S LA DOCTRINE DE MAI.HEIUîE
et ensuite liicliclot le fuisaienl féminin ; l'Académie masculin. Furclière et (!loti:i';ivo, ne voulant pus se prononcer, admetlent encore les deux <j;enies. La langue moderne a définilivement donné raison à Malherbe.
3" Sont d'un genre diUV-ronl suivant le sens :
Elude (1) « poiii- un lieu où l'on l'iudie, il est n-minin ; pour le travail d'étudiei- masculin. Qui lait au conli'aire, n'y entend rien. » Rabelais disait en eiïet sones/tidcpri/icijjai(l,23)Qt}i\onln'\^ne: un vtiin pstiide (I, 23). Littré dit que la doctrine de Malherbe a été reprise par Chifllel, mais sans succès. Nicot, Cotgrave, Richelet, Fuielière ne donnent que le féminin. Yaugelas est aussi formel: « Ce mot en toutes ses significalions est féminin, tant au pluriel qu'au singulier. (2)
4" Gin'dr(li) au féminin est l'elevé dans ce vers :
Avoir pour toute guide un désir téméraire
Maupas, dit sans s'expliquer, (f" 49 r°) que le mot a deux genres comme deux sens. Et en effet on le trouve souvent au féminin au XVP et au XVII° siècle dans cette acception. Liltré en a fait l'objet d'une remarque. Richelet considère que le mot est masculin, quand il désigne un homme qui conduit, féminin, quand il désigne une femme et aussi une chose qui guide. Furetière fait une remarque analogue.
Genre des noms de ville. — Desportes ayant cent : de Paris la 'peuplée, Malherbe ajoute : « On dit Paris est fort peuplé et non peuplée. » (4) (Test Irancher un peu sommairement la question.
Il est vrai que le nom de Paris est devenu masculin, on ne dirait plus avec IMontaigne : « Je regarde Paris de bon œW.elle a mon cœur dès son enfance. » Il faudrait ici incontestablement //. On dirait : j'ai vu deux fois Paris en six mois, il se transforme de jour en jour ;
[\)Cleon. 05, IV., 345.
(3) Am. d'//. 44, IV, 312.
(4) Imit. de l'Ar. Mort de Rod.. IV, 408.
Dr NOM 3;^()
on écrirait aussi avec MallicrJjr: l'aris est fort peuple on fort fjrawl Mais cola no vont pas dire que le genre du mot soit immuable. Au XVP siècle, on admettait quo « on pouvait toujours parler des noms de villes en termes féminins, le nom appoiJatif ville ou cité estant sous-entendu. » (I) Que la raison soit bonne ou mauvaise, il est cortain qu'il reste quelque chose de celle liberté. Sans parler des villes dont le nom est d'un geni-o indélormiiié, o( {)()ur ne considérer que celles qui ont un nom netlement masculin comme Paris, il arrive encore que le genre de ce nom change suivant la construction.
On ne dira jamais la populeuse, la joyeuse Paris, mais un poète écrirait très bien: Dans Paris la populeuse, dans Paris la belle, et non dans Paris le beau. L'épitliète ainsi détachée peut se mettre au féminin. Le vers de Desportes serait donc encore corroct.
Comme on le voit, ces quelques observations de Malherbe ne sont que des constatations d'un usage, qui, dans plusieurs cas, a changé depuis. Elles n'ont qu'un inb-rôt liis[orii|ue et particulier.
Adjectifs et adverbes
Certains adjectifs français s"emph)iont depuis des sièclesen qualité d'adverbes, ainsi clah\ droit, ferme, fort. Ex. : chanter clair, marcher droit, parler ferme, crier fort. [2)
Malherbe adopte ces locutions. Xon seulement il les emploie, mais il les impose. Il n'admet pas que Desporles écrive : qui ?na coûté si chèrement; il faut dire cola mo coûte hieii cher, et non, bien chèrement. (.3)
Seulement il voudrait que radjoctif ainsi omplové fût considéré comme un véritable adverbe, et qu'il devînt invariable dans tous les cas. De même qu'on dil elle parle haut, elle achète cher, on
(1) Maupas, Grumm., 44, v°.
