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Rossot ne sfiil Icqiiol il faiil le [)Uis fôlicilor. de la helle qui inspire Desporles ou du poète qui la clianle :
Voicy les derniers Iraictzde la riche peinture Que l'Apollon de France a luy mesme tiré : Mais je croi ({ue son art a vaincu la nature, Afin que ce pourtraict en fut plus admiré. 0 belle Gléonice, orneujent de nostre âge, Combien doibs-tu sentir de doux contentement, De te voir si bien peincleen si parfaict ouvrage, De pouvoir commander à si parfaict amant? Je ne saurois juger quel de vous deux mérite Par ces divins escritz d"estre plus renommé, S'il a l'honneur davoir sa beauté bien descrite Elle a l'honneur d'avoir son courage animé (l)..-
La Roque, nn des premiers qui vont prendre la méthode de Malherbe l'appelle encore « esprit divin par qui l'amour respire », (pii (( embellit nostre langue et luy sert d'ornement » (2). Il renonce à compter ses vertus comme à nombrer les flambeaux des Cieux :
Te donner des vers, c'est proprement porter
Des flèches à l'Amour, des feux à Jupiter, Des flots à rOcéan, des palmes à la Gloire.
Desportes, seulement j'escris ton nom icy Afin qu'à la faveur de ta belle mémoire Le mien avec mes vers s'éternisent aussy (3).
Et ainsi de suite. Il faudrait citer et citer encore si l'on voulait faire entrer dans cette courte revue les simples allusions éparses dans les œuvres du temps, dans J. de Romieu (4), Godard (o), du Peyrat (6), de Rossant (7), partout enfin jusque dans les vers philosophiques de cet excentrique de du Monin (8).
[[) Paranymphes. Suite des XII beautés de Phyllis (1604) p. 57 r».
(2) Mélanges p. 362.
(3) Mél. p. 341.
(4) Mélanges. (1584). f° 67 r", 71 r°.
(5) Primics de la Flore. (I587~ p. 61,
(6) Essais poétiques, éd. citée p. IS'J v°.
(7) Tombeau de Joyeuse, (1587).
(8) Diss. de la poes. phil. dans les .Vo^t*. œuv7-es. (158Î), p. 66.
Nmis nous 011 liciidioiis à ilnix sUiiil'cs [loinl banales (l'un lioiiuiic dont nous aurons bien soiivoiil à repailer et qui sera lui aussi uu réformateur comme Malherbe, Deimier. Ou verra ([uil n'est i)as moins entliousiaste que les autres :
Tout ce qui de plus haut se recherche et désire Pour rendre par science un esi)rit tout divin En heureuse abondance avec toy se retire Et se retire au Ciel loiny du nioi'tel destin : Mais outre le sçavoir qui s'aquieit par doctrine Les faveurs d'Apollon t'enrichissent si bien Que les fruicts immortels de ta muse divine Ravissent les humains vers le souverain bien. Aussi par tes beaux vers doux rayons de la gloire, Et par les beaux écrits du Phebus Vandomois, Je me rendis espris des filles de Mémoire Et beu de leur nectar au plus vert de mes mois : Et par les saincts aspects d'un si parfait exemple Reforçant de vertus mon ardant naturel, Apollon m'enseigna dans le sainct de son temple Ses mystères divins et son art immortel ! (1).
Et cet hymne paraissait en 1005, c'est-à-dire vingt ans après que l'encens avait commencé à monter vers le dieu de Vanves et de Bonporl !
Cependant Desportes, qui connaissait bien les choses et les hommes sentit qu'il ne pouvait pas toujours vivre ainsi sur le succès de ses premiers vers.
Mais soit qu'il jugeât que les chants d'amour ne convenaient plus à son âge, soit qu'à fréquenter ses moines il eût réellement pris quelque piété, il changea de genre. Que l'idée lui vînt de son tact
(1) Deimier. Le print. de Vaticl. à la suite de la Néréide. (1005) p. 212.— En 1000 son cantique sur la grandeur des bienfaicts que la bonté divine a départis à la France., est lait sur le chant: O nuict. Jalouse nuirt.
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(riiomme habile, on quo la grâce l'eût iveiiomeni ioiiché, la conversion de sa muse semblait devoir être heureuse.
Après avoir été le Musset du siècle en devenait le Lamartine, sans que lun fùl obligé à brûler, ni même empêché de vendre les œuvres de l'autre (1). Etre h la fois le poète de la jeunesse et celui des heures de recueillement et de repentir, il y avait là de quoi tenter un sceptique, et l'abbé ne l'était pas absolument. Il avait même au milieu de ses ardeurs les plus profanes quelques accès de sagesse et de remords. La richesse lui faisait des loisirs; sa vaste bibliothèque lui fournissait tous les secours, il savait l'tiébreu, il se mit à faire ce David français que les huguenots possédaient, que les catholiques désiraient tant, œuvre souveraine que tous les poètes du temps ont rêvée, et tentée en tout ou en pai-tie i2i.
