondie.

De quoi le poète se justifie-t-il dans les propos suivants? Se déprécier est blâmable ; on ne doit confier ses fautes qu'à son ami et on n'a pas de meilleur ami que soi-même.

Qui se blâme lui-même avoue qu'il connaît son vice et sa méchante nature : mieux vaut se taire. Parler de soi-même, c'est parler faux ou relativement à la chose dont on

parle ou relativement à sa propre pensée.

Louer quelqu'un en face, c'est le forcer à se louer ou à se blâmer luimême, suivant qu'il déclare ou qu'il admet l'appréciation .

Il n'est permis de parler de soi que pour éviter une grande infamie ou un grand péril.

Ainsi Boèce se parla à lui-même pour effacer l'éternelle infamie de son exil.

On peut encore parler de soi, quand il en résulte un enseigne ment pour autrui : ce qui décida Augustin à écrire ses Confessions.

Ces deux exemples me justifient :

je cède à la crainte de l'infamie et au désir de laisser un enseignement.

L'infamie que je crains, c'est qu'on suppose que la passion et non la vertu inspira mes canzones et mon désir est de» révéler le vrai sens de ces canzones. Nul, si je ne le révèle, ne le découvrirait.

III. — « Mon commentaire sera un peu dur à comprendre, mais je le fais ainsi à dessein pour éviter

un défaut plus grave (celui d'être entendu de V inquisiteur). Plût au dispensateur de l'univers que la cause de ma justification n'eût jamais existé ; je n'aurais pas souffert la peine injuste de l'exil et de la pauvreté. Car, aux citoyens de la belle et chère fille de Rome, Florence, il a plu de me jeter hors de son doux giron : depuis lors j'ai parcouru, quasi-mendiant, presque tous les lieux où on parle ma langue natale ;... j'ai paru vil aux yeux de beaucoup et la dépréciation s'étendit à mes œuvres anciennes ou futures. »

IV. — La majeure partie de l'humanité vit d'après le sens et non d'après la raison. Souvent joyeux et souvent tristes, de délectations et de tristesses éphémères, vite amis, vite ennemis, ce sont des enfants que les hommes.

L'envie engendre le mauvais jugement et puis l'impureté humaine toujours souillée de quelque passion.

J'entreprends le présent ouvrage, avec un style plus haut et plus

grave, pour me donner une autorité plus grande.

V. — Voici le pain purifié. Pourquoi est-il de blé et non de froment pourquoi ceci est-il en vulgaire et non en latin ? Pour trois raisons, une de convenance, l'autre de libéralité et la troisième d'amour.

Franchise d'âme et force de corps sont ordonnées pour la chevalerie ; soumission et habileté pour un serviteur. Or, ce commentaire des Can^ones n'aurait pu accomplir sa mission en latin.

(Le lecteur est prié d'entendre par le latin l'orthodoxie romaine et par le vulgaire la doctrine secrète professée par Dante.) La langue ici signifie la communion religieuse.

Le latin est souverain, éternel et incorruptible ; tandis que le langage vulgaire se transforme et se plie au ton de l'agrément. Cette matière sera traitée, s'il plaît à Dieu, dans un livre que j'ai l'intention de composer sur la langue vulgaire.

Le latin n'aurait pas été serviteur, mais souverain des langages laïques ou vulgaires, souverain

quant aux Can^ones (qui sont toutes anti-papales).

L'habileté du serviteur exige la connaissance du caractère du maître et la connaissance exacte de ses amis. Or, le latin ne connaît le vulgaire de chaque peuple, ni par conséquent ses maîtres ; toute chose qui procède d'un ordre pervers (Rome) est pénible, amère ; et comment obéir à un joug amer ?

Ceux qui désirent comprendre les Cancanes sont beaucoup plus nombreux que les lettrés et le latin ne les aurait divulguées qu'à ceux-là.

En revanche il les aurait exposées à des peuples de langue étrangère et il aurait dépassé son mandat. Car les Çanzones ne veulent pas qu'on les traduise. Que chacun le sache :

nulle œuvre harmonisée (dont les mots ont un sens ésotérique), d'après une loi mosaïque ne peut se transporter d'un idiome dans un autre sans perdre sa douceur et son harmonie (son double sens convenu).

VII. — La façon de donner doit être pareille à celle de recevoir, convenable et utile. Le don, pour être

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libéral, doit devancer la demande. C'est pourquoi Sénèque dit : «Rien ne s'achète plus chèrement que ce qui se paie avec des prières. »

VIII. — Le bienfait réel de mon commentaire est de révéler le sens des Can%ones.Ce sens a pour but de conduire les hommes à la science et à la vertu. L'amour nous porte à magnifier l'objet aimé, à le défendre.

Je magnifie mon idiome en montrant son excellence occulte et virtuelle, mère et conservatrice des vertus et des vrais amis, des richesses et des grandeurs.

IX. — A l'infamie, à l'opprobre éternel des mauvais Italiens qui vantent le vulgaire étranger et rabaissent le leur, je dis que leur acte est cinq fois abominable : par cécité de jugement, par fourberie dans l'excuse, par soif de vaine gloire, par invention d'envie, par pusillanimité.

Celui qui est aveugle physiquement juge d'après les autres. L'aveugle du discernement suit également l'opinion d'autrui.

Ces aveugles, dont le nombre est infini, la main sur l'épaule des menteurs, sont tombés dans le fossé de la fausse doctrine.

La seconde hérésie opposée à notre vulgaire est celle qui donne tort à l'instrument dont ils veulent se servir. Boèce élève la voix contre ceux qui dédaignaient le latin de Rome pour vanter la grammaire grecque. J'affirme qu'on foule aux pieds l'idiome italien, en exaltant le dialecte de Provence.

(Jusqu'à Dante, le provençal avait été l'idiome hérétique, il veut qu'on le trouve en Italie ; le provençal fut excommunié comme tel en 1245) (0.

X. — La troisième hérésie opposée à notre vulgaire est la vaine gloire de s'exprimer dans une langue étrangère ; la quatrième de ce que l'œuvre se trouve dans la parité, l'égalité que le vulgaire met entre les hommes d'une même langue ; la cinquième vient de la bassesse d'âme. La mesure qui a servi à

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