EL 1,7, IV
(4) El. II, 1, f 198 Y\ 0)EI. II, 5, IV, 382.
(B) Gram. f° 150 V (!« éd. 320). (7) E/. 1,14, f^ 183 r\ Ms. or.
P'st-ce la rencontre do voyelles qui l'a choqii.- on la (•..M>(ni.li..n mémo. Kn ce cas il auruil sin-.iliôromeiit tlevaiico la synlnxo moderne. Maupas admet on olïot : yVs.wy^ de, o.i à f„lr,' won profit (1 ), et les auteurs classiques liésilout outre ces doiiv lanuis >\(^' parier.
11 faut descendre jusqu'à Thomas Cornoillo pour tnuivor la n-gle qui rend pss'n/cr de obligatoire.
Force?' est mieux avec de :
Que sçay-je moy, si Mars esmu d'envie, A point forcé la Mort à le priver de vie (2).
Remarque. — Deux verbes dont l'un se construit avec de. l'autre avec à ne peuvent pas être irrégulièrement opposés comme ici :
.1 ce que l'un contraint, lautre nous en dispanse.
« Si on dit: contraindre à quelque chose, on ne dit pas dispenser
à quoique chose Il pouvoit dire : Si l'un nous y contraint,
l'autre nous en dispense. » (3).
Du participe présent
formes du participe gérondif. - Le participe prosent dn verbe s'écrit par un «; ainsi pendantes, ardantes et non pendenles, ardentes, c'est ainsi qu'il se distingue des adjectifs voisins en e. Ex : violant et violent. (4)
L'usage a donné raison à Malherbe, mais la liberté (pu' prend Desportes d'assimiler l'orthographe de ces deux catégories de mots est une preuve de plus que la prononciation de m et de «/* était déiinitivcment identique, ce qui n'était pas encore au milieu du XVP siècle. (5)
(1) Qram. p. 152 r" (!• éd. 323).
(2) Epit. Comte, de Bris., IV, 463, copie B.
(3) Div. Am. cli. 3, IV, 436.
(4) ELI, IV. 371; D. II, 11, IV, 275; hn. de CAr. Mort de Hod.. IV, 4()8. (bj Le témoignage est à ajoutera ct;ux que fournit Tliurot, II, 434.
H8 L\ DOCTRINK DF, .Mu.iii:nHi:
Participes cl Gérondifs.
Forme el accord. — iJal/ac disait ([iic Mallicrbo traitait l'allaire des gérondifs comme une question de frontière entre deux peuples voisins. Sous cet air ironicjuc la chose est vraie. 11 n'admettait pas que les uns empiétassent sur les autres, ni qu'on les confondît : Voici qui est mal parlé :
Et regrette en pleuvant ma jeunesse passée, Maudissant le pipeur qui m'a tant abusé.
Un gérondif et un participe ne vont pas ensemble, (i)
Leur forme extérieure du reste les distingue absolument. Le gérondif est invariable, le participe s'accorde avec le nom ou le pronom.
Pour le gérondif,, point de difficulté : « il n'est obligé, comme dit Maupas, ni à genre ni à nombre, ains se prononce tousjours masculin singulier, et la cause de cette construction est parce que ce participe exprime le gerondi en Do latin. » (2)
Pour le participe on avait au contraire hésité jusque là, au moins pour l'accord de genre. Nous ne saurions refaire ici toute Ihistoire de la question. Disons seulement qu'à la lin du XVP siècle, l'accord semblait toujours facultatif. « On diteimàte pour le féminin, combien ce nous dizions aussi famé eimant: mé can le particip* et considéré sans axion, nou' diron' plu' tôt fam' eimante. » (3) Encore y avait-il plusieurs cas à distinguer, suivant Maupas, (4) qui est le plus net :
Quand le participe ne servait que de pur adjectif, c'est-à-dire (( attribuait au nom une qualité adhérante », surtout s'il précédait ce nom, l'accord était de i-igueur: « C'est une vertu bienséante que la modestie. Voilà une fort luisante lame. »
(1) D. I, cont. am. IV, 2T0.
(2) Gram f 155 v° (!' éd. 3;]0).
(3) Ram us, p. 53.
(4) Gram. f° 156 r% (V éd. 332).
AMrvuWnnr..,uaM,liI,.., pMr,,:.r(,..i,H.,cVs!-à-.lin..M,-.|,. .Ilnl'i..- ..... adi..;, ou ellVct sorl;,nl ,1,. suh.lanlif „ n,„nn. ir, • /..
'v>/.v>/.. rorron,pan,hs mœurs, ., on s,- ,„.„( arn.M.nio.l.r (h, uïunev """"•"■ "..us I.. (.arli.ipo s^ml.l. ,,Ins coulant son. fo.m. masru- '"""■ -""n..slan( .1. .....nmnn ^-nro. Onanl au nombro, il ost
'..•'.Il-..-.l.Mirensuiv... K.: L, ,,.,,,. ^,,^,,,^, ,^, ,.^,^,.^. ,,.^^^,,^^^ lierbes (>ii la saison. »
'■1 «. reglo est |,lus si.nplo. 0„ „„ empl.ùe le gv.-on.lif, cl alors pas ;iii leminin, s il y a lion. l]\. :
Cesle liuile est de la lampe incessamment ardanf.
