LA DOCTKIM-: DE MALHERBE
viandes a ppoilccs (l'a il leurs, (jue nous Cil isin(jiis à iiosli'e iiumI»', jxmr y trouver gousl, et non à celle du pays dont elles viennent. » (l)
(iOmmonl du reste eussent-ils pensé autrement, ces gens qui avaient les yonx toujours fixés sur la (livcc ? Ils élaienl trop érudits pour ne pas savoir (jue jamais éeiivain alli([U(' jia essayé de IV)ndre les divers dialectes de la Grèce continentale et insulaire. Dante qu'ils imilaicnt, ne l'avait pas fait lui-même. On ne voulait donc que « dexlrement choisir », le mot est de Honsard, dans des réserves de mots plus facilement assimilables ([uc tous les autres pris à l'étranger, les complémenis du lexi(|ue, alors considérés comme nécessaires. (2)
Mais ridée, même ainsi déterminée, ne devait pas avoir longtemps grand succès. Des modifications politiques se produisaient qui amenaient peu à peu Paris à prendie une inconlestable pr('p()nd<'rance. La centralisation intellectuelle suivait. Les siècles ont vu, même le nôtre, des hommes de lettres vivre « en province. » Le XYP est le dernier qui y ait vu lleurir des écoles, celle de Lyon, celle de Gascogne. Désormais les arts et les lettres n'auront [dus guère qu'une patrie et aussi ([u'un marché : la (loui- et ses environs. Les autres, sans produits spéciaux et originaux, se cliangei'ont, s'ils subsistent, en succursales.
La langue devait suivre ce mouvement; elle l'a suivi de bonne heui'e, et quoi (ju'on en pense, quoi que Malherbe en pense luimême, (3) il eut une part fort petite dans celte réforme on, pour parler plus justement, dans cette transformation. Il préteiulait dégasconner la cour. Je doute fort qu'il ait fait abandonner une dcleurs façons de parler aux compagnons de Henri IV (4), et, ([uant
(1) Conf. Préf. p. 33.
(2) Il s'agit bien entendu non seulement de combler les vides mais aussi d'avoir des mots « signilicatifs ». dont les dialectes sont pleins (H. Est. Prèc. 187. Comp. ib. 173). Comparez aussi Pasquier, lett. XII, t. II, p. 45. c.
(3) Balz. Soc. chrèt. dise. X. Œuv. II, 261.
(4) Voir ce que Tallemant dit du maréchal de Roquelaure (I, 30 etsv.). La Force ne put jamais se défaire de dire : ils allarent, ils mangearent, (i6.254).LareineMavguerito écrit sa aRucllc mal assortieï>en franco-gascon (Tall. I, 152 note).
l)r;S DIALECTES .'{01
aux aulros, co fui une pc.iiss.M. |)i,>ii plus fnrlo qn.' son inlliience qui les cl(''lermiiia.
Je vois tout le monde .In reste collaborer à celle œuvre, sauf .juclqucs entêtés, comme M""^^ de Gournay, obligée de ne pas renier Monlaigne et ceux de ses mots qui « tiennent un lllet du Gascon. » [i )
Mais du Perron veut qu'on « s'étudie à parler le seul langage de la Cour, en laquelle se trouve tout ce qu'il y a de politesse dans le royaume, les dialectes n'étant en usage que « es états populaires ri aristocratiques on l'on s'y doit accommoder, mais non aux Estais monarchiques. » (2)
Yauquelin, fidèle cependant d'ordinaire aux théories de la Pléiade, déclare qu'il faul :
...Ne recevoir plus la jeunesse hardie A faire ainsi des mots nouveaux à l'estourdie, Amenant de Gascongne ou de Langaedouy D'Albigeois, de Provence, un langage inouy : Et, comme un du Monin, faire une parlerie Qui, nouvelle, ne sert que d'une moquerie. (3j
Deimier revient quatre ou cinq fois sur cette question. 11 accuse Ronsard d'avoir imité en cela la licence des poètes grecs, et d'avoir encouragé les poètes, particulièrement du Jiartas, à introduire « des idiomes macaroniques parmi la richesse et la bonté d'un si beau langage. » (4)
Toutefois Malherbe est, comme toujours, bon ouvrier de détail, et s'attaque sans relâche à tout ce qui lui paraît étranger au « vrai ^^ français » et peu « courtisan. »
Jà est un mot « qui ne s'use qu'entre les paysans. >. (3) — ço/i/lc
(1) Omb. 574. Encore veut-elle que « 1 escrivain ne soit pas le Poète Angevin, Auvergna.-, Vandosmols,ou Picard, ouy bien le l^oete François(489) (4) Perron, p. 93. r \ /
(3) Art, poèt. I, 69.
(4) Acad. p. 133. Comp. p. 128, 368, 405, 159, 328.
(5) Am . d'H. 26, IV, 305,