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iaspiratiou tien haut nous pointant à croire en Dieu et à l'innplorer (27).
Le malheur estqu uu<> telle /b/ commencée en Dieu, outre qu'elle est tout à fait impropre à remplir l'office assijpié par M. Le Moine à la grâce de prière, ne saurait être j-éputée commune à tous sans une absui'dité manifeste.
L'office de la g^ràce de prière, c'est d'être, comme dit M. Le Moine, v inipétratrice », en sorte que par elle on puisse mériter les grâces non communes qui nous délivrent de la ervitude du péché. Mais saint Augustin et la Tradition chrétienne enseignent d'une seule voix que l'unique principe de tout mérite, est la foi en Jésus-Christ (28). Peut-être, dans les temps qui ont précédé l'Incarnation, l'invocation de Dieu comme créateur du ciel et de la terre a-t-elle pu, non pas dispenser de la B'oi en Jésus-Christ, mais servir de degré pour obtenir la faveur de cette foi plus haute et, jiar elle, des autres secours nécessaires (29). Ce qui est sûr, c'est que, depuis la publication de l'Evangile, Jésus ayant été proclamé médiateur de tous les hommes, aucun homme ne doit avoir la présomption de s'adresser directement à Dieu, sans passer par l'entremise du Sauveur (3o). Le Père, désormais, n'a plus pour agréables que les prières qui lui sont adressées par son F'ils : Nemo çenit ad Patrem nisi per meCii). Il a promis d'exaucer celles-là et celles-ci seules : Si quid petieritis Patrem. in nomine meodabit vohis (32). Et saint Augustin ne craint point de dire que toute autre prière, loin de nous aider à nous déli-
(a?) V. t. XVIII, p. 648-649. Voici ua passage de Le Moine qui peut donner une idée de sa méthode ordinaire de distinguo dont s'est moqué F'ascal . Insfabis, ex sancti Augustini lib. De Prœdest. SS., cap. g, Jiden inchoata non omnibus datar,ergo. etc. — Distinguo antecedens : quatenu-f fides inchoata signifient fidem Christi incipientein, roncedo; qualcnus fides inchoata signifient obedientiam inspirationi IJei, seu fideni quà quomodocumqur creditur Deo, distinguo rursiis. Non omnibus datar, omnibus simpliciter, ita ut etiam infantes coniprchendantur, concedo ; omnibus adnltùi, distinguo iterum : non datur omnibus quoad actum., concedo, quoad potestatem nego ; inspirantur enim. omnes adulti a Deo ut ipsi credant. (Cité in t. XVIII, p. iS^S
{2H\ V. t. XVIII, p. 6:25, p. 647-648, etc. — 1291 Ibid., p. 645. — (3o) V. t. X, p. 69-70. Saint Augustin explique que ce n'est pas assez de savoir oij
faut aller, quo eundem esset, si l'on ne .sait aussi par oii il faut aller quà eandum esset {Confess. VU, 21). V t. X, p. 71 72, — (3i) V. t. XVIII. p. 645. — 3a^ JoAN . XVI; V. t, X, p.Soo.
20ÎS LA OOCTItl.SE DE LA GUACK
vrer du péché, devient elle-même péché : Oratio quœ non fit per Christiw2, non solmn non potest delere peccaluni, sed ipse fit in peccatuin (33). C'est ce qui a déterminé le (Concile de Trente, — fidèle à saint Paul, à saint Augustin et à saint Thomas, — à définir comme la première de toutes les démarches qui nous préparent à la Justification non i)as la simple toi en Dieu, mais la foi en la rédemption du Christ i'y-{}. Que M. Le Moine, après cela, ne nous donne plus pour s^râce <i. préparatrice > ou « impétratrice » cette croyance d'un Dieu abstrait, indépendamment du Christ, qu il dit être entre les mains de tous les hommes : puisque cette loi, fût-elle en elfet à la disposition de tous, ne servirait de rien à personne.
Peut-on même soutenir que la foi en Dieu soit à la disposition de tous? On ne le soutient que parce qu'on couvre du nom de Foi, — nous l'avons expliqué tout à l'heure, — la connaissance que l'intelligence humaine, par le raisonnement appuyé sur la contemplation des créatures, peut prendre de Dieu, de son existence, et de certaines de ses perfections l35). Encore est-ce une étrange illusion d'imaginer que cette connaissance philosophique soit suffisamment accessible à tout ce qui porte le nom d'homme, aux plus ignorants et aux plus barbares, aux Américains et aux Iroquois (3G). Mais quoi qu'il en soit, pareille connaissance, étant purement naturelle, n'est point de l'ordre de la grâce (3^). Seule peut êti'e rapportée à cet ordre une foi qui soit purement une foi, et une foi divine, c'est-à-dire, répétons-le avec saint Thomas, une croyance qui ait pour motif, au lieu de la lumière de notre raison, l'autorité de la parole de Dieu [3S) : Or on a vu que la parole de Dieu ne peut nous être manifestée que par deux voies : l'une ordiuaire, à savoir la prédication des hommes; l'autre extraordinaire, à savoir la révélation directe dont Dieu s'est servi, par exemple