-\.-dantncpe.,t rtre ici ge'ron.lif.ll tant don.Min'ilsoitparlicipe l'I |..r conséquent qu'il convienne en genre avec le substantif la.n|)e, et faut d.re /a.^jw anlante, chandelle Mairanl. etc .> (2)
De même ici : ' \ !
Apres tant de douces merveilles naoissans Tesprit bien-heureux.
Ranssants est « pour ravissantes. » (3)
Seulement il manque une chose à cette théorie, en apparence .i smip e. (est qu'elle n'est pas toujours applicable. Tauteur le sont b.en lu.-mème. D'après sa règle il fand.-ait dire :
Non pour mille vertus honovcuUes la jeunesse. " (:ar il faut un participe féminin à vertus. Or le participe f .n.nn. ne vaudront rien ; >, Malherbe en convient, et ajoute • « il devo.t , lonc user d'une antre façon de parler (4), lisez d ur.e '. cir-
conlocution par le relatif et I<. vnrl.,. c..-
,, . . \ . 'f'^'^ "^ '^ ^•''^^^' ''"> », comme dit Maupas.
i^.v. . Les vertus qui honorent ta jeunesse (5).
(1) Am. d'H. ch. 12, IV, 3;'G.
(2j El. II. La pyrom., IV, 384.
(.■^) Am. d'H. ch. 8, IV, 324.
W EL I. Disc.. IV, 378; Comp. Am. dll. ÔT IV 315
(o)GVa»K lM56r°, l'éd. 332. - ' ^ , ^lo.
BRUNOT
450 t>A DOCrrUNE HE MALIIERttn
Avec ce syslème la quesliuii ii'csL pas tranchée, parce que la langue ne peut pas renoncoi' à un tour aussi commode : Malherbe ne résout rien. Ce ne fut, comme on sait, qu'en 1079 que lAcadémie donna une règle délinitive, du reste loul arlificielle.
Constrticlioji du participe f/érondif.
Desportes, prolilant des libertés de la vieille syntaxe (1), construit très librement le gérondif, chose dont il est vivement blâmé par Malherbe, qui cependant en a fait autant.
Voici une phrase, un peu barbare, il faut l'avouer :
Afin que plus devôt il puisse, en arrivant La nouvelle Diane, adorer sa lumière,
La faute de langage est vraiment « excellente. » (2) Mais d'autres exemples sont beaucoup moins choquants :
En fin, croyant trop fort son cœur et sa jeunesse Un combat sans pitié de trois à trois se dresse. (3j Ainsi durant l'effort de tant de durs alarmes, Retenant ses soupirs, son recours est aux larmes. (4) Et sera le premier auprès de ma personne,. Comme tenant de luy mon sceptre et ma couronne, (ô)
Il n'y avait pas besoin, comme le dit Malherbe, d'être ignorant pour commettre cette faute; le sens n'étant pas douteux, le poète usait des facilités que lui donnait la langue.
De même ici :
Voyant en ce miroir vos yeux que j'aime tant, Pensez comme du ciel je m'iray lamentant (6).
(1) V. Gram. hist. p. 530.
(2) i). 11,56, IV, 290. Les mêmes vers sont, blâmés par Deimier. p. 445.
(3) Le participe est rayé dans le ms. {Epie sur la mort de Quèlus, f 328 r°).
(4) EL H, Av. 1% IV,' 389.
(5) /m. de l'Ar. Mort de Rod., IV, 409; Comp. Bery. et Masc. Baiser. IV, 453.
(6) Div. Am. Pour un miroir, IV, 447.
DU viîrhk ,^.. j
ro!/an/ n'est pas ,< ambig,, .,, ^„„i,|„„ j,,,,,,,,.,,,, „•, |^,a ^,.„,^,^,^,
.0 m. pas c,„„|.n.,„l,v. Il osl aussi clair ,,,„. dans ces vors ,,ui son,
(le lui : '■
Quel plaisir à leur courage tendre, Vo!/an( Dieu devant eux en ses bras les attendre. (1) La langue cependant, après avoir hésité (2) pendant tout le Mil s.ocle, a su.vi Malherbe, sauf dans ,|uelques exigences par Irop ngoureusos. Elle admet encore en etFet qu'on dise : Las! quand quelque faveur en aimant me contente. rS) C'est la même construction que dans le vers bien connu : Si son astre, en naissant, ne l'a pas fait poète, (4j
et on la retrouve dans une Ibule d'autres phrases : L'appétit vient en nunu/panl, elc.
IUnmn,,u'. - La syntaxe ,l„ participe passé est l'objet ,i'„„e Zn'"' "■' '"'' ""''"""" "'" f"''^^'^^''^""''- A p.-oposde ces
Tousjours saigne la playe
Qu'elle me feit à ses pieds estèndu « Mal. dit Malherbe, car me est datif. C'est bien dit • il me Irappa a ses pieds étendu, pourco que me est accusatif; c'est bien d.t aussi en datif: il bailla l'aumône à un pauvre à ses pieds étendu; mais .1... bailla l'aumône à ses pieds .7.../. ne vaut rien Il se tant mieux expliquer. » (5)
Participe et proposition principale. - \\ arrive souvent que pour la commodité du vers on subordonne une idée à une autre lorsqu en réalité elle devrait ou la suivre, ou même avoir la seconde comme subordonnée. On fausse ainsi leurs relations logiques.
