VOLONTÉ A LA GRACE
Mais attribuer cette efficace à la Grâce n'est-ce pas réduire à l'état d'instrument passif la volonté humaine ? Si la Grâce nous pousse si puissamment ii), — indeclinabiliter et insuperahiliter, — comment sous une telle impulsion, conservons-nouscette faculté de résister ? — posse dissentire si velit — qu'affirment les Conciles et les papes? Comment demeuronsnous libres ? En quoi sommes-nous, ainsi que parle l'apôtre, coopérateiirs de Dieu (2)?
Que nous puissions résister à la Grâce et qu'en ellet nous y résistions souvent, c'est ce que l'expérience ne nous montre que trop, (^ue de gens sont touchés journellement, sans en témoigner rien par leurs actes, de pieuses alfections et de
(i) V. à ce sujet, t. XVII, p. 180-181, i84-i85. — (2) Ce mot d'invinciblement est de saint Augustin même, qui dit [De Corrept. et Grat.y cap. 12) : Infirniis (Deus) servant, ut ipso douante invictissimè quod boniim est relient, et hoc deserere invictissimè nollent. Arnauld rapproche ce passage de celui que nous avons déjà plusieurs fois cité : insuperabiliter, etc.; et il conclut : « On ne peut douter que saint Augustin n'ait parlé partout de la grâce efficace, et qu'il ne lait appelée invincible. » (T. VIII, p. 36i.)