Seulement comme il fallait entretenir le public dans l'attente, il ne voulut pas le faire patienter jusqu'à la tin du travail. Dès io91 soixante psaumes parurent chez Raphaël du Petit-Yal à l'édiiication des âmes pieuses. La récompense ne se fit pas attendre La même année ces vers étaient reproduits dans un recueil avec quelques mots qui montrent la satisfaction inspirée par cette conversion. Je veux parler des « Cantiques » du sieur de Yalagre qui donnent la traduction du libéra me Boinine et deux cantiques avec ce conseil aux poètes qui est en même temps une action de grâces pour le nôtre : ... « Ce qui est le plus à regreter est que la plus part ne vient jamais en cognoissance de telles fautes, le pardon desquelles (quoy que bien tard requis) n'est jamais refusé de Dieu quand nous recourons à luy avec foy et protestation d'amandement (3).
(1) De 1580 à 1600 il y eut huit éditions des « Premières Œuvres ».
(2) On connaît la protestation de d'Aubignè.en voyant Desportes se mettre aux poésies sacrées ;
Ce luth qui touche un pseaume a un métier nouveau
Il ne plaist pas à Dieu, ce luth est niacq. ..
Ces lèvres qui en vain marmottent vos requeates
Vous les avez ternis en baisers deshonestes... (Les Trag., II, 83).
(3) (1591), p. 112 et 113. Le recueil ajoute ce qu'il a trouvé de plus philosopliique dans les Œuvres profanes, le Discours sur les plaisirs delà vie rustiques: O Bienhewcux qxiipevt. etc., emprunté aux Bergeries. Y. p. 161.
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L'absolution fut, comme on pense, accompagnée d'une foule de compliments, surtout quand l'œuvre eut été complétée en 1398 et en 1603.
Desportes bien disant, mon cœur je t'ose ouvrir. Avec ta propre Muse et ses termes unique, Souvent ta sainte esprise est mon trépied Delpliique D'où se prend ma fureur qui se vient découvrir.
On m'a veu, comme toy, dessoubs la chair souffrir. Et souspirer ainsi mon ardeur impudique Mais ou à mon salut, franc de ce joug mique On ne voit autre olïrande à autre sainct otïrir.
Avec toy comme toy de ma métempsychose : Je rends grâces à Dieu qui me métamorphose : Chantant comme il m'a fait de grâce home nouveau.
Et puis que je t'imite ez traicts que je décoche, J'advoue avoir de toy ce que j'ay de plus beau : La Confession libre énerve le reproche (1).
Néanmoins, à y regarder de près, on voit très bien que les Psaumes n'ont pas eu le succès des Amours.
Les panégyristes du maître eux-mêmes en parlent sans grands éloges : Monstreul dit simplement qu'ils « font en l'amour de Dieu fondre nos humbles cœurs ». (2)
Rapin les rappelle sans les louer :
D'un meilleur soing et d'un art plus curieux
Plus propre à l'ài^^e sérieux Tu fis retentir sur le clavecin de Dieu
Les chants du grand prophète hébrieu (3).
Sainte-Marthe lui-môme qui se réjouissait de voir son ami « touché de Famour de la sagesse éternelle (4) » insiste plus sur
(1) Fiefmelin, La Polymnie (1601), p. 40 b. Il y a un autre sonnet à Desportes à la page précédente.
(2) Tomb. de Desp.
(3) Regrets sur la mort de Desp. Poés. fr. p. 54.
(4) Lyric, II, p. 110.
'\'2 M M.iiKitiii-: i:t I)i;si'ohti:s
le inôrile dn IradiKMci.r ([iic siii- l'IiMliili'h'' du poMo : I*osli"Cimini aiilcm et gruvissimuiH cjus opfii'uiii i'iiil l*-;ill<'i'ii Uavidici (iccNvalissima, oh idfjiip nisl fa/lo)', inuifjiiain jr'riliirn lyanxhiihj, (jua' vol eo majore omiiiiiiii applaii^u ci (^DiniiiciidalKtiic cxccpla est. ({iiud cuni a nci'ilatti /wbraïca iiu^qwnn d'fl".xiirU ^ caruiiiiis interea facililaleni sibi peculiareni non omiserit. (1) » Si on songe que la phrase est écrite avec l'arrière pensée de venger les Psaumes de l'accueil de Malherbe, on ne cr(jil (juà demi à ce succès universel.