(2) Voir de nombreux .'xemples dans Haase, p. 146
(3) D. II, de la Jal., IV, 263. Dans son nis. il a barr,^
La mort, .n Men a.mant, est tot.sjotu-. honorable. (D. f, co.nn. 2 f •>! ,, W^oû. Art.'poet.\,Z. . -. ' -i i j
(5) D. II, 21, IV, 278; Comp Bert d "■>() • v^n,, i. •
iip. oeil. p. u . %enu le jour a ses ans limité.
i')2 LA DocTiiiM': DK MALiinUir;
Par exemple Desporlos avait dit : (1)
...Pour un chef coupé sept autres luy naissoient, Trouvant vie eu sa playe et profit eu sa perte.
La phrase principale est évidemment la dernière : sept tètes lui naissant, l'hydre trouvait vie, etc. Malhcrhe, sans se rendre très bien compte du délaut, s'aperçoit que la stance est (* sans construction. » (2)
Ailleurs il s'en est plaint plus nettement :
Je suis contraint de murmurer, Invoquant la mort inhumaine :
Mais cpiand je la sens accourir, etc.
« Il devoit dire, observe linement Malherbe, je suis contraint d'invoquer, vu ce qui suit. « C'est là en ellet l'idée principale. De même au lieu de :
Gomment donc malheureux endurai-je en xnvanf!
Ce qu'il devoit dire c'étoit comment puis-je demeurer en vie? (3) Il faut observer la valeur relative des pensées. Si elles se valent, on les coordonne. Ainsi plutôt que :
Geluy qui sagement se peut ainsi former, Desguisant sa pensée est seul digne d'aimer,
(( Il eût mieux valu dire : et déguiser sa pensée. » (4) Si, au contraire, l'une est accessoire, on met le verbe qu'elle contient au participe.
Je n'y fay que penser
Demeurant sans mouvoir comme une souche morte
« eût été mieux que demeurer. » (5)
C'est la logique ici qui commande. L'hellénisme imité par Desportes s'accommode en effet mal à la netteté rigoureuse de notre langue.
(1) Cart. et Masc. Hydre d'am. IV, 4G1
(2) Am. d'H. ch.IV, 307.
(3) Div. Am. compl. 3, IV. 441. •
{h)Berg. et Masc. Comp. 1, IV, 458.
ui vKiiME 4;i3
y/r///^//7///r.— L(' [Kirlicipc passr II.' doit pas non plus conlonir l'idi'o principalo; il n<' pciil jamais, pas pliiscpi.' ladji.'clif, être iino sorte dallrihiil t'X|»riniaiil le n'-iillal de Taclion marquée par le verbe.
Lui feit perdre lu selle refondu conlre I.m re |)(>iir : lui (il pcrdiv la selle rt Trioulit conlw (erre, « est une cunstruclicii laline. » (\)
Du participe passé.
Parficiltr passr et adjectif. — Mallier])ea uu inslinct va-ue de la dilTerencc qui existe entre un adjeetif et un participe, comme désert et déserté, doux et adouci. (2) Ex. :
Bien qu'il {ce lien) soit plaisant, que l'herbe y soit fleurie.
Le fueillage ngreable, et le vent adouci... (3)
La Beauté de nostre âge à nulle autre égalée... (4)
VA comme tes beaux yeux n'estoyent jamais séchez. ..{h)
Dressant mon hermitage en un Wktn déserté... (t>)
Partout il met mal, ou il barre. Il sent bien que déserté, tout en exprimant un état, implique que cet état est le résultat d'une action et qu'il faudrait, ou bien que l'auteur de cette action fût dési^^né ou bien les circonstances de temps et autres, qui lont accompat^née. On pourrait dire abandonné sans plus, avec déserté il faut ou déserté des liouimes ou déserté depuis vingt ans... (7)
Tous les {)articipes ne peuvent donc pas être « purs adjectifs. » Malherbe marque la limite pour certains d'entre eux, mais sans indii{uer nulle part comment et (juand ils la franchissent.
(1) Im. de VAr. Hod., IV. 410; On comparera ce que nous avons dit de l'adjectif attribut au chapitre de l'adjectif.
(2) Ailleurs il distingue les deux participes pressé et pressant, que Desportes confond par inadvertance. Mais la remarque, simple constatation d'une bévue, n'a pas d'importance théorique (V. El. Il, av. 2, Ml. cop. H. '
(3) Im. do l'Ar. Angel., IV, 417.
(4) C/cou. 55, IV, 342.
(5) El. I. 14, IV, 371.
(6) Ms. de la B. N. D. IL 8, f" 42 r".
(7) On lit cependant dans l'Ode à Marie de Médicis (I, 15) visages pâlis = pâles.