(2) Henri Estienne expliquait les expressions, telles qviQ parler rjras \-)av l'ellipse d'un inlinitif : il parle (un parler) gras, les autres par un emploi adverbial du neutre. Ex : il sent mauvais (xa«v=- :ÔT<îct) . V. Conform. p 7G et p. 72.
(3)- .4m. d'H. ch. U, JV, 324.
300 LA DOCTUINE DR MAMlFJtnC
devrait (liro aussi: cotio vicloiro a été achetéo c//^'?'ctnon chère. [\) (yélail devancer la syntaxe moderne, elle-même encore pleine de contradictions en ces matières et qui admet : les nouveaux venus à côté de les nouveau mariés. (2)
Resterait à savoir combien Malherbe comptait de ces expressions. Ce calcul est, faute de données, impossible à faire, mais il résnlte déjà de l'observation précédente qu'il en limitait le nombre. Psons avons \ii ([u'il voulait les adjectifs ainsi employés au masculin neutre; or, il n'eût jamais admis une phrase comme celle-ci : elle s'élança courar/cu.i: dans la mer, que, du reste, la syntaxe d'aucune épo(juo n'a admise ; cela l'evient à dire (}uo. ne voulant ni du masculin ni du fiMuinin, il ne voubiil pas de l'adjectif en pareil cas.
(]c raisonnement se trouve, du reste, conlirmé par des observations nombreuses et explicites, sur des |)hrases semblables à celle que nous venons d'imaginer :
A cest embrazement nous courrons volontaires. (3)
Je ne chanteray plus : non, libre, ie. confesse,
Que je n'ay plus de cœur, ny d'esprit,, ni de voix. (4)
Si vous voulez immortelle durer. (5).
Elle flotte incertaine en cette extrémité. ((3).
Tous ces passages ont été soulignés et blâmés.
Desportes n'avait fait ([u'iiniter ici les auteurs de son siècle. Cette touriuire, li'ès usuelle en latin, et non inconnue, comme nous l'avons vu, au fi'ançais même, se trouve déjà dans les auteurs de la fin du XV et du commencement du XVP siècle, qui imitaient les anciens. Ronsard et les siens en offrent une foule d'exemples (7),
(1) EL \\, av. 2\ IV, 394.
(2) V. ma Giam. hist. p. 2G7.
(3) Cart. et Musc. Pour les Chevaliers du Phénix, IV, 459.
(4) El. cleBertaud sur les Am. de D. Cleon., IV, 352.
(5) Am. (VH., IV, 299 ; voir encore El. I, 5, IV, 358 ; Benj. et Maso. st. 1, IV, 454. Malherbe a souligné en outre dans l'exemplaire de la Bibliothèque îsat. s'embarquer joyeux (Cleon. 23), la lampe ardant continuelle (D. I, 43), le brouillas prompte elle fendit {Berg. et Masc. Metam.) Agrican, brave, s'est présenti'. (Rod. 345), etc., etc.
(G) El. If, av. pr., IV, 389, copie B.
(7) Voir Darniest. A't7' s. en Fr. l'* éd. p. 119.
nr NOM 361
cl fin IJellay la rocoîiimamle runucllemcnt : « Use dos noms pour les adverbes, comme i/s comhfUlmt obstinez pour obstinéenimt, il vole Irt/cr pour lotjercincm . 'I)
A Irpoipiede Mallicibe, ell(! est fréquente encore dans les textes, non seulement de langue archaïque (2), mais chez les vrais comtemporains, comme l{égnier el IJeitaut. ,3;
C'était all<M-(ropl()iii. L'adverbe et radj(M-(ir,(juoi(jue très voisins, / doivent élre distingués. L'un qualifie l'élal. la manière d'être d'une personne ou d'une chose, l'autre qualilie l'action marquée ' (iHi- le verbe. Il est monte pacifitjue sur un trône ébranlé nQ signifie pas du tout la même chose que il est monté pacifiquement sur un trône ébranlé. La première phrase veut dire qu'il y est monté avec uu naturel, des idées pacifiques, la seconde qu'il y est monté par des moyens pacifiques.
