‹ La doctrine de la grâce chez ArnauldChapitre 44 sur 65 · I.A (.KACE NON DOWKF, A '1H)US 'ioi · texte numérisé non relu

I.A (.KACE NON DOWKF, A '1H)US 'ioi

B. — Y a=t=il quelque espèce de grâce commune à tous les hommes ?

Cesl là, du reste, une vérité si éclatante, que les molinistes, pour la pluj)art, ont dv\ renoncer à la méconnaître. Auss se sont-ils retranchés dans la distinction, tléjà mise en avant par lA'ssius, lies o-roces immédiates et des grâces médiates {i<. Noyant bien que certaines tentations sont manifestement auilessus de nos Ibrces présentes, ils conviennent que nous n'avons pas toujours hic et mine tonte la grâce nécessaire pour accomplir notre devoir. Mais, ajoutent-ils, nous avons toujours quelque grâce, à l'aide de laquelle, si nous voulions esi user, nous obtiendrions celle dont nous avons besoin. A déiaut ae la grâce spéciale d'action, qui manque souvient à beaucoup, la L(rdce siif/isante de prière ne manque jamais à personne (2 ). Telle est la docti'ine professée par M. I.e Moine el adoptée a[)rès lui par plusieurs théologiens "3;, déguisement nouveau dontona voulu plâtrer la doctrine de Molina {/.Tous les hommes ont toujours ce qui est nécessaire sinon pour observer les commandements, au moins poui' h^ demander à Dieu 5:. Mais

I •' Toules les personnes âgées ie(,"<)i\ ent de Uieu un secours sut'iisant. un niëdialement on Innnédiatenient, pour accomplir le^ préceptes qui leur sont connus. » Ecrits de M. I,e Moine, cité în l. XVIIl, p 554-555.) \'. aussi p. 857, etc. VA', les l'orniules de I.essins citées jjIus haut, p. i63. \ . au.ssi sur ces grâces médiates selon les jésuites, t. XXXI, p. ii3 et suiv. — (2) Y. t. XVIII, p. 70; t. XX, p. aSy.

i Notamment |)ar le l)"" Claude .Morel, auteur du livre " Les \'ciitahles sentiincnls île saint Augutilin toucliant la grave, et par le /'. Ant. Girard, jésuite, traducteur et commentateur du Traité de la \'ocation des (ieniils; de même aussi par les jésuites de Douai. \ . t. XVII, p. 7G2 et suiv.; V. t. XVIII, p. 8-9, p. 16, etc. On sait que tonte l'Apologie pour les SainlsPères est consacrée à la réfutation de Le Moine et de ses sectateurs. L'abbé de Lalane avait déjà écrit contre Le Moine le livre De Initia piir i'olunttitis desiderio ibôo . qu'Arnauld approuve i)leinemenl et au([nel il renvoie. Dautre |)art, il est remarquable que dans les disputes de Sorbonne relatives à la proposition sur la chute de saint l'ierre, et à la censiH'c qui a suivi, les udversaire.s d'Arnauld n'ont jamais prétendu soutenir ipi une j'ràce suffisante de prière. (V. notanjment t. \X, p. i>89; el t. XX, p. l'iô-iW. L'opinion de Le Moine a été reprise au xvin" siècle |)ar Tonrnely.

(4) V. t. XVIII, p. 71. Cf. p. 756. — 5) C'est en ces termes que Pascal résume la pensée de Le Moine dan- la I ■ l'rov imiale.

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ctomme, par ailleurs, la prière bi(Mi laite est inlailliblimienl exaucée, comme Dieu lui-même, — qui ne s'interdit point de <loniier la gi-àce d'action à certains qui ne la lui demandent pas, — nous assure qu'il ne la reluse jamais à ceux qui la lui demandent comme il l'aut (6i, il s'ensuit que l'homme a tuiijoin-s, uu peut toujours i^e procurer, quand besoin est, le moyen de bien agir. Le molinisme mitigé de M. Le Moine aboutit donc aux mêmes conclusions que le pur et entier molinisme \-i.

Que penser de cette doctrine amphibie (<S)?

Elle fait fond sur cette sentence de saint Augustin et du Concile de Trente que nous avons opposée tout à l'heure aux prétentions du molinisme ordinaire : Dciis monendo iuhet... pelere qiiod non possis. Car. argumente M. Le Moine, puisque Dieu nous ordonne de lui demander ce que nous n'avons pas le pouvoir de faire, il faut que la demande au moins soit toujours en noire [)ouvoir !<)i. Mais la conséquence est absurde. Tout ce qu'on peut inférer du texte de saint Augutin, et des beaucoup d'autres semblables dont se prévaut M. Le Moine, é'est (pi'en lace d'un ilevoir trop difficile pour notre faiblesse, nous ne saurions légitimement es[KM'er laide surnaturelle qu'à la condition de la demander à Dieu. Est-ce à dire que cette condition imposée soit lorcément à la portée de tous les hommes (loi? On accorde bien à M. Le Moine qu'il y a des degrés dans la grâce, et que tel a le secours nécessaire pour implorer Dieu conti-e les tentations, qui n'a pas encore le secours nécessaire pour vaincre ces tentations 1 1 1 ) ; cela ne fouruit pas le moindi'c motif de penser que les grâces du premier degré soient administrées suivant des règles différentes des autres, et qu'elles fassent exception à ces maximes ti'aditionnelles qne la g-r'àcc n'est pas donnée à tous, et que ce qui est ronunnn à tons est nature et non pas <>'fàee wj.).

En vérité, contre la grâce générale de piièrc, on peut l'aire

(6) "V. t. WlU, ]>. 69I). ('.\:. t. \, ]>. »)(). ],<> Clirisl «locl.nc : Ikthil sfiiriturn honnin ixilenlilnis se. I.rc. M, \'',. — 7 \ . l. W lli, p, 7t>~i- — iH) " CclU' doctrine bigarrée el ccmiiiic ;tiiii>lnl)i(v - 1. Will, j» 7i>. 1 — (9). V. t. XX, p. 291 et suiv. — in) V. t. XVIII, |.. <'«>S ci siiIn., l. XX, p. 591 et suiv. — (ni V. t. XVIII, p. 79S.

fi2' V. t. \\\\\ p 799.

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