434 LA DOCTRINE Dli .MALUHRRn
Formes (lu pari icipr passif . — Poindre l'ail au iiarticipe y>o/y?/ et non poind. {\)
Accord du participe passé. — Sans (^(re fixé, l'usage fournissait déjà au XVP siècle un certain nombre de règles constantes. Tous ou pres([tie tous les auteurs admelteiil rarnH contenu dans les célèbres vers de MaroL (2) Les adversaires du poêle ne sont plus guère l'ejx'L'sentés que jtai- Hamus. cpii prétend avec Arislole et au nom de la <( vrei rezon », que m\i/)io'(r rous e (ai) donc se pouroet deballre, » attendu (jue les mots transposés « doevè sinifier une même coze. »
Cela ne veut pas dire que la rèule fût suivie en pratique par Ions. DesporU's par exemple eu use avec une extrême liberté.
A. Participe avec le verbe avoir. — 1" Desportes accorde le participe construit iwec avoir au sujet de ce verbe et dit :
Car sa faveur ne leur avoit donnée Tant de clair tés
« Voilà pas qui est galant, s'écrie Malherbe; « cette femme-là m'a donnée des chemises ; cette lingère m'a faite des coifTes ! » (3) En vérité « l'ignorance est des grosses », la règle ici n'avait jamais été douteuse.
2° L'accord du participe construit avec avoir se fait avec le régime, chaque fois que ce régime précède. Ex. :
Conduisant les esprits que la Parque meurtrière A dépouillé des corps.
« Dis dépouillés. » (4)
Egale obéissance à tous deux j'ai juré
« f ai jurée. » (o;
(1) EL l. 13, IV, 370.
(2) V. Deimier.4carf. p. 380. Maupas, 156 v'.
(3) C/eon. Pour un mal d'yeux, IV, 342; Comp. Div. Am. f 13, IV, '.2S ; El. I. 9, IV, 363; L'assimilation que fait lédition Lalanne ilnlrod. gram. V, XLIII) entre ce dernier passage et des phrases prises à Malherbe, est tout à fait erronée. La contradiction qui semble en résulter n'existe pas.
(4) Im. de l'Ar. Rod., IV, 40S,
(5) Am. d'H. 3, IV, 297.
uv \i:iuiK 45d
Celui n'avoit jamais li'ii noces éprouvé. « EpfOKvêes. » ( I )
(lonimo on voit, pou inipôrlc si le régime se Inmvc poil»' avant le \('ri)(' par uni' li;in<pii>i( Idu. la règle est généi'ulo. Voilà la force que possède Le féminin quand il précède.
A vrai dire, il fallut encore prés d'un siècle pour que les écrivains se résignassent à écrire régulièrement Vc et le s.
La Rochefoucauld écrit : ions /es /nan.v r/uc J'ai ou, tout comme llégnier (2), et on trouve dans Labruyère même : Certains vers, les plus heureux qu'on ait jamais lu. (3)
Mais, des la lin du XVI° siècle, ou considère « ce langage comme fautif et soloecisme, n'en desplaise à qui que ce soit qui se licencie de parler sans cette obsei'vation. » (4)
Cas particulier. — I'' Quand le pai-tici|)e du verbe rcii'lrc ou du verbe /■«</*« est suivi d'un adjectif ou d'un inlinitif exprimant le résultat de l'action marquée par ces verbes, le p.irlici[)e reste invariable.
Dans ce vers de Desportes, Malherbe a elTacé le s.
Ceux qu'un si cher thresor a rendus désireux. ^5)
De même :
Qui ma flamme a nourrie et l'a faite ainsi croistre.
Il faut dire '.fait et non faite, ou ne dit pas : je lai faite venir. (6) Suivant Maupas, il était « indilTérenten ce cas au participe de se conformer à son accusatif ou de demeurer neutre singulier. Rx. :^ Avez-vous vu la Hoine ? ouy, je Vaij reu parler ou je Va;/ veuë parler à Monsieur l'Ambassadeur. » (7)
(1) Div.Am. st. du mar., IV, 440, Coinp. Clc<m, 94, IV, 350; Div. Am . 11, IV, 424 ; D. \, proc, IV 267; Am. d'H. ch. 8, IV, 324; EL I, 12, IV, 368.
(2) Reg. Ep. II, à M. de Forquevaux.
(3) V. Haase, 55 9-2, c.
(4) Maupas, Gr. Ibl Y° {V éd. 335).
(5) Div. .4m. comp. 3, IV, 44(».
4o6 LA DOCTIII.NF. l)V. MAMII.IUtR
Mais Vuugelas rcciu.'illf a\('c rccniiiiaissaiict' la rcj^le du iiiaîli'c : « Elle esl fort bollo, dil-il, cl je la liens (Tim de mes amis, (|iii l'a apprise de M. de Mallicrhc. à i|iii il cii laiil doinirr riininuMir. (Jiic si l'on ol)jecle (jiie M. de Mallierl)(! liii-mesme ne la pas loujmirs observée, c'est, ou la faute de rimpiimeur, ou ([U(! luy niesme n'y prenoit pas lojijours garde, ou pIuslost(|M"il u"a fait cette remar(|iie comme dil encore cet amy, (|u';i la lin de ses jours et après l'impression de ses tLMivi'es. » (1)
Par/lr/pr jx/ssr <h( vrrhr protioiniiitil.
