‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 93 sur 106 · I.'oiM'OM I ION \ \l M.lll.r.IU · texte numérisé non relu

I.'oiM'OM I ION \ \l M.lll.r.IU

Je sais bien que le secret de cet éclectisme est un pi'ii dans la sihialion du poète, <nii, an milieu d'une vie si agitée, a besoin de tous. 11 Halle. Néanmoins, il y a qiiel([ne chose de sincère dans les compliments (ju'il fait à Hardy. Pi/rtniic et Tliishé en est la j)renve.

Tliéopbile n'a pas aimé la règle. Ses chutes (■omfni'><'s avcnx le pronveni :

La règle me déplaist, j'escris confusément, Jamais un bon esprit ne fait rien qu'aisément. (1)

Kt Malherbe lui-même a confirmé ce témoignage. N'a-t-il pas déclaré que Théophile» n'avoit rien fait (|ni vaille au niestier dont il se mesloit. » (2)

Frénicle faillit voir, comme on sait, son sort lié à celui de Théophile. Ses opinions liennent de près à celles de son coaccusé. Parlant des nouveaux poètes : La science pour eux, dit-il,

se trouve sans appas, Et veulent reprouver ce qu'ils n'entendent pas, Tous leurs écris ne sont que matières frivoles Ou la conception s'accommode aux paroles. Ils préfèrent toujours la rime à la raison, Et leur impertinence est sans comparaison, Pourveu que dans leurs vers soient ces mois de mrrvcill»'. De charme, de beauté, d'ange, de nompareille. De grâce, d'adorable et de divmité, Ces espris ignorans ont tant de vanilé, p]t leur présomption si doucement les trompe, Que pour un petit livre enflé de vaine pompe. Ils cro^en^ surpasser les travanx glorieux De tanl d'iionnnes scavans qui sont entre les Dieux. Et blasment sans raison les œuvres de Konsard Pour se faire paroistre excellens en son art. Je ne puis plussoufïrir cette sotte ignorance. Il me desplaist de voir mépriser la science

(1) V. Prèf. (lu lome 1, XCIV.

(2) Œuv. iV. 8.

BRUNOT '

De tant de bons auteurs, dont les doctes écris Ravissoient en leur temps les plus rares espris. Ces poètes fameux ne sont pas en estime Pour avoir seulement sceu polir une rime, Et sans les doctes vers que leui" muse a chanté, Ils n'auroient pas le don de l'innnortalité. (1)

Mais le lecteur aura d(''j;i rcMiiarqu*'' la diirérence entre ce stylo de Frenicle et celui des écrivains dont il se réclame. A part une ou deux licences que nous avons soulignées, ces vers ont déjà un tour tout classique, et, quand l'auteur ajoute que

Son esprit facile à se laisser conduire Ne se soumet qu'à ceux qui le peuvent instruire, Et non àcesrimeurs dont l'art est seulement D'écrire peu de cliose avec de l'ornement,

il se fait à lui-même illusion, il a déjà {trofondément subi rinduence de ceux dont il se défend. Il est déjà Malherbien sans le vouloir. Couival-Sonnet ne semble pas avoir des opinions bien nelles. Dans sa Satire du poète, après les généralités d'usage, il aborde la question, et si franchement qu'on croirait qu'il va la trancher :

à la mode du temps, Il suffit de rimer à gens avec printemps : Les Poètes sont defuncts, la poésie est estainte. C'est assez aux rimeurs de proser en contrainte : Ronsard, c'est trop dormy, Des-Portes, es-tu mort? Garnier, Bartas, Régnier, vous fera-t-on ce tort De quitter vos escrits remplis de saints Oracles, Pour lire ces rimeurs qu'on tient faire miracles D'escrire une Elégie ou de faire un Sonnet Suyvant la passion d'un jeune Sans Sonnet.

Suit une longue déclamation contre les vers de cour « flasques, insipides, faits pour les guéridons et les chansons nouvelles ».

(1) Œuv.poet. Paris 16-?.5, p. '.15. El. XXXV.

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