‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 95 sur 106 · I. ui'i'osiiio.N \ M vLiii.mti. ;;i;i · texte numérisé non relu

I. ui'i'osiiio.N \ M vLiii.mti. ;;i;i

Oti()i(ju'il cil soit, uno fois (losccndii ;'i rc'pijijuc de Scunon el de Saiiil-Amand, on trouve Técole de Tht'ûpliile coniplèlomenl ralliée à M;illieil)e. Le monde osl alors conveili au l)url('s<ni<- cl les hurles(|U(^s (le leur C(M,é sont eonverlis au langa^^e du uKuule. Sauf quelques mots, qu'on concède du reste à son besoin de trivialité, Scarron parle Vaugelas. (1)

Mais celte opposition eût-elle duré plus longtenijts, ({u"elle ne coiupromettait nullement le succès de Malherbe. Le genre satirique était à part dans l'opinion, on lui accordait d'avoir ses règles et sa manière à lui comme il avait ses sujets. Malheibe lui-même n'y contredisait guère.

A côté des poètes satiriques, les poètes dramaliipics l'ont une campagne toute pareille. (2)

Claude lîillard croit que la chose vaut bien un avaiit-pi'opos. « Pour mes rymes, écrit-il on tète de ses Tragcdies franroi^ps, je pense les avoir rendues assez riches, si ce n'est es endroits où elles n'ont deu estre préférées à quelque belle sentence sans m'y rendre en ce cas autrement esclave, ny me violenter à contre-temps. Fort csloigné de l'humeur noire et fascheuse, d'un tas de foux mélancholiques, plus ambitieux dil nom de simples gramnuiiriens et de rimeurs, que de la sacrée fureur de l^oëte.

(1) Scarron imite foil souvent Malherbe.

St-Aniand, à propos de la Pologne, adresse à Desportes quelques vers qui ne sont ni ne veulent être encore bien méchants :

G'esloit un niigiion de cour

Qui ne respiroit qu'amour.

Il sentoit le musc el l'anilire,

On le voil bien à ses vers,

Et jnmais soif en sa chambre

Ne mit bouteille à l'envers. La Polon. (/d. livot II, •-•(■>)

Il esl évident que lautcur cherche surtout un thème pour chanter eiu-ure le vin, mais on le voit aillciu's devenir prude en son langage, comme nn des bons disciples deîMaliierhe.

['2) Il faut toutefois excepter Mnulchi'eslicn (|iii .illail rendre visite a Mallieihe et lui montrer des vers. iMalli. (K>'r. \\\, :yù \

•J.'IO LE SUCCliS IJE .MALIlEKIîE

« Sortoz-moy ces petits cajoleurs de Cour à sinij)le tonsure de Minerve qui font les sçavans et les Aristarques es compagnies où l'on n'y entend [)as finesse : (pii pensent surhausser leur vaine gloire par le nu'sjiris des |)liis lioiiocihles Mânes des Champs- Elysées, ce grand Honsard, le IMuenix, TApollon, et l'Unique prince des meilleurs Poètes de la France, devant lequel ils n'oseroient paroisire s'il vivoit encore, qu'en simple qualité de petits secrétaires de Saint-Innocent : sortez-moy ces preneurs de taupe à la idpee, hors de leurs pointes toutes emoussées et de leurs limcs aussi froides de rencontre (ju'un pauvre cadet passant le mont Senis au conir du plus l'igoui'cux liyver, n'ayant que la cajje Espagnole sin-le dos.

« Sortez-moy dis-je ces fustes désarmées, ces Colosses inanimé/, ces halons enflez de vent, hors de leurs petits lieux communs, pour

les faire voguer sur un grand Océan de dix mille vers vous

ne vîtes jamais gens si sots, quelque bonne opinion qu'ils ayentdes loi'ianges ([u'ils se donnent eux-mesmes, et de leur vaniti'. -• (li

Hardy, quand il publie ses œuvres, est non moins éncrgi([ue : Déjà, dans sa dédicace à Monseigneur dé Montmorancy, il prévient (|uo ses vers « comme les dames vertueuses » n'emprunteront leur beauté que de la nature, que, selon lui. ils demandenl de « l'égalité » partout, sans pointes, sans pi'ose riniée... sans une artiste liaison de paroles affectées, ampoules d'eau plus propres à délecter la veue des petits enfans qu'à contenter un esprit solide et judicieux. » (2)

Malgré ces précautions de style « un peu rude, ayant sans douie « offensé les délicats esprits de Cour » qui désiraient <( voii- une fragédie aussi polie ([u'une ode ou ([uebiue élégie, » (3), Hardy

(1) Billard avait évidrinment conduit en ce sens réducation de son fils, car à rage de quinze ans, ce fils met en tète des d'uvres de son père un sonnet où je lis les vers suivants :

L'Aonlc CKl fraiiroise et n'est plus cstianKèie Ayant ce <;r;ini Ronsard, la niervi ille des iJieux, Bellay, Belleau, Bertant, Desportes, que k-s Cieux Ont rendu si divins, que rien pinson n'espère

CA. Billard, T. de Courgenay.

(2) Théâtre I, 3. Couip. raverlissement au lecteur ib. 4.

(3) Ib. 111, 3.

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