‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 100 sur 106 · I. Mi-i'nsi I i(t\ \ >tAi.iii,niti · texte numérisé non relu

I. Mi-i'nsi I i(t\ \ >tAi.iii,niti

airoiivédcs iniilaleurs. (I , Aiilre chose c^l la ivi„„mMrr ,.,i 1.-, trlnirr |»«)iir un écnvciin, et aulre chose l'innuence. I/iiiie nev;i pas l...ij.,iirs avec l'aulre. Corneille e( Uaciiie onl leur nom toujours vivatil. ils Il nul plus d'école. Une seconde phase a commencé pour eux. (jui dale du jour où le drame a vaincu la tragédie.

lionsard et Desportes, de 1015 à 102:; s<uil entrés dans une phase semblahle, avec moins d'éclat naturellemeni, et en attendant une troisième qui allait venir bientôt, celle de Toubli (2).

Leurs partisans les plus acharnés reconnaissent cux-mcmcs • ju'eu cour on n'ainu' plus

Ces vers ronsardisez, que l'on dit superflus,

Et de la vieille guerre.

Les bois et les forêts y perdent leurs valeurs, On n'y veut qu'un parterre Sans fueille et sans ombrage esniaillé de couleurs (;}).

M"- de Gournay confesse qu'on « a plus qu'à demy déterrés Ronsard et sa suitte, et qu'on l'enterre toute vifve par l'ignorante crédulité des (rois quarts de la cour. » (4) On pense que de pareils

(1) J'avais trouvé dans le Séjour des Muscs ou Çrême des bons vers (p. X,01) des vers de Ronsard, ce qui au premier abord m'avait d'autant plus étonne que ce recueil est un des livres d'or de l'école de Mall.erhe. et qu'il contient des vers de Touvant, Maynard. Porchères, de tous les amis. Mais l'éditeur a mis en tête cette ligne significative : « J'av voulu mesler ces pièces du sieur de Ronsard pour faire vc.tr la dillerence du stvle du passe au présent. « Ainsi il ne s'agit même plus d'un rappel de prix, le pauvre vieux poète vient ici faire contraste et servir d'ombre dans ce tableau.

(2) Dans Pellisson et d'Olivet, Hist. dct'Ac. I. i>(;7. l>elliss..u dit que Malleville a inséré des lettres de Desportes dans un recueil de IC.U. .le n'ai pu me le procurer. On dit également qu'il y a des èpîlres en prose de Desportes dans la traduction des Epistres d'Ovide, de Lingendes (Paris, Martin Collet, 1626 in-S"). Le fait est faux. Comp. sur Desportes, Balzac, II. b'M CoUetet Art. pocé. Sorel, Bibl. fr. p. 230, etc.

(3)^ Cl. Garnier, La Mu-e nj/oWw/jét' dans Fournier. Var.hiU. et litl. II, 252.

(4) Omb. U86. Comp. 437 et l'JO. Comparez Berniur de la Brousse Q-jv poét. p. 335 r°: (1618)

Divin Ronsard, aujoiird'hiiy ton ouvrage Est mesprise des complices d'Amour, Ton œuvre sainct est banni do la Cour

BRUNOT .j.,

.^62 LK succKs i)i; M\Liii:nni':

aveux ne lombcnl pas i'acilemoiit dune telle bouche, et (ju'on ('-lait bien vaincu, si on le reconnaissait ainsi. En effet, pour condamner une expression, un vers, une pièce, il y avait un mol, alors devenu presque proverbe :

II eût passé du temps de Henri trois (1).

Comme un romant grossier et plein d'ombrage... Vous rimailleurs, qui souillez le rivage, Du grand Ronsard ne Irouhlez le séjour.

et au.ssi la longue tirade latine de du Breton en tête des œuvres de Hardy (I, 9-10) :

O scelus ! hic magnus divinre yEneidos Author :

Et sacra Ronsardi laurea serpit humo :

Laurea Gallorum florcnlibus alla coronis,

Quam olim Regales excoluere manus, etc.

(1) Sarasin, p. 235; ef. Balzac, Diss. XX, Œuv. II, G61 et surtout Diss. Cr. VIII, II, 590.

