LES P.MITIS.V.NS DL M M.IIKIUU; '6H
uns, qui n'y eussent pas consenti dr b:)nn«' grâce, se voyaitMil piu à peu « forcés de s'y ranger par ciainlc »lu dccry. »
Le plus grand d'entre tous, celui qui va réformer la pro>e, Hal/.ac a subi la loi eoniniune. Il recoiiuMÎt Mallit-rlM' pour miu « pi-re jnlcllectuel. » (1) Un jour, il est vrai, il s"e>l ino(|ui'' du Tyiau des mots et des syllabes, (2) se refusant à imiter les i-idicules de ce « vieux pc'dagogue. » Mais il ne fjoidrait pa< \i>ir l.'i un jiceès di; ri-vcdle. ni même d'indiscipline.
Ouaml (U) relit le passage, non plus seul, mais accompagné des développements qui l'entourent, il apparaît ce qu'il est réellement, c'esl-à-dire, une de ces plirases ampoulées, où Halzac, suivant son babitude. sacrifie la vériléà l'empbaseet la justice au (b'sir d'arrondir sa pi'i'iode. Imi Iraiii de (b'inoiiInT l'inaiiilé des ([uolions île lettres ou de grammaire au prix de celles (jui toucbent à la morale leligieuse, il a besoin d'une transition pour revenir à sa coiu lusion. Malherbe en fait les frais; par conire, à deux ))ages de là. iJal/ae lui emprunte ses idées, montrant ainsi qu'il a pu s'égayer un in>l;mtde (luelqucs ridicules extérieurs, mais ([u'il n'en a pas mniu> de-lime ponr l'œuvre et pour l'iiomme.
Au reste, la critique est unique et les éloges au contraire fort nombreux. Malherbe, qui ne louait jamais personne, avait deviné' et appuvé Balzac, annonçant en lui ■ le Heslauraienr de la lam^ue française, l'homme ([ui ayani commencé de bonne heni-e à ad<^ucir la rudesse du stile de son temps devoit le porler avec l'âge à la perfection » (Hj,
Balzac roconnaissani lui rendit cet « encens >■ au eenluple. l'^ncore trouvail-il qu'il n'y en avait jamaisassez ponr .• de paieilles divinités. » (4) Le mot est de lui, il est inutile, semble-l-il. d'y rien ajouter, fo'
(1) (Khv. II, :):<».
(-2) Soc. chr. (K>n-. II. im.
(3) Segr""" p. 0.
(4) Balz. Let. iw-d. p. 71S.
(5) On comparera cependaiil Œcr/Ts II. f.(i2. ft surloiil l'ëiopo tniij.uii-s cité, contenu dans la lettre latine à .M. de Siili..n. il. ('ar>,i. et ni. (iô
l)Hl iJ. M t:(.i;s i)i: \i\LiiF.uitE
r)nanfl .Mallicilx- dul nionrir. il piil l(''giH'r sans ci'aintc son u'uvic à SCS successoiii's. Les cuisines nchiiciil pas encore dé'iîisconiiées. elles ne le seront jamais. inalgr(' les hjis i\u\ le leni' imposent, la (jonr l'élail on à peu près l^( ponr pai'aeliex'er la besfjii'ne — on ne m'eùl p;is prinlonm'- alors ce \il;ii(i mol ■ — il i-csliill une ;ii'm<''e de travailleurs. Aons en avons déjà nomm('' (pudcpies uns. il ne faut pas oublier ([uc ce sont des chefs qui ont toute une société pour collaboratrice. En ouli'e. clnuiue année vient grossir leurs rangs. De l{)2G à lli^ia appai'aissenl les (iodeau. les (!!bandeville. \(;> Costar, les d'Ablancourl. les llabei't. les Esprit, les l)n Uyer. Ic- Scudéry, les Lemoyne, les Mairet, les Scarron^ qui, âgés d'une vingtaine d'années, naissent alors à la vie littéraire. Tous ceux-là n'ont plus connu les vieux maîtres, ils n'ont pas entendu léelio des batailles livrées an commencement du siècle. .M"" de (lournav les amuse avec ses protestations, ils ne la comprennent plus, avant appris dans Malherbe sinon à lire, au moins h rimer. (I)
Ci'est alors (|ue va apparaîli'e lAcadémie, toute pénédrée de leui' esprit. Désormais, l'école aura la seule chose qui lui manquait encore : uucorganisatiou officielle, durabl(>, et. malgn'* b's railleries. toute-puissante pour longtem[)s.
Cette période, nous l'avons dit, ne nous appartient plus. Nous voudrions cependant pi'évenir (|uel([U(^s objecti(Uis (|ue pouri'aient soulever nos dernières phrases.
Quand nous disons (|ue Malheibe règne alors, il ne faudrait pas entendre |)ar là (|ue sa pei'sonne, ses œuvi'es, s(»s doctrines, sont
(Ij 11 est iuLitile de citer des textes. Oa connaît li-s vers de Scudéry Cabinet, le discours de Godeau (Malh.éd. Lai. I, 305) les lettres de Costar CI.YIII. CLIX, CLX) etc. Il est vénéré de tous ; on lui prodigue les noms de grand, d'incomparable, d'Apollon. Du Ryer tremi)le de pulilier une suite de sa traduction de Sénèque (Malii. Œuv. II, 200;. Le Gay à Bordeaux le traduit (Colletet, dii Sonnet, 103) en attendant que Costar. Chevreau, Ménage le commentent. Le sieur des Chartres dans ses Elorfcs (1622) le met au nombre de.s excellents personnages qui méritent un sonnet. Comparez encore pour la suite, outre les passages bien connus de 13oi!eau, La P'unlaine. LaiJruyère, le P. Hapin Rcflix. sur lapoctiqxi.c XXX; Mosanl de lirieux Poemata Caen 1063 p. 150 ; Huet, Ori<jinesde Caca et de Interpretatione; Gueret La (jvcrrc des Anciens et des Modernes ; Sorel, Bibliothèque françoise p. 236; Perrault, Hommes illustres p. O'J, etc.