‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 62 sur 106 · DES PRONOMS · texte numérisé non relu

DES PRONOMS

Ces observations n'étaient pas nouvelles, car Ramus les faisait déjà : « Nous abirzon' de srsi et srla pour se... corne tou' sesi ou tou' sela ce vou' dites ne ser' de rien. » (1)

Répétition du démonstratif. — Le pronom celui se répèle devant chacun des relatifs. « Qui diroit : autant fait celui (jui fait et qui fait faire, ce seroit mal parlé. >• Ainsi voici une « phrase extravagante >) :

On doute de ces deux la meilleure avanture, De cil qui pour les voir à la mort s'avanture. Ou qui ne les voyant esvite son trépas.

« Cette division est mal faite ; il devoit répéter cil ou celui, car on dit : « il n'y a point de différence de celui qui tient et de celui qui écorche. » (2j

DES PRONOMS KELATIFS

Formes des relatifs.

Qui et qui/. Desportes, suivant l'usage de son temps, (3j confond souvent qui et qu'il. Ex. :

Aumoins si de mon lieu quelqu'un eust hérité,

Qui par extrême amour eust ce bien mérité,

Ou qui sceust, comme il faut, d'une façon discrète

Conduire et pratiquer une amitié secrète :

Qu'il peust dissimuler ses faveurs sagement

Feignant une tristesse en son contentement,

Qu'il pleurasl ses douleurs, vous nommast inhumaine

Ou qu''il dist seulement qu'il a pris quelque paine

Devant que d'estre aimé, j'en serois moins fasché... (4j

(1) Gram. p. 86.

(2) Clcon. 6, IV, 329.

(3) V. Tiiui'ot Pron. fr. II, 111. Rt-giiiei' éci-it : SelûP. le vent qui fait (sat. 6).

(4) El. \, 10, IV, 3G5.

•iOO LA doctkim: di: maliieuiie

Mallierbo observe juslement que le poêle « no parle de personne en parliculier et qu'ainsi il faut toujours (Vner/ui et non fjn'i/. »

(]e n'est pas à dire qu'il distingue lui-même les deux formes. Un de ses autographes nous présente la phrase suivante : « Je serois relevé de cette peine... et vous hors de ce premier étonnement r/iti faut que les âmes sentent au premier assaut que leur donne celte douleur. » (t) El dans le Commentaire on lit: « Franchise en la signification «7?/ne met ici ne s'accommode pas bien... » (2) Dans les deux cas il faut incontestablement <7?<'//. Mais tout le XVI* siècle a hésité sur ce point, (3) et c'est encore, peut-être, par celte confusion qu'il faut expliquer la fameuse phrase de La Bruyôre : « depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes, et qui pensent, » sur laquelle on a bâti tant de savants Commentaires. (4)

Que et qui. Qui est la forme du nominatif pour les trois genres : Ainsi il ne faut point écrire :

L'outrage du malheur se peut-il endurer, Que si cruellement nous arrache d'ensemble?

« Je crois, observe Malherbe, qu'il faut qui. » (5) Il n'y a point de doute : « Que, vray relatif, comme dit Maupas, n'est point nominatif, c'est Qui, et regarde aussi bien les personnes que toutes autres choses que l'on peut signifier par un substantif antecedant. » (6)

Mais Malherbe n'est pas sûr et la preuve, c'est l'observation suivante:

i< Je dirois quoi qui arrive... non quoi qui m'en prie... mais qui que m'en prie ou qui que m'en parle. » (7) Il s'agit cependant bien ici du même nominatif et la contradiction est flagrante.

(1) IV, 2. Suivant Malherbe, il faat même dire : je ne sais ce qui m'avint, Le peuple dit bien : « je ne sais qui m'avint », mais « qu'il m'avint » ne se dit point. Am. d'H. 40, IV, 311.

(2) El.W, laPyrom. IV, 385.

(3) Haase, ouv. cit. p. 49. Anm. 1.

(4) LaBr., Car. I.

(5) Cleon. 92, IV, 350.

(6) Gram p. 74 v° (1' éd. 156).

{1)D. H, comp. 1, IV, 281.

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