CIIMMTKK m

LES PARTISANS DK MALIlKlilîK

(Vosl uiio (|U('-lii)n ([ui n'a jamais été élucidée et ne le sera peiitélre jamais, faute de documents suflisanls, mais il paraît certain (jue dès les premières années du XVll" siècle elles dernières années du XVI% avant que Malherbe eût paru à la Cour, de nouvelles tendances littéraires s'étaient manifestées, (ju'il est peut-être diflicile de déterminer, (ju'il est possible en tous cas de saisir.

Ni l'école de du IJai-tas, ni celle de Desportes ne répondaient plus au goût des courtisans, des textes formels le prouvent.

Robert de Laudun d'Aigaliers, publiant en 1603 la Franciadt' de son neveu, redoute « les oreilles délicates des critiques et Aristarques courtisans, qui ne font estât que de reprendre. »

Deiniier nous signale, dès 1390, l'existence de cette école : Il v a environ vingt ans, dit-il en 1610, que ce vice (l'abus de la mythologie) estoit fort en usage par quelques uns et qu'ainsi les grands de la Cour avoient en mespris une si mauvaise manière de poésie, veu que les Poèmes en estoienl tousjours brouillez d'obscurité et de confusion. (1)

Des Yveteaux nous indique mieux encore qu'il s'agit, non pas de tel ou tel caprice particulier de 1 o|)inion sur un point de l'art j)oétique, mais d'une concej)tion nouvelle de cet art lui-même. Qu'on relise avec attention ces vers, insérés en 1600 dans les Œuvres de Desportes :

Les derniers (ses contemporains), qui vouloyent s'éloigner de Ont assis Apollon au throsne des délices : [ces vices], Mais de trop de liens contraint sa majesté, Luy qui comme un grand Dieu n'a rien de limité

a)Acad.p. 282.

MGt i.F. srccKs Di: MU.iiKnnr.

En cet âge dernier chassé de sa maison

Se voit dedans l'enclos d'une estroite prison,

Et réduit sous le joug de pointes figurées,

Soit/f're contre son gré ses bornes mesurées

Par de Jeunes esprits, dont le foible cerveau

Veut produire à la Cour un langage nouveau.

Qui plaist aux ignorans, etnostre langue infecte

De rymes et de mots pris en leur dialecte.

Et comme ces portraits de longtemps commencez,

D'un pinceau délicat craintivement poussez,

Qui ne sont relevez que par la patience,

Monstrent en leur douceur plus d'art que de science.

Leurs vers ont 2tar travail plus de subtilité

Que de force requise à l'immortalité,

Semblables aux muguets, plus soigneux du visage

Que des effets d'honneur, qui partent du courage.

Car comme ces beaux fils, remplis de vanité,

Recherchent le parfum premier que la santé :

Ces ignorans fardez de paroUes déjointes

Premier que leursuget vont receroher les pointes,

Si bien que les premiers sont trop près du berceau.

Les derniers en naissant ont trouvé leur tombeau.

Sans voir très nettement ce que voulaient et ce que faisaient ces raffinés de Cour, déjà assez forts pour valoir être combattus, on aperçoit cependant, à cette rapide critique de leurs tendances, quelles étaient les grandes lignes de leur programme : écarter l'érudition, soigner la forme, l'astreindre à des règles plus sévères, rapprocher le langage poétique du lapgagg de la Cour, (d)

(1) Voyez aussi les allusions de Rapin : (Œuv. p, 55) Jls pensent enfler leurs ouvrages amhiguz

De contre-points en mots aigiiz, Clielifs, qni n'ont pas joinct par un soigneux devoir La gentillesse au l)on sçavoir.

Comparez les Muscs ralliées de 1610, p. 281.

Ces discours raboteux, ces vers armez de pointes

Ne sont le plus souvent que paroles mal jointes,

Qui pour sens n'ont qu'un son ])ruyant sans dire mot, etc.

Li:s l'AimsvNs di; m M.iir.niu: M]'.'»

(hélait rire MalluM'bicii avaiil .Mallicrix'. Lf iiMoiinali'ui- n'avail plus ((u'à se mcllre à la ttHi' do anix. ([iii s'élaienl (li'jà rL'foi'nn'S, à « roconnaîlrc le goût du siècle auquel il écrivoit, >- comme dit (lodeau. (1) C'était le succès assui'é par avance.

