‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 103 sur 106 · I.I-.s I'm;ii>\>> m. M M.iii.i'.r.i. 58îi · texte numérisé non relu

I.I-.s I'm;ii>\>> m. M M.iii.i'.r.i. 58îi

choses désormais sacrées (1) anx<iii<'ll("^ l.-i niti<|iii' in' I'HkIh' plus, IdiiI an coiilrairo. '2! Hal/aL-, d'IIrlV', di' (lirar. Covhir. plus lard Houiiours cl le lidôjo Sograis liii-in<''ni<' uni lail sur ccrlains de ses Ncrsdes observalions qui rcnrciiiii'iil pic-^qui' Imijouis un liiàin»'. .M(Mia|;(' ol (^ilicN rcaii oui (joiiiK' (!<"< pix'sic-; un (•nnuu<'iil;iii(Tiiinplfl. dout le premi(>r sui'Ioul osl loin drtrc parlnul ('loiririix. Mais, suivant un avoiliss(^m(^nlajonl(MMi Iclodu li\ ic uiî'iuc. los remarques « lU' vont j)oiul à diminuer do riionuoui' (1 un si ^jçraiid homme, elles ne vont (ju'à iuslruirc le nutiidc pai' rcxeniple de sa fraiiilili'' el à éviter quelques pas dangereux où il a hronché. » l'.i)

Personne ne conteste plus qu'il est entré dans la i^loire. et c'est un ennemi La Mothe le Vayer ([ui s'éloune qu'on lui donne encore (lu Monsieur comme à un homme ordinaire. (4)

Chapelain lui-niènie n'oserail y contredii'e. Non» JaNon- vu. il eslvrai.se prononcer 1res nettement contre le système poiUique de Malherbe, lui nier les dons qui l'ont proprement le poète et (|ualilier ses vers de belle prose i-imée. (">) Mais j'anl-il le croire à la lettre, lors([u"il prolesle ([u'il n'est pas son «'•(•(dier. comme on le suppose avec trop peu de fondimient? f6)

Se croyant poète épique, élevé à cause de circonstances de famille dans le respect de Ronsard. (7) la future victime de la Pucelle avait de hautes ambitions, el n'aspirail à riiMi nioin> qu'à

1) Godeau l'eût voulu : « Retirez-vous, profanes ; cliaque lii^ne est sacrée ; vous n'y pouvez porter la main sans coinmettre un sacrilèj^e (M.iUi. (lùtv. I, 367).'» Néanmoins il e.st plusieurs fois parlé d'une opposition. ^I. liTdi

C?) « Ceux à mon advis.qui en matière de poésie avoient plus de droicl il'y prétendre (à l'approbation générale) quoyque diversement, tant à cause «le la dilTérencc de leur styl(3 que des diverses jnatieres qu'ils ont traittées. estoient Ronsard et Mallierlie : et cependant nous voyons comme Ion croid qu'ils en soient esloignez. Il y en a tel (pii ne croirait pas estre bon poOle. sil ne cliO(|Uoit leurs Escrits ou neeensuroil leiu's mœurs, r.ollelet, /'«/•>•. >lh\ l^rèface, p. 4701.

(3) V. Malli. éd. Cli. cl M, TH. :?77, 3(i(:. 337, 3(17.

{4)Let. ùNaudr p. 102.

(5) Voir au Livre II. p. 115, et conqi. les Lciircsdo Chapelain I. T.». 55'.», G37.

{6) Lot. I, IS et 19.

\7) Lot. I. 'kU.

586 LE SUCCKS DE MALIlKlUtK

remplacor Malherbe. Devant ôtre parrappori à lui ee que Malherlx' avail été lui-même par rapport à ses prédécesseurs, et faire faire à la poésie française un nouveau progrès, il ne peut prendre que l'idée de « l'art connue seul exemplaire ». « Virgile et Homère ont de la peine à être ses patrons », comment ferait-il « son prototype d'un homme qui n'a pas connu la poésie épique et qui avoit ses lumières fort bornées » '^

Admettons que les jugements de Chapelain soient sincères et ne se sentent nullement de la rancune (]uc la sévérité tOmoignée pai' Malherbe pour ses premiers essais auraient pu lui inspirer, on voit néanmoins quelle est leur portée. Malherbe était borgne, mais Chapelain ne lui conteste nulle part qu'il ait vu très clair de son œil uni(ju(' el (ju'il ail dans son genre des qualités inimitables. (2) Il n'a pas été la tète épique comme Chapelain^ Lemoyne, Scudérv et les autres, voilà son défaut, que leurs œuvres suffiront à faire ressortir.

Au reste admît-on encore (pic Chapelain se sépare enlièrement de Malhei'be dans sa façon d'eiilendi'c la poésie, il reste d'accord avec lui en tout c(,> (]ui louche à la grammair(\ Ov c'est à quoi Malherbe tenait surtout. Sous ce rapport le plus qualilié de ses adversaii'es est encore un fidèle disciple.

Ce n'est pas à dii-e que celle p;nii(^ nièiiKMlc l'œuvre de Malheihe soit à l'abri des critiques ; Vaugelas est souvent en désaccord avec son maître. Mais c'est qu'il lui applique ses propres règles cl poursuit avec trop de logique le déxcdoppement de la doctrine.

On [)eut en dire aulaiil de rexanien qiu' l'Académie a fait des Slauces pour le Roi allant en Limousin, dont une <cule strophe sortit indemne, (k'tic condamnation de ]\Ialherbe, c'est en réalité son ti'iomphe.

(1) Let. 1, 0:57.

(2) Voir les éloges (lui lui sont donnés I, 637. 11. 274.

(3) Ib. lî, 79.

(4) Voir I, 71. IL 13.",, 227, 228, 234, 31.'). 3GI et siii-tout dans les Nmircl/es RciiMrqtœn II. .37.")-477. où le nom de Mallierbe revient, à ciiaque page.

(5) Pell, eL d Ulivet. Hist. de l'Ac. éd. Livet, I. 120.

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