‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 97 sur 106 · L OPPOSITION \ \|\|||||!|;| -J-'J · texte numérisé non relu

L OPPOSITION \ \|\|||||!|;| -J-'J

Ainsi, chose ôlran-e, les principaux <.pposanls se ivnconlnM.I pnncipaicmcnl parmi ceux .ino la lcgi.slali.,n iwiivllc ne visiil pas à contraindre. (1) Parmi les intérosscs, ils sont an c.M.lraiiv fo.l pcn nombreux. Nous avons ,lcjà nomme le principal, c'est Cian.ie Garnier.

(:<'lni-là, s'il avait en dn lalenl, anrait été encore un redoutable adversaire, car la nature lui a^ait donné laudace et l'entèlement.

II avait en d'abord, nous dit-il, l'espérance de voir les vipères s'empoisonner elles-mêmes de leur propre venin. (2) Déçu, il(preud les armes. A ces mignons (jni « riment, .pii censurent, .pii liment, » il oppose fièrement

Le vieux stile D'Homère et de Virgile Ces resveurs de jadis,

ou du moins celui que la Pléiade avait cru créer sur le leur. Embrouillé de figures, De fables, de peintures,

D'imaginations, D'un tas d'inventions Attiqueset romaines.

Fantastiques et vaines (3).

(1) C'est du moins ce que l'on peut conclure d'une lettre de Racan à Ménage (I, 355) : « si toute l'autre poésie est le langage des dieux, celle-cy n'est que le langage des hommes et l'image de leur conversation (encore que l'on y représente quelquefois des roys et des héros...) cette poésie est aussi bien dénuée de politesse que d'ornement, et elle ne doit eslre considérée que comme ces grans tableaux (jui ne sont faits (pie pour estre veus de loin au haut des églises, où il sullit (pi'il paroi.s.se quelqui's couleurs vives pour contenter la vue. » Il est vrai que ceci est de 1G.31. mais lopinion de Racan nest-elle pas encore plus significative à cette époque où des chefs-d'oMivnont déjà paru sur la scène ? Au reste les Mcmoires complets de Racan conservés à l'Arsenal nous apprennent que Malherbe prétendit un jour devant Gomhaud (jue « le jugement lui teroit tnmver toutes les règles du théâtre » (p.-2lii. La prétention nindiipie-t-elle pas chez Malherbe autant de dédain pour le genre que de présomption naturelle ?

(2) Ext7\ de l'Harm. 1(», a la suite de l'Am. Virfnr. l«)l>9. \>. 126.

(3) Am. Vu t. llTr .

55 i LK SUCCÈS iJi; MALIli:i!I!K

Son iivanl.-])i'0[)Os surloiit constiluo le réquisitoire lo plus complet qui ait pai'u contre l'école nouvelle, ses (iinlains cl ses ambitions. Garnier refuse de s'arrèici" à la vulgaire opinion « qu'il se faut ranger au sens et régler ses conceptions à la volonté des nns et des autres, comme si le Monde estoit les Muzes et que nous Tussions jour et nuit à commandement pour nous inspirer. »

Il voit très bien le calcul de « ces nouveaux rabins. li('r('li(|ues en Poézie, qui [)()ur avancer leurs ei'reurs voudroienl abolir s'ils pouvoienl) l'ancienne constitution du temple ».

Leurs procédés dans cette campagne intéressée sont mescjuins. « Quand ils ne sçavent plus où mordre, ils s'attaclient à des pointillés comme à des ronces; maintenant une virgule et mainleiiauL un titre les arrête. |)uis une rime. j)uis un trait... »

Or, (( rosses de versilicateurs qui ne triomphent (|iie de médire », que veulent et que peuvent-ils metli'e en face des œuvres d'un Ronsard ou d'un Desportes ?

« De plates chansons et de froides stances » qu'ils <( vantent comme de divines inspirations, comme s'ils avaient desservi tous les rameaux du Parnasse ».

Et en 1()23 il combat encore, sans s'effrayer des « atteintes dont on l'a toujours assailly » et des orages de la médisance. (1)

Mademoiselle de Gournay non plus ne se lassa jamais.

Nous avons assez vu les objections présentées par elle aux innovations de Malherbe, ses réclamations passionnées en faveur des anciens, ses luttes pour la liberté du style et du langage, ses apologies en faveur des mots ou des tours condamnés, pour n'avoir plus besoin d'y insister ici (2).

Il n'est pas plus nécessaire de montrer que, si elle se plaint de vivre dans une saison si langagère et si grimeline, elle sait à qui s'en pi'cndi'e, et à ([ui on doit cette nouvelle critique « essorée et querelleuse. »

(!) En tètedu Disc, de Ronsard. (Rons. (lùiv . \'il, 8)(iarnier n'i'st donc pas mort, comme disaient les ]jioyraplie.s en 1(11(1. Il vivait même encore longtemps après. (Y. Var hist. Il, Î5'2).

(2) Voir du reste un bon article de M. Feugère {Les femmes poètes av XVI' siècle, éd. in-8, p. 127).

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