• « J*oui' Iticu |);irl('r, il laiil dire : ils si- sont rlu des rois. Si l'action fut l'clouriUM* à !"( lisant, il eut fallu dire : ils se sont rlux, comme ils se sont ô/essrs, ils se sont chtiufft's^ etc. Mais puis(|ue l'action va hors de l'élisant, il falloil dire : se sont i-hi. Il faudrait ici un long discours. » (2)
Locutions jxn'licipialcs.
Malherbe condamne comme un latinisme les locutions ce dit, et ce ili!<rnit[Z), que M"" de (lournay défendit. (4) Vaugelas, allant plus loin, reprenait lesromanciers qui usaient de cela f///,quoi(iu'il approuvât cela fait. Mais l'Académie même ne lui donna pas raison, et cela dit survécut en place de ce dit, qu'on laissa à Ronsard, (o)
Nous avons même gardé un cerlain nombre de tours où le participe peut ainsi s'employer absolument, pour la plus grande commodité de la langue : cela posé, les choses rér/lées, le contrat signé, on lit, etc.
(1) Rem. I, -292. Laiiji se Iromp-iit. cominc on voit, et ne (.-onnaissait pas le commentaire.
(2) D. T, cil. (i'ani , IV, 265.
(3) Im. de l'Ar. Angel., IV, 41i); ce disant est souligné dans le ms de la B. N. (Rod. r234 v")
(4) Omb. 9(55.
(5) Vaug., II. 299.
CIIArMTflK VI
DE LADVKinn-]
Aflvrrhos et préposition-i. — Les rapj)(.rls entre ces di'iix |.;irlies (lu discours sont, on lésait, si intimes ({u'elles s'écliauj^ent très souvent et que des mots comme dcanit, derrière, s'emploient à volonté seuls ou avec un régime. Il en a été de même de beaucoup d'antres, aujourd'hui fixés dans l'une des deux catégories. Desportes dit ainsi : /o/^//;^/r/r>;// le bois. Malherhe .. voudroit dire tout partout, absolute. » (I)
Udciproquement les prépositions ne se doivent point employer sans régime. On ne peut dire :
(Je) senty dans mon cœur la sagette d'Amour Qui perça le rocher que j'avois à l'enéour.
Le mot ne « plaît pas ici à Mulhcrbo. » (2) Cela ne vent pa^ il ire pouitanl. je crois, que/-/ l'enlour ne puisse pas être adverbe. Luimême n'a-t-il pas parlé des enfants :
Oui seroiil près de vous et crieront à l'entonr. (3)
-loutefois la locution est donnée pre>([ue partout comme prépositive. (4,-
{\)lni. de l'Ar. lk)l. fur. IV 10!.
(2) Ber(]. et Masc. conip. ], IV, 457.
(4) Nicot (Dict.) la cite comme adverbe. Mais Maiipas la donne parmi les prépositions, (première éd. 337). .4k prix est de même préposition et non adverbe. Dix-. Am . st. du Mar., IV, 446.
458 LA DOCTRINE l)V. .MALIIKKBK
Forme dos adverbes. — Advorbos on ment. Pondant tout le cours du XVl" siôclo, un ccrUiin nombro de ces adverbes, particulièrement ceux qui élaiont formés d'adjectifs en ff/«^ ent. avaient hésité onh'c la vieille forme faite sur les féminins en ent, et la forme ! nouvelle l'aile sui" le féminin analogique en ente. On avait dit ' ainsi : prudemment i^iprudentement, ardemment dardentement. (4) Deiniier déclare que <' les uns et les autres sont bons, soit à la , parole, ou à l'escriturc, » (2) Malherbe préfère les formes courtes, I mais sans condamner les au Ires ; ardemment est simplement déclaré « meilleur. » (3) Maupas est plus formel, et donne comme règle que tous les atlverbes sortis de ces adjectifs doublent l'm. (4) Mais cette observation n'appartient ({u'à la deuxième édition.
Vaugelas a définitivement tranché la question,, tout en se trompant entièrement sur la véritable évolution de ces formes, (o)
A co/fj/rsl une vieille locution adverbiale à peu près synonyme de tont à coup. Ex :
VA par quelle injustice à coup j'en suis privé ?
« Quel langage, s'écrie Malherbe; j'en suis privé à coup, pour dire « en nn instant » ou « tout à un coup! » (6)
On peut voir par les exemples que fournit Littré (18°) que l'expression se rencontre encore dans Balzac et dans Descartes. Nicot la traduit par repente. Maupas donne à coup, tout à coup, tout à un coup. (7)
\ins. (Voir au lexique).
« A qui mieux mieux est une construction fausse, et au mieux aller suspecte de l'ôlre. » (8) Comme Littré l'a montré dans son
(1) V. Darmest. XVI'' siècle, § 243. Oomp. Grcan, htst. § 217.
(2) Acad. p. 181.
(3) D. II, ch. 2, IV, 277; ardentement est encore souligné ailleurs dans l'original. [El. I, 12).
