‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 6 sur 106 · SIOU · texte numérisé non relu

SIOU

L'anivéo de Malherbe à Paris fournit une occasion excellente .|.m. «les Vveteaux ne laissa pas échapper : Henri IV, averti. « fit ,,uéMir lo poète, lui comman.hi de se tenir près de lui et l'assura miil Im teroil du bien ». (1).

En même temps il voulul éprouver snn (aient et lui commanda dos vers. Malherbe, cnuire son habitude, lit diligence et en moins do deux mo.s il avaitieimimHa célèbre prière pour le roi U.nri .^ lo Grand allant en Limousin.

^^ "*^^^ PHS enmre un chef-d'œuvre irréprochable, il n'y en a guère dans Malherbe. L'Académie du reste le prouva bien ^ar suivant Pelhsson (2), ces Messieurs omplovèrent près de trois mois ^ examiner une partie de ce poème (3} et trouvèrent « qu'à peine y a-l-il une stance, .,ù, sans user d'une criti.|ue trop sévère on ne roncontre quelque chose on plusieurs qu-m xM.haitmiitde ^•t'anSoi.JiL oola se pouvoit. en conservant ce beau senT^e eleganc(> merveilleuse et cet inimitable tour de vers ({u'on trouve partout dans ces excellens ouvrages » (4).

Quoique cette criti.iue ait élé perd.u^ lorsque les reo-istres ont ^i'sparu, on peut se convaincre, par l.>s extraits qui nous en restent qtiellejltaiLçiLmme celle du Cid. mèléede romarque^4iidkLOuses ot de l'OHjHJios injusliliés (o) ; on la sentit, du reste. exce..ive • plusieurs protestaient et, comme on opinait sur une stance f.ombaud, qui était directeur et parlait le dernier, répondit pour toute opinion : u J,. voudrais l'avoir faile ».

(1) Malh., Let. du 10 sept. 102",, IV, 16.

(2) Hist. de l'Acad. éd. Liv. I, 1-20.

^2tsu^ZZ ; A" "■""""■' "■""''' •=' '""= '•■•» vacations de cette diiiiee la sui vinrent bientôt après »

(5) On «censurait, par exemple. le quafrièm.. vers do la première stronlie sans voir que le mot mnocenc. netait .quune faute pour L.o/.nc. ' '

54 MALIlKlUtE ET DESI'OKTES

En effet, malgré l'Académie, il y a plus d'une bonne strophe, môme dans celles qu'elle a examinées, et la privilégiée à qui elle faisait grâce n'est pas, à beaucoup près, la plus belle. L'allusion à Henri III est trop cruelle ; sièges, vices rayaient méritée, Malherbe n'avait pas le droit de la lancer, on n'outrage pas ceux sous la protection des([uels on a mis ses débuis : la i-ccounaissance doit les sauver même de la justice. Il faut reconnaître, toutefois, que l'apostrophe a de la vigueur. Mais il y a autre chose dans ce morceau. D'un bout à l'autre on y trouve de ces vers comme il en avait été jusqu'alors peu frappé, pjécis, nombreux, d'uge grande et superbfi alJure :

La terreur de son nom rendra nos villes fortes, On n'en gardera plus ni les murs ni les portes, Les veilles cesseront au sommet de nos tours, Le fer mieux employé cultivera la terre, Et le peuple, qui tremble aux frayeurs de la guerre. Si ce n'est pour danser n'orra plus de tambours.

Les images se rencontrent à point, habilement dispersées, forte» etsjiaturellcs.

Quand la rébellion plus qu'une hydre féconde Auroit pour le combattre assemblé tout le monde Tout le monde assemblé s'enfuirolt devant lui.

Parfois une grâce charmante et douce, j;epose de la__grandeur continue des vers voisins :

Les vertus reviendront de palmes couronnées.

ou encore :

La moisson de nos champs lassera les faucilles Et les fruits passeront la promesse des lleurs.

Et il y a ainsi plusieurs de, ces visions fraîches qui passent sur un fonds d'épopée, dénotant chez l'auteur une science jdéj à

aVRnrég djlS OppO-it'^pg "' '^'^'^ pnntrastng

Le sentiment du roi se traduisit sous une forme concrète.

ARRlVÉi: DE MALHERBE A l'AlUS .ÏS

^ï. (le Hellegardo re»;ul l'ordro dVnlrrlciiii' h; |)Ot''to d'un homme et (l'iin clioval e( de lui servir mille livres. (I).

Ce n'était pas la Inrluiie ni la i;loire, c'était déjà L'aisancG et ja^ réputation (2) .

Jusque là on elVet la sil nation de Malliorbo avait été him minime. Près du (Irand Prieur il ne fut jamais que secrétaire du [»rince(3V et depuis I.jSO il n'était plus rien.

Sa femme de son coté n'était pas la veuve aux écus. (4).

Aussi, bien qu'il exagère un peu sans doute, avait-il e^ à se détendre contre toutes les difticultés de la vie, ne recevant pas (i un liard » de la maison (o) que « peut être un tonneau de cidre », obéré par des rentes à payer (6), discutant avec âpreté les avances faites à son frère (7), l'hospitalité même dont il avait été entretenu, empruntant pour voyager et pour vivre (8) pendant sept ans en Normandie, puis se débattant pour se faire compter quelques pauvres revenus par un avoué qui les a gardés et une communauté qui veut le payer en marchandises. (9j.

Désormais, ces misères étaient tinies. Mais Malherbe ne prétendait pas se contenter des premiers avantages obtenus.

(1) C'est peu après, sans doute, qu'il obtint la ciiarge de gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi qui ajouta encore trois mille livres à ses revenus. En outre en l(i06 il hérita de son père de trois à quatre cents écus de rente. (V. Malh. i, xxiii).

(2) Maliierbe était obligé d'envoyer de l'argent ;'i sa femme et à son tils,

(3) V. Rdiix Viph., (pii cili'des pièces .nithcnliipu's (/?«■/(. bioi/.. .'538). (•'i) Elle lui avait apporté un nom honorable, c'est vrai, mais seulement

trois mille écus mis sur la communauté de Brignole et huits cents écus constitués en rente sur lavillede Tarascon au denier douze. V. M., instruct. I. 336, et Let. du M oct. 1026 à M. de ISIantin, (IV, 402).

(5) Inst. 335.

(6) La rente de 300 écus au sieiu" Fauconnier son beau-frère, une rente de 20 écus àHarcourt [Ib. p. 334).

(7) 76., page 334, 335.

^8) 76., p. 312 : « Etant en Normandie, ma femme emprunta six cents écus à M. du Villars, lors gouverneur du Havre. * p. 343 : « Emprunté o('0 écus du capitaine Benoît Degan puis cent autres » Lui-même en emprunte trois cents au capitaine Boissony, six à Aymar de Pertuys. Jb.)

(9) Ib. 337, 338.

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