Avec l'extension donnée par Ronsard au tour que nous étudions, il ("ùt bientôt fallu chercher d'autres procédés moius simples pour rendre ces nuances.
Mais, en revanche, Malherbe, poussé sans doute par cette alfecti(m excessive pour les adverbes qu'il va léguer aux Précieuses, est allé trop loin dans la réaction et la langue moderne ne lui a pas l<Mi jours donné raison.
Il y a beaucoup de cas où la qualification peut et même doit porter à la fois sur le nom et sur le verbe. L'adjectif alors convient paifailement.
-Nous écririons très-bien avec Bossuet « Il règne paisible et r/lurieux sur le trône de ses ancêtres. »
Et aussi avec Desportes : Je m'embarquay joyeux sur l'amoureuse mer; (4) puis disparut lérjère. (o)
(1) Def. ctill. II, 9.
(2) Vauq 11,450.
Phihuion... libre menoit son troupoiiu paistre. Comp. G09 :
Plus niicuii faux horger Lascif ne nous rega niera (•<) Piens eu gro mon zèle et reroy favorable
De ces tristes présens l'ofTerte pitoyable. (Bert. Œuvres, liri).
(4) Clcon. 23, f» \2\ W
(5) EL II, av. 1", IV, 390, copie B. Comp. Ib. av. 2', IV, 303, ib.
302 LA DOCTIUNE DE MALUElllu:
Une des belles pièces d'Hugo ne commencc-l-olle pas tout pareillement :
Oh! combien de marins, combien de capitaines, Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines !
En elTot, les marins sont-ils joyeux de partir, et parce qu'ils parl.M.t,ou bien sont-ils joyeux de nature, ont-ils la gaîlé que donne une jeunesse robuste et confiante, le poète n'a pas d'intérêt à distinguer ; au contraire, en ne précisant pas, il semble condenser en eux toutes ces joies, l'adjectif convient donc mieux, il ajoute à la force de rantithcsc et par suite du tableau.
Ajoutons que souvent l'adverbe est lourd, ou que même il manque. Qu'on essaie ici de remplacer les adjectifs:
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre Ce murmure d'amour élevé sur ses pas. (1) Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres, Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans des cuivres Ainsi que des démons. (2) On pourrait citer d'autres exemples(3) et donner d'autres raisons. Celle construction, sans se multiplier par analogie comme les gens du XVP siècle l'eussent voulu, s'est donc conservée où la logique la permettait, et où la demandait l'élégance et la commodité du style.
Adverbes et adjectifs.
Nous avons vu avec quel soin Malherbe distingue les adjectifs des adverbes. Inversement il ne veut pas qu'on substitue un adverbe à un adjectif :
Les a liez ensemble, et les joint tellement Qu'ils demeurent tousjours inséparablement.
(l) Arvers, Heures pe7-diœ?, p. 53.
12) V. Huco. Chût., II, ~- . .
(sîlls seraient particulièrement nomiu-cux avec des verbes qui marquent
l'état Fx ■
' Mais c'esl un trop grand mal de languir misérable
Malgré Malherbe, ce vers est très correct et très bon. (D., I. comp. 1 )
" csl n,„l |K„K-. ; ,1 a.voil .lire : //, ,/,„„„,,„, i,,.,:,,,,,-,,/,/.,, „„ ■ ih s.nlju,,„s u.séporablemnu, ou bien : U, deme,„-n„ m.nnhlr i,„rparablemml. » (1)
Forme dr rjuc/,jurs (i(/jrctifs.
1. (irand. - MalluM-ho. comme (ous les grammairiens de .on .|mps, a .gnoré p,.nn,uoi corlains adjectifs avaient le IV-minin semblable au masenlin. Avec eux. et sans s'apercevoir .lu'nn dirait encore mare grand .n,.l bien que ^.WW.., il expliquait cette dernière expression, ainsi que les analogues, par une élision de 1 ; ienun.n, (2) si bien qui! ne l'accepte pas là où ./...,/. est suivi d un /. aspiré. (3) On sait que Terreur est encore aujourd'hui consacrée par 1 autorité de l'Académie.