(4) Gram. ^ 163 V.
(5) II, IfiO. V. la Rem. de Th. Corneillti sur lentement et présentement.
(6) El. l, 10, IV, f° 365.
(7) Gram. f 162 v».
(8) Im. de l'Ar. Rod.. IV, 409.
DE i/AnvKrtBi; i.,^9
hisloiiquo et dans une i-cmarqnc. la formo aiici.Mino o^l m .-IL'l >/uimiri(.r mieux. La proposilion à no s'introduit (pic plus lanl.
Néanmoins la locution apparaît Icllo (juo nous lavons conservée d.Mis le XVI^ siècle, elle avait nirme donné naissance à des analo-uos. Maupas cilc à </iti /,is pi,. Kl il .ijuuh'n Ouand nous vnulons exprimer un dehal i\e^ uns (..udans à surmonter les autres, nous avons cette formule. /y///. Jouons ./ ^^^/gangnera l.'prix. Disputons à </tii sera le plus s<;avaul. Ces Archers tirent à y/// dcuucr.i Ir plus |>resldul)lanc. Quelquefois ./ avec un iiilinilif pur apre< un c.uiparalif. Faisons à miru.,- sauler, à courir p/u^ roide. » (1)
Les puristes du X VIL" siècle ne parvinrent pasà se mettre d"accord sur les motifs de condamner à qui mieux mieux. Vaugehis trouvait la locution vieille et basse, (2) Chapelain, d'après Thomas Corneille, la jugeait basse, mais pas vieille. L'Académie décida (lu'elle n'était ni basse ni vieille, mais fort bonne dans le style familier et la sauva.
Au devant est locution prépositive et adverbiale, mais en celte dernière qualité, elle ne saurait accompagner que certains verbes ; ondhh[enal/eraudeoa/U,non fuir (lu devant, il faut dire : fuir devant lui. (3)
Au premier ^\^m[\i\n{ pour la première fois, est une locution (pie Malherbe ne « goûte pas. » (4)
Autrefois ne siguilie it:is la même chose que une autre fois. .< On ne (lit pas : je vous verrai autre fois, mais je vous verrai une outre fois. Au temps passé, on dit: autrefois, comme: autrefois jo lai vu. autrefois ydi été son ami, etc. » (o)
C'est m^me l'adverbe du passé ; un jour doit être réservé au
(1) Gram. f^ 170 V (1' éd., 363).
(2) Vaug. Rem. I, :359.
(3) />n. de fAr. mort de Rod. IV, 409.
(4) Am. d'H. st. 3, IV, 31 1.
(5) El. 1,1, IV, 353.
460 LA DOCTRINE CE JIALHERBi:
fiilur. Je (lirois : crllui-ri fut (lulrofois, an fiiliir jr dirois : ffllni-.ci sera tnijour. (1 )
Lu première distiDclion ne poiivail se faire (jii'à nue époque où l'article un devenait obligatoire.
Quant à lu seconde, l'avis de Mallierhc n'a |)as prévalu. L'expression un jour marque simplement que le lait se passe à un autre moment que celui où l'on parle (2); c'est le temps du verbe qui indique si ce moment est passé ou futui-, et comme il y suffit très bien, le besoin de préciser le sens de l'adverbe était excessif.
I{o)ii>n'(ji(C.. — \}n(i observation faite ailleurs sur quplquefoh se rapporle en miMiie temps aux deux précédentes: « Tl y a différence de quelquefois et de quelque jour. On dit: Je l'ai vu quelquefois, mais: je le verrai quelque joui-, et quand on dit je le verrai (|uelqnefois, c'est en autre signification. >^ (3) N'est-ce pas celte distinclion qui a poussé Malherbe à faire au nom de la logique les règles ([ni sont plus haut, presque exactement correspondantes à celles-ci?
Comme se rencontre souvent chez Desportes, en place de que, après aim}, ausù, tant, suivant l'usage du XVI* siècle. (4) Ex. : Et qui toiirnoyent mon anie aimi comme ils vouloyent... Et qui fait que loin d'elle aussi triste je vy, Comme j'eu de liesse en sa douce presance... Le suit tanl comme il peut de lœil et de l'oreille. (5) Tous ces passages sont barrés ou annotés même. Malherbe y dit explicilement que ainsi comme, dans le premier des vers cités, lui paraît lâche et plébée, elailleurs que ainsi que est mieux dit.
(1) Cleon. el. de Bert /IV, 353.
(2) Ex : Le chêne un jour dit au roseau. (Lafonl.)
Un jour — mais nous serons couchés sous 1p gazon Quand cette aube de Dieu blanchira l'horizon! — Un jour on comprendra...
(V. Hu^o, Sa}U lac. reruni.)
(3) Div. Am. 20, IV, A3'i.
(4) V. Darmest. XVI' siècle, § 276. Comp. ma Gram. hist. p. 55?. Pour les exemples voir Vaug. 11.673. Duval, p. 271, cite ainsi comme parmi les « adverbes redoublés. »
(5) EL II, 4, IV, 381; D. I. 53. (Ms. de la B. N.) Im. de lAr., Angel. IV, 419 ; Comp. Clcon. 26, IV, 335 ; El. I. 12, IV, 368.
