LE TEXTE DU COMMENTAIRE
On connaît Irois exemplaires manuscrits du « Commentaire de .Malherbe sur Desporles ». L'un se trouve à la lîildiolliôfjue .Nalionaie, les deux autres à la Ribliolhèque de l'Arsenal, à Paris.
Le premier est l'original, de la main même de Malherbe. Nous le désignons par la lettre 0. Les deux 'autres sont des copies que M. Lalanne appelle A el lî (T.
/. La copie A.
Le volume ainsi désigné est conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal, sous la cote 6583, B. L. (anciennement B. L. 1ÎJ73, A). C'est un exemplaire de Desportes de l'édition de Manierl Pâtisson, Paris, IGOO, imprimé sur beau papier encadré.
Sauf une lacune qui va du i" Jbî) v° au f° 201 r", vers 3, c'est la reproduction intégrale de l'original.
(1)M. Grœbedinkel, au début de son étude sur la versification de Desportes et de Malherbe, a déjà comparé les textes que nous possédons du Commentaire. Ce travail ne manque pas de remarques justes, mais l'auteur n'ayant pas vu les manuscrits, a été induit en erreur par l'édition l^alanne. x/ Il a cru, en particulier, que l'original était écrit sur une édition de Desportes de KJOy et s'est donné un mal infmi pour expliquer cette étrangeté. Son raisonnement, cela va sans dire, s'en est trouvé entièrement vicié. {Fraus.
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On i^iioïc par (|iii celle copie a élé oxcculéc. Sainl(3-I{eiive. (nii ia connaissait pour lavoir eue do Cliarles Nodier, dont elle élail la propi'iélc'', suppose (jiie c'est Sainl-Marc, l'éditeur de Malliorl)e, (jui y transcrivit les notes du Commentaire (Ij. Je ne sais snr (pioi Sainle-lJeuvc fonde cette hypothèse. Saint-Marc, loin de diie qnil a lait une copie, nous conte qu'il empi'nnta l'original à M. le j)résident de liourhonne, gendre et héritier du pri'sident liouliier, qui consentit, grâce à l'intervention de M. de lîombarde «■ h se désaisiipour quelque temps du précieux dépôt qu'il avoit entre ses mains ». (2) La phrase semble donc indiquer plutôt que Saint-Marc travailla sur l'original.
Quoi qu'il en soit de cette question secondaire, et d'où qne provienne A, cette copie n'aurait d'importance que si l'original était perdu. C'est une transcription postérieure, généralement correcte de cet original (3), mais rien que cela. On n'a pas àenteniicompte pour l'élahlissement du texte.
//. L'orif/iniil
L'exemplaire de Desportes qui a appartenu à Malherbe est conservé aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale sous la cote Y. 4817,
(Réserve).
(1) Le XVI' siècle en France, p. 100.
(2) Ed. deMalli. p. 339.
(3) A présente cependant quelques bévues de copiste, ainsi, au lieu de cette phrase : Ce « sonnet est d'un Italien et du Séraphin à mon avis » le copiste aécrit: à mon ami [Div. Am. son. XXII, Cf. éd. Lai. IV. 435). Ailleurs il lit chaises •percées pour chausses perses. {D II, son. 4S, éd. Lai. IV, 288). Une fois il s'est trompé de ligne et a pris la note d'un vers pour celle dun autre. {El. I, 8, IV, 362, note), Comp. encore 2). II, comp. 1. IV, 281, Im. Ar. IV, 41 i. Ces fautes suffiraient à montrer que A n'est pas de la main du scrui)uleux Saint-Marc.
Inversement A corrige quelques inadvertances. (V. Am. d'H. 72, éd. Lai., IV, 319; D. Am. Compl. 4, IV, 444). Comp. une correction erronée Z). Lcompl 4, IV, 268.
Il y a quelques rajeunissements d'orthographe et de syntaxe. Ainsi A fait presque toujours èpithi-te féminin, contrairement à l'usage de Malherbe. [D. II, pi. I, ivi 274, etc.).