Puis, par une conséquence naturelle, comme il réprouvait Télis.on II entendit restreindre l'emploi de cette forme y;.«../, dont il usai cependant très librement lui-même. (4) C'est ainsi qu'il relève aupIunelr/;y,,,,A.;„«,,^,^,/,,.,.,^,,.,^,^t^.^ , ^^^ ^.^^
giilier II a soul.gné grand' un certain nombre de fois (G)
Deim.er a des scrupules tout pareils, il commence par annoncer que ponr év.ter la cacophanie {sic) on dit : c^est une grand'Dame « our cemcsme respect on use de cesie abréviation en plusieurs
autresd.ctions,dontlesubstantif commence parlaledre./.etmesmes en quelques autres qui ne sont pas commence/ ainsi ; entre les- •luels ces trois suivans sont fort ordinaires, /./ >,rand- BrHah,ne la grandmcr Occoano^ la grand'SaUr, comme de mesnie on 'dit souvent ainsi: cest une grand' heaulè^ cest honunr a de grand's
(2) Deim., Acad. p. 177; Maupas, Gram. '20 \o .
(3) Div. Am. ch. 2, IV, lîS.
(4) Malli. V. Lex. au mot orand.
f^2Gr B.'n!' ^''' ''''■ ^^^"'- ^^"'P'- ^'' ^^' '^'^'^^^^'P- D. i, ch.d'aniour
^ 110 vo ; EL U, 4, f^ 201 v» ; Im. d'Ar. Rod. t^s 03, \.^ ,40 ,. P l^ .'^ • ^'\';^ comp. r 285 r, Ad. à la Pologne, f 293 V. A M- de lin f. ]>'ù^! ^ sur la mort de Diane 0, P 334 r". '
30 i LA DOCTRINE DE M ALURRRE
richesses /ïoxilcfoh je no suis poinl d'opinion qiio raisonablcmcnt on puisse user do cesl abro-cnuMil on autre terme que celuy de Dame, bien qne si l'on y veut niollro rost adjorlif ^/nnirlc tout au lono-, il n'iroit pas de mauvaise façon, » elc. (1)
Sont-cc ces proscriptions ou n'est-ce pas plutôt l'analof^ie qui a fini par réduire le nombre des locutions où la vieille forme a duré? On sait en tout cas quelles elles sont, le recueil s'en trouve partout. (2)
Ce qui est étonnant, c'est qu'elles aient survécu en présence d'exigences comme celles de Gombaud, qui reprocbait à une jeune iille d'avoir épousé un M. de Vieux-Maison « dont le nom ne pouvait se prononcer sans faire un solécisme. » (3)
21 l\[ff^ (( Quand nous oyons prononcer nu /ê/r, ce n'est pas de nud tète ; car quelle construction soroit-ce de dire mal tête ? (4) Quoiqu'on lo put dire on latin, il ne se peut dire en françois, mais on dit nue tête, et par une élision nu tête, nues jambes, et par élision, nu jambes et nus pieds non mid pieds. »
C'est, à ma connaissance, la première mention do cotte règle qui a abouti aux inconséquences orthograpliiques que l'on sait. On la trouve discutée et amplifiée dans les Remarques de Yaugelas et les observations des commentateurs, qui vont plus loin que Malherbe, et veulent qu'on écrive mi-pieds comme nu-jambes, (o)
Peut-être en effet n'y a-t-il là qu'un fait de prononciation, malgré les théories édifiées sur l'emploi adverbial de l'adjectif.
Remarquons du reste que Desporles était sans doute d'accord avec ^lalherbe, et que le d ajoute au mot l'avait été par les imprimeurs suivant la modo du temps. L'absence d'une apostrophe ne prouve rien. Malherbe lui-même n'en use souvent pas.
(1) Deim., Acad. p. ITO et suiv.
(2) V. 'n\moLHÙt. do la prononc. fr. I, 175 qui donne quelques indications sur l'usage du XVI* s. La question est discutée par Vaugclas, Patru, Tliomas Corneille" et l'Académie. V. Vaug. I. 277. Comp. de Gournay, Omb.%b,
(3)Tall. m, 364.
