‹ La doctrine de DanteChapitre 8 sur 10 · XII. — Parallèle de la science et des Richesses · texte numérisé non relu

XII. — Parallèle de la science et des Richesses

XIII. — Si Adam fut noble, nous le sommes tous ; s'il fut vilain, nousaussi. Aristote rirait, s'il voyait faire deux espèces du genre humain comme des chevaux et des ânes; en effet (qu'Aristote me le pardonne) on peut traiter d'ânes ceux qui pensent ainsi.

XIV. — Certains fous prétendent que le noble vient de noscere, connaître. En ce cas, les choses les plus connues seraient les plus nobles, l'aiguille de Saint-Pierre, la reine des pierres, et Asdente, le savetier de Parme, le plus illustre des Parmesans. Noble vient de non vil.

XV. — Aristote ayant ouvert la bouche sur les vertus morales, suivons uniquement sa divine opinion :

fortitude, tempérance, libéralité, magnificence, gloire, mansuétude, affabilité, franchise, l'eutrapélie et la justice. Chacune de ces vertus a deux ennemis collatéraux, deux vices, l'un d'excès, l'autre d'insuffisance. Les onze vertus émanent de la noblesse.

Deux choses en accord doivent se réduire en une troisième ou bien Tune à l'autre, comme l'effet à sa cause.

La noblesse, comprenant toute vertu, doit être considérée comme le type auquel il faut ramener la vertu.

XVI. — Il compare la noblesse au ciel infini et la vertu aux étoiles.

La noblesse humaine, si l'on considère la multitude de ses fruits, surpasse celle des anges, quoique dans son unité la noblesse angélique soit plus divine.

Comme la couleur pers vient de la noire, la vertu descend de la noblesse. Le pers, mélange de pourpre et de noir, ressemble à la vertu, mélange de noblesse et de passion.

Nul ne peut se prétendre noble,

quelle que soit sa race, s'il ne possède les fruits de la vraie noblesse morale. Celui qui les possède est semblable aux dieux. Car de même qu'il y a des hommes bestiaux, il y en a d'autres nobles et divins.

Que les descendants des Uberti, de Florence ou des Visconti de Milan ne disent plus : « Parce que je suis dételle extraction, je suis noble. » L'auguste semence ne tombe dans aucune race, mais dans quelques individus. Ce n'est pas la souche qui ennoblit les individus, mais bien eux qui ennoblissent la souche.

XVII. — Quand la semence tombe dans la matrice, elle porte avec soi la vertu de l'âme génératrice et la vertu du ciel. L'âme sitôt produite reçoit l'intelligence dont elle est susceptible. Cette intelligence renferme virtuellement les formes universelles.

La bonté de l'âme dépend de la nature du germe, de la disposition du semeur et de celle des cieux .

XVIII. — Notre instinct naturel aime surtout son moi, puis dans le

moi diverses parties, et surtout l'âme.

L'âme obéit ensuite à ses attractions.

La voie spéculative est la plus riche en béatitude.

Les trois Marie trouvèrent au sépulcre un jeune homme vêtu de blanc. C'était un ange qui figure la noblesse et qui dit aux Marie, c'està-dire aux Epicuriens, aux Stoïciens et aux Péripatéticiens : « Quiconque va cherchant sa béatitude suprême dans la vie active ne l'y trouvera pas ; même dans le cercle des vertus morales et intellectuelles, nous ne trouverons pas la béatitude parfaite. »

XIX. — La noblesse opère diversement, selon les âges ou saisons humaines.

XX. — Dans l'adolescence, qui dure jusqu'à vingt-cinq ans, la partie rationnelle ne jouit pas de la plénitude de discernement ; la jeunesse s'achève à quarante-cinq ans et à soixante-dix la décrépitude commence.

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