‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 41 sur 106 · LA OOCTRINE DE MALHERBE · texte numérisé non relu

LA OOCTRINE DE MALHERBE

est provençal, (I) ainsi que imure ion, (2) maint et maint est gascon. (3) Avoir deuil Q.si normand. (4)

El ce ne sont pas les mots seuls ({u'il j)Oui'suit, mais la manière dont on les prononce, la forme, le sens ou la syntaxe qu'on leur donne :

Po2trsi(ivir est uninfinitif normand, {l'y) La vraie forme est /vo«rsuivre.

Nid se prononce ni et non nit ou ;z?c, sinon enVendomois (0); de même pour nu, auquel les Gascons seuls ajoutent le t. (7)

Fier, signifiant joyeux, ne s'emploie qu'en Normandie. (8) Déteinte se dit d'un drap ou autre chose qui a perdu sa couleur, seuls les Normands disent ; la cJiandelle est déteinte pour éteinte (9). Serrer n'a pas le sens de fermer en France, mais en Provence ou autres tels lieux, où l'on dit serrer les yeux, serrer la porte... pour c/ore (10) ; filet pour/?/ « est mal. Quelques dialectes en usent, mais non les vrais françois. » (11)

Parmi ces remarques quelques-unes pourraient être contestées. On trouve des exemples anciens de serrer au sens de clore, et plus

(1) Roi. fur. IV, 401. Le mot ne semble pas antérieur au XV1<î siècle. Il n'est pas cité par les lexiques. Au contraire on le trouve dans les ouvrages et aussi dans les dictionnaires du XVIP siècle. (V. Richelet, Fureliére, l'Académie et Sévigné, Vil, 494).

(2) Div. Am. cent, une nuit trop claire, IV, 425. (L'expression est encore barrée dans une Comp. des Div. Am. f° 285 r°) Remarquer qu'elle est aussi bien italienne que provençale.

(4) Ëpit. Regr. sur la m. de Diane, V, IV, 469.

(5) Am. d'H. él. 2, IV, 307. Dans le ms. orig. le mot est souligné à Tél. I du môme recueil, î" 79 v". Remarquer qu'on le trouve sous cette forme au XVI' siècle, particulièrement dans le recueil de des Accords.

(6) Epit. Reg. sur la mort de D. IL IV, 4G9. (7j Rod. IV, 416.

(9) Epit. du latin de M. de Pimponl, IV, 468.

(10) El. Il, 5. IV, 382. Çomp. dans le ms. or. Div. Am.l>- jour de lan, f°257 v Ib. son. 22.

(11) Berg. et Masc. son. 5, IV, 453, Malherbe blâme ailleurs nuit fermée pour nuit close. V. ms. or. El. II, av. prem. f 213r°. On trouve l'expression jusqu'au XVIL siècle (V. les lexiques de Corneille et Sévigné).

DkS dialectes ;]();{

(Micoro Ad fiht ;ui sens de prlit fil. I<:sliennc, Mcol, Moiiot, Oudin, Mcllcma emvgislrcnl cette significalion. Et plus tard ni liichcl.îl ni Fiiretièrc, ni l'Académie n(> l'ont (•(.ntestéo. On la retrouve dans -Molière [Mal. imarj. IN, 7j tout comme dans Itegnier [snl. X) et dans Théophile (I, 23Gj. Du reste MalherLe a dit lui-même :

Dévide aux ans de leur Dauphin,

A longs fileis d'or et de soie,

Un bonheur qui n'ait point de fin. (1,83)

Mais c'est la tendance qui importe. Désormais elle ira croissant. On ne disputera plus ponr savoir si c'est Orléans, ou Tours ou Vandosmes ou Bourges qui méritent le second lieu et parlent le mieux français après la capitale. (1) Les mots comme les gens devront avoir pris le bel air qui n'est qu'à Paris et Maiherbe\iinii'me sera accusé de « normannisme » (2) .

(1) H. Est. Prccel. p. ITG.

(2) I, 214; il emploie conduites pour conduits et Ménage le relève (éd de M. III, p. 196).

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