I»K I. VltVi:itllK
Comment se faif-il (,„'il s.Muhl,. i^aioivr l.ii-niA,,,,. <;, ,,n.,„v rr-Ioct (lu'il emploie rom,ne eu vers aussi hjeu (iuVmi prose? (i)
Ou retrouve ce lurme comme dans ses (lisci|,l,.s. Haraii a .lit .- /(di-f- If loin- du innnili' aussi bien comme luij . Aux mesclians aus^i redoulable Comme agréable aux gens de bien, f^j Kl Maynard :
Son éloquence esl sage autant comme elle est forte. (3) Vaugelas lui-même, en condamnant ce tour, reconnaît qu'une inlinité de gens disent ainsi ; on leur donna tort et Malberbe, subissant sa propre censure, lut réprimandé d'avoir usé ainsi d,.'s compara (ifs. (4)
Du depuis. « Je conuois, dit Vaugelas, un homme fort Agé (peutélre Porchères?) el fort sçavant en nostre langue, .jui dit, .jne lorsqu'il vint à la Cour jeune garçon, il y avoit beaucoup de gens qui disoienl et écri voient </n depuis, et que desja dès ce temps-là ceux q.ii entendoienl la pureté du langage condamnoicnt celle façon de parler, comme vicieuse el barbare, ne permettant mesme pas seulement aux Poêles d'en user comme d'une licence poétique. » (oj
En effet, Malherbe reproche à Desportes de l'avoir employé : Voila donc comme Amour dic depuis nous fait vivre. fG)
On retrouve cet adverbe dans les auteurs du XVP et du XVIP siècle, dans Vau.iudin de la Fresnaye, lîégnier, etc. Maupas le menlionne à côté de depuis. On essaya, d'après Vaugelas, de le soutenir par de mauvaises raisons, mais il disparut de l'usage, u)
(1) V. au Lex. V, p. 104.
(2) I, 2-y, 8; Coinp. p. 34. 74, 82, 195, etc.
(3) Œuv. 111, ;M. Ainsi comme ligure à côté de ainsi que dans Mnunas ri il r\ ^ ■ '
(4) Malh. éd. Chevreau, I, 239. Comp. Mén. Ib. III 271
(6) D. II, st., IV. 28G , Mallierbe l'a encore rayé dans son exemplaire Div Am. chans. f), f° 277 v°.
(7) Bertaut, p. 139, Rég. Sat.l : Maupas T 161 v». Nicot dit « qnaucuns disen aussi du depuis. Duval remarque quon double souvenl les adverbes (271).
/|.<j2 I. ^ DOCTnlNR DE M ALII KltBK
Dura/if /u/ir/if/ji//.\- semble à Malherbe n'ajouler l'icn an simple dans ce vers :
Durant long temps \ii laiiguy misérable. i\)
De fait l'exjjression n'y gagne rien, mais il ne faul pas en inférer que Malherbe condamne la locution.
Ça s'oppose à là et dfcij à delà. On ne doit donc pas écrire : L'un çà, l'autre delà, chacun à qui mieux mieux.
« Qui deçà^ qui delà pouvoit passer. » (2) (Noter (jue Maliieibe admet le distribulif qui).
Encependant. Jà (V. au Lexique).
Jamais plus est dans Malherbe, d'après Vaugelas (I, 284). Cependant je le trouve noté dans la célèbre villanelle Rozetle, pour un peu d'ahsence :
Jamais plus beauté si legei'e
Sur moy tant de pouvoir n'aura, (3)
Qu'est-ce que Malherbe réprouvait dans celle locution? Est-ce l'ordre des mots et eût il voulu qu'on écrivit phi^ jamais? Est-ce la place que l'adverbe occupe si loin de son verbe? Un bien est-ce la locution elle-même, qu'il considère comme italienne (mai pii'i)? La discussion qu'on trouve dans Vaugelas (4)permei les trois hypothèses. L'usage même de Malherbe n'en permettrait aucune, puisque jamais plus se trouve dans ses œuvres employé et construit exactement comme ici.
Par long temps était une locution archaïque de même espèce que par qutrar/e^ par loisir et tant d'autres que formait l'ancienne
{\)El.\, Disc, IV, .378.
(2) D. T, cent, am., IV, 271.
(3) Ber(j. et Musc. Villan. IV, 458. Mallierl)3 a encore barré jamais plus dans son exempl. à Tél. ? du livre I.
(4) V. Vaug. I, 284, avec les observations de Patni. Th. Corneille et l'Académie.
ur: I. .vDVKiuiK i.C3
langue, (1) et qu'on roncontre souvonl. Desportes ayant besoin (l'une syllabe s'en souvient et dit :
iiùpar long temps, comme Amour m'alTolIoit... Suivant Malherbe c'est « mal parlé. >, (2)
Or, o;rv. Pieça. ((V. au Lexique).
Phtstost (plutôt) est noté dans ce vprs :
J'en accuse le Ciel phtstost que vous blasmer. (3)
Il n'est pas facile de deviner pourquoi. Malherbe eùl-il voulu que le verbe fût précédé de de ? Mais il ne met pas lui-même la préposition (4). Ou bien eût-il préféré la locution en lieu de ?