Il lit mieux ([ue cela encoi'i'. étant homme non seulement à suivre un mouvement, mais à le conduire.

D'abord il commença par former une école. A Hacan se joignirent bientôt d'antres élèves : Maynard^ jyvrajidcj Du Moustier, et u quelques autres dont les noms n'ont pas été connus dans le monde » (2)

Il faut avouer (|ue la plu|iarl île ces adeptes de la première heure n'ont pas été bien illustres.

Dummistier ou plutôt^u Moustier n'est autre quelc^élèbre |)ortraitiste, peintre du Roi et de la Reine, comme il s'intitule luimême. (3) 11 est étrange que ce bohème, (4) qu'on imagine bien plutôt en compagnie de Régnier et de Berthelot, se soit sWolonticrs incliné sous la férule de Malherbe, dont un goût communjKHTr l'insolence peut seul l'avoir rapprocTie. Quoiqu'il en soit, ils étaient intimes, et aux qirelquûsTërsTléTDTrMoustier que les recueils nous ont conservés il est facile de reconnaître que sa Muse n'est (jue la suivante de celle de Malherbe, (a) Toutefois son o'uvro lilt(''rairi' ne compte pas. Du Moustier est un artiste amateui' de letlirs, non un poète.

(1) Godcaii Dite, dans Mallio.rhe, (Kur. I. 377.

(2) Racan dans Malli. I, XX.

(3) Voir sur ce Du Monslier l'hisloriette de Tallemant ^111. 100-r.OI) avec le commentaire de M. P. Paris. Conip Let. de Cliapclai», 1. 712 note.

(1) Voir l'iiistoirc du portrait de Mallierbe (éd. Lai. I, XXV) cf. III, M, etc. Duimy l'appelle un maraud indigne de la ' connoissance des gens d'honneur : c:hai>elain le traite de IVelon (crabro) et parle do son venin (Let. L 712).

(5) Il faut cependant ajouter que Du Moustier e.st beaucoup plus plat que son maître. Voiries Délices... p. 921 et sv.

566 l'R succKS DI-; mamierbe

François de Cauvigny, siour de Colomby ou Goulomby, était de Caen comme Malherbe. (1) 11 était mr-me de ses parents, et, quoique cela, n'avait pas en de procès avec lui. On le soil, an contraire, s'offrir à liqnider pour Malherbe certaines allaiies, et à le cautionner. (2)

On trouve des vers de lui dans les liecucils et même impiimés à part. Ils ressemblent d'une façon étonnante à ceux de Malherbe. (3) La Consolation à la Rcliin n'est ([u'ime co{)i(' de la Consolation à du Périn\ (4) Aussi je ne comprends guère la diiïérence que Mademoiselle de Gournay faisait entre malhcrbiser et colombiser. (o) C'est la môme manière avec des talents inéganx.

Mais Colomby est suitontun prosateur. Ses titres, s'il en avait, seraient dans sa traduction de Jnstin et dans ses Annales de Tacite. Ils lui suffirent pour entrer à l'Académie non pour rester dans la mémoire de la postérité.

Ch. de Piard, sieur d'Infrainville et de TonvanI, un peu gaulois,

(1) V. Pellisson, Hist. de l'Ac. éd. I.ivt'l I, 226; Moreri. Dict.; Huet, Or. de Caen, p. 3G9 ; Tall., Hist. I, 27ti, 281, Î88, 2U3, 296. 297, 311, 3 8, et II, 157, VII. 465. Malti., Œur. IV, 112, IV, 72, 78; Ciiapel. Lctt., I, G58; Feuil. de Conches, Causeries d'un curieux. III, 464.

[2] Malh. Œuv. IV, 112.

(3) Voir à la Bib. de Lyon dans le Rec. vert LXXIX, 19 le Discours au Roy pour aller assiéger Sedan. Comp. Del de la pocs. fr. p 5i9.

