DU SENS DES MOTS. CONFUSIONS ET AIIUS
Au rosle ce mot iVétemel est afTaihli par riiabilude qu'on a de l'employer à propos de choses « d'une lieure ou demi-heure ». {{)
Figure ne peut se dire que de la forme, non de la couleur des objets. Aussi cette cheville est-elle malheureuse : Le noir s'esvanoult ou change de figure. Qu'est-ce que la figure d'une couleur? (2)
Mot>;, paroles. Les mots d'une amie ne peuvent pas ôtre gravés dans le cœur. (3)
Dans le môme ordre d'idées, il ne faut pas abuser du moi propos. Quand il est question d'astres sourds aux propos qu'on leur adresse, il faut spécifier que ce sont des prières. (4)
Neitfne peut pas se mettre partout où on met noifvcûu : on ne dira pas me omitlé neuve, ni une scnsoii neuve. Dans les deux cas il faut nouvelle, (o)
Nourrir ne remplace pas patlre. On ne dira pas : M'abreuver de son sang, me nourrir de sa chair, « il faut représenter une action d'un moment et non une longue; car manger le cœur à un homme quand on l'a tué, ce n'est pas s'en nourrir. » (6)
On sait ({mq paître (en parlant des hommes) a presque totalement disparu àax^ni repaître, qui n'exprimerait pas la nuance marquée par Malherbe.
Oublieux est souligné dans le ms. original, sans doute parce que Desportes lui fait signifier y;^/ donne l'oubli, sens que le mot n'a jamais eu. (7)
(1) Im. Ar. Ang., IV, 419 Clcon. 46, IV, 310.
(2) Clcon. 22, IV, 334.
(3) El. I, 18, IV, 375.
(4) D. I, 58, IV, 259. Comp. à propos de voix : El. I, 4, IV 357
(5) Am. d'H. 12, IV, 299. D. I, 65, IV, 260.
(6) Im Ar. Ang. IV, 419. Voir d. Litt. no 5 des exemples qui justifient la distinction de Malherbe. ^ i j
(7) Cartels, pour M. le duc du Maine, f 318 r\