Puis, dans la locution et pui'>, est employé par Desportes au sens moderne de et du reste, au reste.
Et puis je n'escry pas pour gloire en acquérir. « Voilà un sens nouveau, » s'écrie Malherbe, (oj II donne en elfet à f'tpuisle sensde celaétant; dans le sens où Desportes l'enlend ici, il emploie le simple ;;?//.y (6). Il est en cela d'accord avec Nicot qui ivixAmietpuis : ex hoc facto. Néanmoins cette nouvelle acception s'est maintenue.
Si que. (V. au Lexique).
Pour tout jamais- disait à peu près la même chose que à tout jamais. Il est facile de voir que Desportes l'a employé ici, afin d'éviter la répétition de à.
Mon cœur infortuné Se xo'û pour tout jamais à soulTrir condamné. Malherbe le note. (7)
(1) Godef. par. 733, col, 1 .
(3) Cleon 9, IV, 330.
(6) V. II, 188 et I, 135.
iCi t. V DOcrniNF. m: mm,iii:iuii:
L'expression n'est pas dans Maupas <|iii doimo : seuls n jamnis:, pour jaitifiis^ à Iniil jaiii'ii^, n loKsjoiirs mais. 1^1 le a siu'vécu néanmoins. (1)
Trop se trouve encore dans Dcsporlos avec le sens de li'i's qu'il a ou dès les origines. MalherJje Ta rayé ici :
Ton char est lionoré D'une riche (les])Oui]le et de trop belles armes. fS)
Le trouve-l-il archaïque? On peut le supposer, puisqu'il ne l'emploie plus. 'J'outefois le (rail {\i} plume poul s'expliquer aiilrenu'iil : riche n'ayant ])as de supei'lalif, l'auli'e adjectif n'en doil point avoir, c'est une des règles de la construction de la phrase suivant Malhcrhe. (V. à la construction de la phrase).
Répétition de rudvprbc. — /-*///.s d(jit être répété dans les deux i membres'de la phrase, quand il s'agit de marquer une opposition. » Dans ces vers :
Et plus il voit de pi'esse,
En fronçant les sourcils sa permcjne luy dresse
« Il falloit un autre plu^. » (3)
L'observation est claire et justifiée. Mais en voici déjà une qui paraît bien sévère. Pourquoi barrer?
Qu'il croisse en rigueur fins je luy suis fidelle?
Le verbe croître marque une pi'ogression suffisante pour que l'advei'be ne soit pas nécessaire. (4) Corneille a dit : (Poly. V, 2) Mais malgré ma bonté, qui ç,\o\\.,plus lu l'irrites.
Le mAme emploi de l'adverbe a encore doimé lieu à Malherbe de barrer d'autres vers :
Et pour tous leurs efforts n'est jamais abalu, Ains s'afïermist ^5/(<s furl plus il est comhatu. (5)
(1) Gramm. P IGl \\ 1" éd. 343.
(2) Epit. de Cossé, P 'i'Zl \\
(3) /m. de l'Ar. Roi. far., IV, 403.
(4) Am. d'H.23, IV, 304.
(5) El. l, 13, f- 180 r'. Ms. de la B. N.
f)ic i/\i)Vi:RnK l(>5
Kt : Je feins d'esire conlaiit, de rire et de me plaire,
Monstraiit 7fioins de douleur plan je suis tourmenté. (\)
iJa-is les deux cas, on i-egrelle ([ue Mallierhc n'ait pas jnp:e à propos de s'expliqner. Il a écrit d'une façon oxaclemenl semblable: Mais j'y deviens plus sec, plus f y vois de verdure (2)
S'(''lail-il ravisé sur le lard et avail-il (b'-jà. avant N'augelas, (3) liidenlion d'exiger que les adverbes fussent toujours mis au début de ces [)roposilions? C'est la seule ex[)lication |)robable. (4)
Si se répète devant cliaque adjectif. « On dit : ii est si bon et si \ bcau^ et non pas : il est si bon et beau. » (o)
Dans le cas particulier qu'il observe, Malberbe a raison. On ne dirait plus :
L'amour que je porte A vos beautez, Madame, est si constante et forte.
Mais la règle varie suivant les rapports que les adjectifs ont entre eux, et si bon et beau se dit parfaitement. Yaugelas toutefois ne l'admettait pas. (6j
Tant de ne se répète pas nécessairement devant cliaque substantif. 11 les régit iTrô x.otvoO. Ex:
Tant d'outrageux propos, de courroux et d'orage Que le Ciel rigoureux dessus nioy fait pleuvoir.
De seul se répèle et suffit à faire la liaison, si bien que pour ne donner au verbe pleuvoir comme régime (pie les mots courroux et orage, ainsi que le sens le comporte, il fallait répéter tant, et dire : tant de courroux et d'orage... (7)
(1) Am. d'H. 21, IV, 304.
(4) On pourrait cependant suppcser que c'est Tordre des proposilions que Malherbe voudrait voir renverser,
(5) El. I. 7, IV, 3G0.