(4) A propos de ce vers :
Les pi^ds et les bras nus, nud teste et sans ceinlure {ELU, La pyroni.,IV,384).
[h) Vaug. Rem. I, 144.
w NOM 365
Accord (h^ adjectifs.
L'acconl .les adjectifs cii -(Miro ol nombre avec les subslaiitifs est obligatoire. On ne peut pas écrire :
Vos douces beautez et ma foy Sont du tout exempts de la loy.
« S'il y avoit eu avec heaiU>^s quel([ue mot masculin, il y <'ùl eu à douter; mais ici la faute est sans réplique, car foi et beaulc sont tous deux de féminin genre. C'est comme s'il disoit : Jeanne et Catherine sont morts. » (1)
Cette règle est très-stricte. Ainsi dans ces vers :
Amour, que dis-je Amour ?
Appétit déréglé...
Racine de malheur
Nid de déception, peste contagieuse, Entretenu d'espoir, de crainte et de désir, (2)
bien <iuo le mot amour domiue toute la phrase, on ne p(nit laisser entretenu au masculin singulier, on ne voit pas assez à ((ui ■< il se réfère. »
2" Quand l'adjectif qualifie plusieurs substantifs qui précèdent ou qui suivent, l'accord ne peut se faire avec un seul. Ex. :
Avec un seul Belleau tu peux voir enterré
Pliebus, Amour, Mercure, et la plus chère Grâce. (3j
« £'/i/<'r/v'' devoit estre plurier. »
Pour rendre mon désir et ma peine étemelle
« Eternelle se rapporte à la peine; que deviendra le désir? » (4)
(1) D. Il, ch. 5, IV, 292
(2) Z). I, Cont. Am., IV, 270.
(3) Epit. de Hemy Belleau, IV, IGG.
300 LA DOCrniNE de MALIlEnUE
Si les deux substantifs, commo dans l'oxomple précédent, (j) sont de genre différent, l'adjeclif se met au masculin pluriel, même si l'un des substantifs auxquels il se rapporte est féminin. Ex. :
Filets d'or, chars liens de mes affections,
Et vous, beautez du Ciel, grâces, perfections,
Helas ! pour tout jamais me serez-vous cachées?
Il faut caches, vu que cela se réfère i--. x.O'.voC à filcls d'or, clairs miroirs: de mon âme, etc. (2)
Ces exigences étaient nouvelles. Pendant tout le Moyen Age on avait eu la liberté de n'accorder qu'avec le substantif le plus voisin, etauXVP siècle encore, les exemples de cette construction sont innombrables. Régnier écrit :
Je rendrois mon désir, et mon esprit contant (3)
Et Mademoiselle de Gournay
L'infoilune et Thorreur sur le \isi\ge peincte. (4)
Vaugelas constatait que même de son temps « on parlait ainsi «^ qu'on disait : le cceur et la bouche ouverte à vos louanrjes, quoi(iu'il fallût ouverts suivant la grammaire latine.
Malherbe aurait-il latinisé ? En tous cas ni Vaugelas, ni Thomas Corneille, ni l'Académie même ne purent se résoudre à être aussi rigides que Malherbe. On décida qu'on pouvait dire le cœur et la bouche ouverte, et qu'il n'y avait pas lieu d'éviter celte tournure, mais que pourradjectif-attribuf,le masculin phirielétaitderigueur, « ce genre devant l'emporter comme étant le plus noble. » (o)
(1) Vaugelas prétend pourtant que Malherbe conseillait de fuir cette tournure comme un écueil, I, lG;i.
(2) Cleon. 43, IV, 340; Au sonnetGI, Malherbe a fait par inadvertan.îe une correction contraire; il n'a pas vu que l'adjectif ma.sculin qu'il corrige se rapporte au.s.si à un nom masculin. IV, 314.
(3) Sut. II r, v. 188.
(4) Onib. p. 9G5.
(5) Vaug. I, 163, et II, 90.
bu NOM 307
Drgn's îles adjectifs.
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