I.KS DEIX KIIUEL'US COX'I'KAIRES
nalurelle ; elle nu l'ion mis eu nous (jui puisse être qualifié tache, si ce n'est par métaphore i3()); rien qui puisse être qua- U\ié^ faille piiniftsnble, à telle enseigne que les enfants morts avec le seul péché originel ne sont suj(îts à aucune punition. Quant aux protestants, il est vrai qu'ils ne sont point suspects dalténuer la corruption de la nature. Mais précisément, à force d'exag-érer cette corruption, ils finissent par en faire disparaître le caractère moral. Point d'acte moral, là ou manque le consentement libre de la volonté (j-). Et la chute, selon Luther et Calvin, a aboli ndre volonté libre, pour la remplacer par la concupiscence, c'csl-à-dire par un instinct irrésistible et indéracinable à mal faire. L'être qui tend au mal par une fatalité héréditaire de sa nature n'est pas j^lus criminel, à !out prendre, qu'un arbre c(ui produit des fruits vénéneux. Aussi est-ce très logiquement que Zwingle, poussant à l'extrême la doctrine protestante, fait du péché originel « un malheur, un vice, une maladie «, non « un crime » (38j.
Par là se rejoignent, en déj^it de l'éloignement des points de départ, protestants et molinistes. L'homme, à sou entrée dans la vie, n'est, selon les molinistes, qu'une créature faible, mais innocente ; selon les protestants, il est un «chien enragé» (39): pour les uns ni pour les autres il n'est un couj>a/>/e.
Que « tout homme venant en ce monde », naisse dans le crime et le supplice (4oj ; que le péché originel soit un vrai péché, dont chacun de nous ait en toute rigueur à réi^ondre, c'est ce qu'affirme, au contraire, avec saint Prosper, la tradition catholique : ah uno geritiine .. omnioennni proleiu ciini pœiiù et cri mine iiasci (4i)-
36; C'est ce que distnl (•.\[)re.sséinciit l)eaiicoup de lhéoloj;fiens iiioliiiislcs de no.s joints. V. par exemple, le l'échc orii^iiicl, par lo I'. Le B.v- <:ii::Lr.T. t. I. p. 35. ^'. an.ssi. MoNSAORii: : Carême, i>^77, p. 187. Moiisaljré I! est- pas luolinistc. Mais, comme [)lusieurs tliéol<)i,^iens <le l'Ecole thomiste, il l'Sl daceord avec Molina sur la (]uestioii du pcolié originel (-1 (le la possibilité de l'i'lal de pure nature. '\ . la citation de ^ asquez, /// .I.\NSE\. lib. 1 De Stat luil. Laps., cap. I.
37 .\rnauld, comme la plupart des théologiens de son pai-ti, — et aussi des partis adverses, — répète que rieu n'est iiiorul ui intfxitnblr, digne (le réconi[>ense ou de punition, que ci- (|ui pari d'une volonté ///);•(■. \ . t. .\, p. (186.
i38 \. lîosscET, llisl. des N'ai'iations, li\. ll.u'ai. — .'.91 L'expression l'sl, dil-i)n. de Calvin. — (40) \'. t \, |>. 277. — i/ji) \. ihiil.
LA VÉRITÉ CATHOLIQUE