(4) Del. de la pocs. fr. 1615 p. 526, Ce sont les mêmes mètres, les mêmes idées, le même style, quelquefois les mêmes rimes. Ex. :

Non ; les Rois sonl bastis de pareille slnicture

Que les hommes al)jets :

Ils différent de gloire et non pas de nature

D'avecqnes leurs sulijets.

Du passage des grands comme des misérables

Garoi] est enrichy ; Jamais pour le respect des sceptres vénérables

Minos ne s'est fleschy (p. 529.)

Voici qui doit être Téquivalent de la strophe des Roses :

Prés du Palmier tranciié la Palme .«nr l'Euplirale

Sy tost ne se flestrit ; Que sa beauté seicha, quand la Fortune ingrate

Ce monarque meurtrit (p. r).^l.)

(5) Hist. des 3 Racans dans Tall. Hist. II, 159, éd.:n-12.

LES PAimSA>S Di: M \I.III lllil. ."C7

mais bien Malhcrbion, no vi-cul pas assoz lont^lomps pour suivre les Iraees du maîlre. En KJl.') on parle déjàdc feu Touvaiil. i

Yvrandc vécut plus longtemps, assez m^mi* pour recevoir le dernier soupir de Mallierbe et obtenir de lui une confession « in extremis ». Us s'étaient connus chez. M. de IJellegardc <'l devairnl se plaire l'un k l'aiiti'e, Yvrande paraissant avoir eu de la verve grossière, telle que Malherbe l'aimait. Mais ses vers se ressentent de ce tour d'esprit. Ils sont faits pour le Cabinet satyrique. (2)

Auprès de ces médiocrités, Racan et Maynard ressortent comme de grandes figures. De fait, s'ils ont singulièrement diminué à nos yeux, ils ont éîé grands pour les contemporains, et l'école échappe, {^ràce à eux, au reproche qu'on eût pu lui faire d'avoir été complètemeni stérije.

Rien ne semblait destiner Maynard à devenir simple auditeur près de Malherbe, et à résigner entre ses mains son litre de président. Tout au contraire, il avait fait son apprentissiige aiiprès de. Desportes, (3) presque sous lui, à la cour de Marguerite, qui l'avait nomhié secrétaire de ses commandements et de sa musique.

Quehiues années après, en changeant de relations, il changea de poétique, au point de traiter de « sottises » les premiers vers qui « lui avaient échappé sous la régence de Marie de Médicis. (4)

Sans doute, m'^-me à ce moment, il lui arrive encore de s'exprimer avec liberté, nous en avons déjà parlé. Un l'impatiente à force de lui citer l'autorité de Malherbe, il trouve que la raison et son propre jugement, si longtemps exercé, peuvent lui suffire, (o) Il traite les odes du maître avec liberté, et ses fautes ne lui échapj)ent point : « La servitude de la i-inic a fait des chevilles partout, ditil. Je n'en exemple pas niesine le bon Malherbe, il est si i-emplyde

(1) V. 'J'allemant I. 2TG, 20G, 311. Malli. éd. Lai. III. 259 et le Recueil de du Bray 1GI5, p. 873.

(2) Yvrande parait être inconnu aux biographes. Voir sur lui Tallemanl I, 60, 61, 281, 288, 292, 3(1G : II, 315. .350,357, 111. 410 et une courte notioe de M. P. Paris 76.. 1, G9.

(3) Pellisson Hi^t. de l'A'\ 1, 254 nous aflirnie qu'il étaU l'ami de Desportes et de Régnier.

(4) Let., p. 654.

(5) Pell. 1,261.

568 LE SUCCKS UK MALHKlUti:

bourre, qu'en certains endroits il en est insupportable. » (I) Sur quelques points de détail il récuse la docirine, délend les épigrammcs à la grecque, (2) considère Pindcire comme le maître reconnu de l'ode ; (3) en grammaire» aussi il innnvp plus que les doctrinaires ne le pc^rmettent. (4) Néanmoins sa conversion est complète.

