DES DÉMONSTRATIFS
Formes de-i démonstratifs.
'( Le mot cil ne vaut du tout rien, il est hors d'usage : on doit dire celui. » (3) Cil en etTef, bien qu'il se trouve encore dans les contemporains, (4) avait vieilli, nous en avons un témoignage formel. « Ce verbe, dit Deimier, est un vieux mot François qui n'est plus en usage, parce qne cestuy-cy (celuy) qui est de la mesme valeur, est
(1) D. II. 45, IV, 287; comp. El. Il, av. ?, IV, 393.
(2) Am. d'H. GO, IV, 31G.
(3) Div. Am. Cent, une nuict. IV, -'(25: CIcon. 4, IV, ;i29, Im. de l\r Roi. fur., IV, 398 ; Im. de l'Ar. Kod., IV, 408; Berg. et Masc. 4. IV, 451.
(4) V. Régn. Sut. (î. Nlcot le cite avec* la mention « pour celui. »
39 i LA DOCTIUMi DD MALHIilîBi:
beaucoup plus dous. Du Barlas en use souvent, soit par Licence, ou par opinion. » (1) La mort du vieux nominatif n'est donc pas imputable à Malherbe, c'est l'usage qui l'a éliminé.
Emploi df's clrmonslratifs.
Cestny est souligné dans cette phrase : ou cestin/ ^111 se plaint. (2)
On serait tenté de croire que Malherbe le condamne comme vieux au môme titre que cil\ il n'emploie en efTet lui-même que cetluy cy, cette cy, et ces composés sont alors l)eaucoup plus répandus que les simples. (3)
Néanmoins il ne condamnait probablement que l'emploi de cesliiy devant les relatifs, comme Maupas : « Celuy ne peut estreen response^ absolu, comme cetiiy : Qui fa pouss/}? Luy, ou Cetuy, non pas Celuy. Mais devant les relatifs : Celuy que vous voyez, celuy qui aime Dieu, croit en celuy qu'il a envoyé. Et c'est parce que Cetuy apporte une plus présente et expresse démonstration qui semble n'avoir besoin de la terminaison qu'apporte le relatif ou l'article. » (4)
Dans le niAme cas, il ne veut pas non plus du neutre cela. « Cela ne se dit point devant que ; mais : ce. » (o) Maupas est un peu moins affirmatif, il dit que « ce a seulement meilleure grâce », que cecy, cela, y peuvent estre mis, mais non si Huidement, » et il ajoute, comme tout à l'heure, que la cause en est que « ce n'est pas si exprès et déterminé démonstratif que cecy, cela. » (6)
(1) Acad. p. 150. Il est à noter que La Bruyère estime qu'il a été dans ses beaux jours, le plus joli mot de la langue française; et qu'il est douloureux pour les poètes qu'il ait vieilli (XIV).
(2) D. l, procès, IV, iQl .
(.3) Ils deviennent ainsi « plus doux coulans et usitez démonstratifs. » Maup. 12 v°.
(4) Maup. 72 r°. Dans la première éd. p. l")!, Maupas disait seulement que Ce/iti ètolt plus usité, mais qu'on pouvoit usurper Cctui, démonstrant chose précisément toute présente.
(5) Im. de l'Ar. Roi. far., IV, 30',} ; il l'a souIi;,n-iè dans le ms de la B. N. (V. Roi. fur. f°225 r°)
(6) Gmm. f 69 v'il" éd. p. 140). Comp. Vaug. et Ménage, éd. M. 111,319.