‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 96 sur 106 · I. Oi'i'osn ION A M M.iii.niti; îî'il · texte numérisé non relu

I. Oi'i'osn ION A M M.iii.niti; îî'il

devient plus explicite etjuge nécessaire de d»''fendre son « linniit iir et la vérité. » (1) II adi-essc au loctour on trie de son Inni»' ){ une véritable profession de foi.

« L'honneur et la vérité m'obliiicul d'avcrlii' le li-dcur parformc d'apologie, ([ue l'oracle de ce grand Ronsard dans une >ii'UU(' l'^legie à (Irevin s'accomplit de nos jours, et (|ue la poésie passe désormais chez (|uel(}ue auti-e iiatiou [»lus judicieuse, et moins ingrate (|iie la iioslre : car l'aparence de relenir d'ivanlnge les .Muses chez nous après les avoir dé|){)ùill(''('s, el réduites à telle pauvreté (ju'à peine se peuvent-elles servir de (lu-dijucs paroles alTeclées, (jui passent à la pluralité des voix, j)ar le sulTrage de l'ignorance, pour déplorer nostre folie et leur misère. L'excellence des poètes d'aujourd'hny consiste en la profession (jue faisoit Soorale, (mais plus à propos qu'eux) de ne rien sçavoir: (ju'ainsy ne soit, examinons la tyrannique reformation que les principaux d'entre eux veulent faire... Leur première censure condane euterement les fictions, aiusy que supcrilues, au lieu ([u'uue iuliuité de Ixdles conceptions s'y raportent et se fortifient enleurapuy: les les Epilhèles, les Patronimiques, la recherche des mots plus significatifs et propres à l'expression d'une chose, tout cela ne leur sent que sa pi'dauterie. . . Si bien (pie nostre langue, pauvre d'elle-même, devient totalement gueuse en passant par leur friperie et par l'alambic de ces lymbres fèléz. J'approurp fort une t/rdiule douceur au vers, une liaison sans jour, un choix de rares conceptions, e.rprirnées en lions ternws et sans force, tel 1rs (pi' on les adntirc daii^ Irs chefs d' œuvre du sieur de Malherbe; mais de vouloir restrrindrc unf Trarp'dii' dans les bornes d'u/w Odt% ou cl une Eeh/ie, cela nr se prut ni ne se doit, etc. (2)

Est-ce parce qu'il est de l'c-coie de TlK'ophile ou bien pai-ce ([ii'il a fait aussi une tragédie, cpie Pierre de ('otigiion, sieur di- la (lliarnayes épouse aussi ces idées? En tous cas, en tète de sesanivres. il avertit le lecteur ([u'il ne s'est pas mis à la mode, (jne non seulement il a « fait passer des mots (|ui ne s'entendent pas de tous .>, mais ilcs

(1) Ib. p. 4.

(2) Tlu'àlrc 111, I.

5o2 Li:: SUCCÈS dp: Malherbe

pièces qui ne sont pas en usage dans les escrits de nos poêles modernes. (1) « Je n'ignore pas, ajoulc-l-il, dans • la Musc Clttimpi'slrr (2) (jue ces onvr;iges ne sont pas Iravaille/ selon les loix de la poésie moderne qui règne à la Cour. Je sçay «[ue ceux qui se sont créez par leurs propres suffrages juges souverains en cesle cause condamnent tout à faict ce genre d'escrire : mais leur censure est de légère authorité envers moy, qui suis hors du ressort de leur puissance, comme estant tout autre plustosl que poêle courlisan, de qui les muses esclaves ont beaucoup plus d'alïelerie et de fard que de naïve beauté. Je marcbe dans les vestiges des Anciens, et lasche d'imiter ces grands personnages que la science et sublimilé d'esprit a relevez an (an! au-dessus de ces iu)uveaux censeurs.

Comme des hauts cyprès le chef aiyu surpasse Les plis tors et rampants de la viorne basse.

« Leurs divins vers qui sont autant de Irompelles esclallanles incessamment à mes oreilles m'empeschent de les presler aux nouvelles loix poétiques que Ton veut mettie en crédit aujonrd'huy. N'attend donc point icy des vers à la mode, pauvres de sens el riches de rymes; qui peuvent imposer quelques fois à l'oreille par leur douce cadence, mais non jamais au jugement d'un homme entendu, et te persuader que les Muses se plaisent bien autant en nos autres bocages qu'au voisinage du Louvre ou à la |)romenade du Pont-Neuf. »

Ces polémiques, en tant qu'elles étaient dirigées contre Malherbe, portaient un peu à faux. Le théâtre était considéré par lui comme un genre inférieur, compoilanl ceilaines négligences, et c'esl plus tard seulement que ses disci[)les imaginèrent d'élendre jusque là des règles originairement deslinées à la poésie lyrique surtoul. C'est Mairet que llaidy combat, plutôt que Malherbe, touten nommant celui-ci.

(1) Œuvres 'poétiques. — Afis au lecteur p. 1. Viiirsiu' lui Yiullet le Duc, Bib. poct. 452.

(2) Paris. .1. Yillery, 1629. Avis au lecteur.

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