Dès 1607 on la |)iossont. Sa Victoirp de la Constance rappelle, par le rjlhme aujnohij,celled e Mal herbe. En 161o un sonnet.

inséré aux délice f> de [ai^oisie [mmoise {^)), resj.ire une adHiiraiLon

s i no ri éj o qii e n J Çj au moins sincère à Tégard du ma Ur c :

C'est avecque tant d'art, Malherbe, que tu ranges Tes divines chansons, qu'on ne voit rien de mieux, Kt l'effort d'un mortel est trop audacieux. Qui sans trembler de crainte, estale tes louanges. Il faudroit emprunter l'éloquence des Anges Et ce que leur Musique a de plus gracieux, Pour dignement hausser ta gloire dans les Cieux Qui fait priser la France aux provinces estranges. Beaux Lauriers cultivez de la main des neuf Sœurs, Que vous estes heureux d'honorer les douceurs De ses vers que l'Europe en ses marbres imprime : Leur mérite est si grand au jugement de tous. Que si la vérité se peut dire sans crime. Ainsi ({ue les humains les Dieux en sont jalons.

C'est vraisemblablement vers celle époque (jue, admis régulièrement aux conférences, Maynard entra dans l'intimité de Malherbe.

Nous n'avons pas les lettres qu'il en reçut, (6) une fois éloigne de lui, mais nous savons par des témoignages fort nombreux (juil lej:onsKlérait comme l'oracle de la pureté.. (7) « Lui mort » la bonne poésie est partie de ce monde, (8j car il ne s'est pas fait « dix bons

(1) Lct. à (le Flotte CCXIIL p. 034.

(2) Lct. CCXVII à M. Frémin, p. 055.

(3) Lct. à de Flotte CCLXXI p. 828.

(4) Let. à de Flotte CCXIV. p. G.S9, cf. 726.

(6) Let. p. 8(iG. Il en paiie à Racan.

(7) Let. à Frémin, CCLYIII, 2, 816.

(8) Let. à de Flotte, CXXII, p. 338.

LEn l'AiiTiBANs bi: \i Ai.iii itiiK ;;(;<)

vers .. depuis, (1) ceci dil « ;iu i-is.|ii.. (l'avoir l'air dr vaiih-r un siècle qui vaut bien celui de ses enfauls. ..

Maynard garde donc précieusement la /n(MliO(|(' .pi'il^ recueillir. Kl iIjie sçjMjiilenie4ias ile lji]l|llj(i uj^.r sçiHJiULLeUi^tMîmi^^ luimème. il la recommande .

Veille la règle4)euUreii^(vles ou^^ (2)

et il voudrait^oif introduire toutes celles^ qui sont nécessaires, cxcliever jme règ^l^mentation que d'autres trouvcntdéjà trop étroite, Pour lui, il s'y étudie, mettant cà ses vers la « lun^aieur de temps qui seule les achève », (3) surveillant les « sasconismes .., (4) Iravaillant à atteindre la « précision et la netteté » (5) avec tant d(! conscience^ qu'il se fait fort de pouvoir « rendre ompic d.- chaque syllabe devant tous les plus délicats, même de l'Académie. » iG)

11 justiliait ainsjj'opinion que Malheijje „avail de lui, quand il disait qu'il était de. tous les siens celui qui faisait le iiiicnv !«■<; v.'rs: malheureusement il la justifiait pleinement, oagnant toujours en perfection, non en force, et s obstinant dans un genre au([uel il n'élait guère propre. On sait d'autre pari, qu'iLuii-p«H^v«il pnmts a échapper à la province où il restait contre son gré conliné, il y perdit par réloignement beaucoup de l'inlluencc qu'il aurait |)u avoir sur le mouvement poétique.

Hacan, honoré de tout le XVIP siècle, apprécié à hifois de La Fonlainc et de Boileau, est un personnage considérable, et il a nécessairement dû jeter sur l'école un certain éclat.

Il est vrai ({uil fui dans une certaine mesure un insoumis. Malherbe lui-même le déclarait hérétique. (7)

En eiïet, à y regarder de prè.s, un vague regrcl de la lihcrlé tourmente Racan. Il soutient (pi'on peu! rime£ ccriains mots, s'écarter aussi dos rythmes trop réguliers. (8) Et ce n'es! pas sur

(1) Let. p. 715.

(2) Lot. p. 176 CLXY.

(4) rb. p. 470, 403.

(()) Ib. p. .3.36.

(7) Œi'v. Méin. de Racan. I, lAXXII.

Page 1