I. — CONJUGAISON
1' Verbes réguliers.
A. Indicatif. — Présent des verbes en er.
Il faut une .sala seconde personne du singulier. On dit : je pense, tu penses, « et n'y a point de réponse. » (1)
La nécessité de maintenir une distinction entre les dilTérentes personnes avait déjà été entrevue par Ronsard, qui recommande de les « faire sei'vir chacune selon leur naturel. » (2)
Les poètes néanmoins continuaient àélider l'^à v(»lonté. Deimier leur en reconnaît môme formellement le droit: « On d'il ti( pense et tu penses... comme demesme, tu donne ai tu donnes... comme aussi en tout autre terme de pareille nature. » (3)
La raison en était sans doute qu'on pouvait la prononcer ou non. « Prononcer l'i', dit Maupas, n'est point à reprendre, pourveu que foiblement. Et quand bien on la voudra supprimer, si faut-il tenir la syllabe un peu plus longuette. » (4)
(1) Bcrtj et Masc. Im. Hor., IV, 45G ; Mallierl)e a relevé la même faute : D. Il, dial. 1, IV, 273: ib. L cli. d'am . IV, 205; Ib. II. de la Jalousie, IV, ?83 : El. II. av. prem. IV, 387; Am. d'H. 13, IV, 2!>9 ; El. I. 15, IV, 37-:: Am. d'H. St. 5, IV, 326 , El. I, 9. IV, 363 ; Bcrg. et Masc. Baiser. IV. 454.
(2) Bons. .VII. 332. Comp. Pèletier {Art. poct. 87 d'apn-s Tliurot. Prou. U, 28) et Esprit Aubert, p. 889, col. 1.
(3) Acad. p. 181.
(4) Gram. T 12 r.
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Malherbe se rangea, suivant son habitude, avec les partisans de la règle. Il maintint 1'^, et c'est peiit-Atrc cà ses prescriptions qu'est du un de ces faits de réaction si fré([uents de l'ortliograplie sur la |)rorioncialion. En effet, au témoignage de Martin, les « doctes )),un peu plus tard, faisaient sentir l\s-.
Rcinarqiie. — La même règle s'applique à la deuxième personne du subjonctif /«wes, terminée aussi en e muet. (1)
Présent des verbes en ir.
La troisième personne du singulier est en it et non en ist. On dit il lit ^ il jouit et non il list, il jouist. (2)
Retnaj'qiic. — La même observation s'applique au parfait défini
du verbe avoir, il eut, et non il eust . (3)
B. Futur. — « Tu accourciras aussi (je dis en tant que tu y seras contraint) les verbes trop longs, comme donra, saulra, disait Ronsard, au contraire, tu ne diras point prendera pour prendra... n'ayant en cela reigle plus parfaite que ton aureille, laquelle ne te trompera jamais, si tu veux prendre son conseil avec certain^ jugement et raison. » (4)
Mais à la fin du XVP siècle ces formes avaient vieilli, quoique Maupas les indique encore. (3) Lairrcuj est une de celles qui a duré le plus; la proscription même de Vaugelas en fait foi. (6) Malherbe Fa relevée ainsi que demourraf/, m-dh par un î^imple trait. (7)
(1) Bev'j. et Masc. St. 2, IV. 455. Esprit Aubert dit que cette sorte d'élision est tolérée, p. 8S9. col. 2.
(2) D. I, pi. 1, IV, 261: Ib. dial. 1. IV, 263; Am d'H. 75, IV, 320 ; Z)a\ Am. comp. 3, IV, 440.
(.3) Im. de l'Ar. Roi. fur., IV, 398