Du Perron du reste se prononce net et son opinion sévère fait mentir les dires de Sainte-Marthe : « La moindre chose écrit-il, detoutce que M. de Tiron a fait, ce sont ses pseaumes, cela vient de ce ({u"il estoit en sa vieillesse et (|u"il li'aduisoif de la langue tiébraï([ue, qui est assez stérile, assez sèche. M. de Tiron n"est point M . de Tiron en ses pseaumes . »
Admettons que l'opinion de du Pci-ron se soit accentuée plus tard, quand le cardinal eut entendu la belle paraphrase : 0 sagease ('lernclle . . .
Quoiqu'il en soit, son appréciation a du être à peu près celle de beaucoup de gens de ré[)oque. On en devine une assez semhlable à travers le mot si bref de de Thou : « Ouvrage très estimable ».
Les théologiens ne sont pas le public ; ni le « docte Génébrard » ni Ant. Fusius, tout docteurs qu'ils étaient, ne pouvaient suflii'e à persuader que les studieux de langue française trouveraient là en en m'^me temps qu'un livre d'édification un modèle de pureté (4).
Le texte cité de François de Sales n'a guère non plus de valeur, c'est le prêtre qui y recommande les psaumes, le membre de
(1) Sainte-Marthe, Elog lib. V. Port. (p. 148).
(1) Perro"» p. 240.
(2) « Omni laude dignam ». 1. GXXXVI, 1-247 B.
(I) Illorum propheticis versibiis poterunt linguœ gallica? studiosi simul euni pietate illius suminam puritatem enierc. (Appriib" en tète de led. de de 1003 Rapli. du Petit-Val).
DESPORTKS EN iCC" 3f{
rAcadémic du (jrésidoni Favir ne nous a pas dit ce (piil en [)onsait (4).
En vérité lo mérito do cotte li'adiiclion pouvait éiro sonsildc |)oiif les savants mais p(nir eux soiils, cai-, la séoliorcsso ol la platitude des vers gàlait leurs élo<,M»s et les emp(^chaiont de convainci'o |)ersonne. Nous on trouvons une pceuve dans une anecdote coulée par Deiinior: « Dosporlos. dit-il, sur ton! ce qui est soi-ty d'oxcollenl do sa plume, s'osl rendu à jamais rocommandablo on costo admirable traduction qu'il a faite dos (X psoaumos de David : ayant fondé sa version sur le texte qui se trouve» d'iceux tant eu Latin comme on Ilebriou, et on la parapliraso ('aldaïquo, comme sur le grec des 70 Interprètes : Aussi il a tellement excellé on cette version françoise que le docte (îenobrard l'ont ou admiration et loiia inlinieiueut un si digne ouvrage. Et à ce propos je diray (jue coinine une toi< je me treuvay en compagnie de deux de mes amis chez lesJésuistes on Avignon et ({u'un Escolliorqui m"(»stoit inconnu s'en vint devers nous, où après quelques propos qui d'une part et d'autre furent tenus sur le subjoct do la Poésie, il nuMlomanda s'il se treuvoit pour lors qucdque œuvre nouvelle dos l'oëtos françois, à (juovje luy dy, (jue lesPsoaumes de David traduits en vers par M. des-l*oi'los estoiont de nouveau en lumière, et que c'estoit un labour de qui l'honneur seroit immortel : Sur quoy il me dit, qu'il avoit desja ouy parler do l'impression de ce Livre et ([ue quant à luy il ci-oyoit que cette version ne vivroit pas après nous. Lors je luy respondis ainsi : Ouy, si nous vivons plus que l'immortalité, ('este responce reboucha tellement son imprudence et sa témérité (|u'il n'y peut repartirquo par les mornes et confuses façons d'un extrême silence.
(1) Les psalmes de David, traduitz ou imités par Desporles. ne vous sent nullement ni défendus ni nuisiJ)les; au contraire tous sont prolitabies; lisezles liardiement et sans doute, car il n"y en a point. Je ne contredis jamais à personne; mais je sçai fort bien que ces Psalmes ne vous sont nullement prohibés, et qu'il n'y a nul lieu d'en faire scrupule. Il se peut fort bien que quelque bon Père n'aggrée pas (pie ses enfans spirituel/ les lisent, et peut estre le fait-il avec (jnelque bonne considcration ; mais il ne s'en suit |)as que les autres n'ayant d'aussi bonnes considérations et voire meilleures, pour les conseiller aux leurs. Une chose est bien asseui-ée c't'st cpie vous les pouvés lire en toute bonne occurcnce. Let. à la près. Brulart. \. 12-2