‹ La doctrine de la grâce chez ArnauldChapitre 45 sur 65 · I.A (iJîACE NON DONNKK. A lOUS aOl · texte numérisé non relu

I.A (iJîACE NON DONNKK. A lOUS aOl

valuir les iiu'iiies ari;;umenls que i<mlre la grâce générale d'action.

Elle aussi, cette grâce tlite de prière, éteint les prières de l'Kglise. Kt il est aisé de le montrer par la propre conlession de ses défenseurs. Car. dit M. Le Moine, — et c'est par la qu'il prouve que la grâce de prière peut être sans la gràc*^ d'action (i3), — la demande qu'on a laite à Dieu d'une grâce est un signe qu'on n"a pas encore cette grâce (i4). Or, qu'on regarde le texte des prières liturgiques. Est-ce seulement la grâce iFaction que l'Eglise implore de Dieu quand elle prie? Elle implore de lui tous les jours la grâce de la prière, soit pour les gens de bien, qui se trouvent quelquefois dans des langueurs qui les empêchent de prier, soit pour les pécheurs, tellement endormis dans le vice qu'ils ne pensent pas seulement à recourir à l'aide de Dieu pour en sortir (i5). A quoi bon ces supplications si Dieu par ailleurs s'est fait une loi de mettre toujours et en tous lieux les secours nécessaires pour prier à la j^ortée de tous les hommes 1 16)?

D'un autre côté, M. Le Moine nous donne sa grâce de prière comme la condition par le moyen de laquelle nous obtenons toutes les grâces salutaires des bonnes œuvres. Mais cette grâce « impétratrice » et « préparatrice » 117) quelles conditions suppose- 1- elle elle-même?

Pour prier, incontestablement il faut avoir quelque chose à demander, quelque chose dont on a besoin ou plus exactement dont on sent le besoin. Il faut en outre croire en l'existence et en la puissance de celui à qui on le demande. Quomoao iïwocahiint in qiiein non crediderunt (18) ? De tout cela. -M. Le Moine demeure d'accord. De même que, pour les semipélagiens, le commencement du salut, qu'ils voulaient antérieur au don de la grâce du Christ, et indépendant de ce don, comj)renait. avec le désir de la santé siiirituelle, quelques premiers élans de loi, et la prière 1 19 1; de même, pour M. Le Moine et ses adeptes, la grâce « impétratrice > par laquelle nous obtenons la grâce <■ salutaire •> de la bonne voie, contient tout ce

i3 Ibid., p. '98-799. — 14 Ibid. — (i5i Ibid.. p. 798. — 1 16; Ibid., p. 79S- 799- — 117* Ibid., p. 79*) et p. 8o3. — 1181 Rom., X, 14 ; v. I. XX. p. 290. - '19) V. Aie, De Prti'dcst. Snnct., cap. 1; De Uono Persci'., cap. 16 et aa. V. t. XVIlf. !.. -7M et ^iiiv

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qui dispose l'àme à la iL;uérison : elle est telle <|n on |nu^se avoir par elle la connaissance de sa l'aiblesse et du iiiédeciu qui la doit guérir, eu nuMue Ieni2)s que le uiouveuieut de s'adresser à lui pour (|u'il la gcuérisse laoï. Aussi le jiom qui lui convient est-il (;elui que M. Le Moine lui donne Iréqucmment : grâce de la Foi et de la pt'ière (21).

lî doit donc être bien entendu, — et M. Le Moiue en demeure d'accord, — que j>l'of'esser une gi*àce générale de prière, c'est prétendre que le don de la Foi est fait à tous les hommes (22).

Mais ici M. Le Moine se heurte à la sentence l'ormclle de saint Paul, que nous avons déjà rencontrée : Non omnium est ffdesl'xij. Et quoiqu'il soutienne, fort arbitrairement d'ailleurs, que la sentence de lapôtre ne s'applique pas à toute sorte defoi, mais seulement à la /'o/ parfaite, par laquelle nous sommes incorpores à l'Eglise, et n(m à la foi imparfaite ou commencée, cette distinction ne lui peut être d'aucun secours (24)-

Car quelle est cette Foi commencée ?

Est-ce une Foi en Jésus-Christ? ?Sous avons déjà explique' que nul ne peut croire au C-hrist si d'une part l'I^vangile ne lui est prêché au dehors, et d'autre part, si le Père ne le tire au dedans, double condition qui, selon saint Augustin, n'est réalisée que chez ])eu d'hommes 20). Aussi ]M. Le Moine, n'osant contredire ouvertement saint Augustin, est-il forcé de se retrancher derrière de nouveaux distinguos embarrassés les uns dans les autres (abj, et de dire que la Foi commencée qu'implique la grâce de prière, est seulement une foi en Dieu, laquelle serait donnée, sinon à tous les hommes absolument, du moins à toutes les personnes âgées, et « sinon selon l'acte », au moins . selon la puissance 0; en d'autres termes,, ce «{ui ne imïjnquerait jamais à aucun adulte, c'est simpleuient une

(20) l. XVIII. p. 848-849. Sa:, ett^- — '21 V. t. XVIIl, j). tioi, p. ()-4-6;ô, p. ^56, p. 761, etc. — (22 V. t. XX, p. 290. Cf. Aug. : Fides orat, qiiœ Idta est non oranti, quœ ullqae nisi data esset orare non possit. p. 194 {al. 100 et 16, al. 107 V. t. XVIII, p. 8o4-

123) II TtLiiSs. III, 2; V. t. XVIII, p. 623. — 124 V. l. XVIII, p. 623. Sur 1 arbitraire de ces di.slinctions entre oi parfaite et foi commencée, foi en Dieia et foi eu Jc.sus-C!irisl, dans l'explication des paroles de sainl Paul el de saint Augustin, v. Ibùt., p. 623, 627, p. 249, 658, etc. — (20; Auc;., tp. i<^ {a!. io5 , De Prœdesi. Sa ne t., cap. 9. V. t. XVIII, p. 387-388 el p. 6yf)-t;27 '*''• pJ'is tiaul. p. 184. — (96) V. J. XVIII, p. 64;).

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