‹ La doctrine de Malherbe d'après son commentaire sur DesportesChapitre 98 sur 106 · I. ni'IMisninN V M M.lIKUlti · texte numérisé non relu

I. ni'IMisninN V M M.lIKUlti

Ayaiil V(''cii ;iii iiu.licii dc^ nuù^ de M.i lli.-rhc. ■ I <l;iti> iiiir sofiélt' (|irils t";iis;ii(Mil refuiilir de Icm-s discussions lillt-raircs cl granimalicah's, (die sait inètiiodislingiicr dans tonlcs Ifs diriiciilti'S soulcvjîes, collos (jiii vicniiont du maître ot colles ({iii viennenl dos disciplos; (die Noil liii'ii ([lie les plus exajj^érés sont coninio loiijnm» \i>> di-riiiers venus, [2) Mais s'ils ont « oslé la moitié de la lan-ui' de leur j)i(>[)ie conseil^ il ont oslé l'aulre moitié (\n conseil do leurs instructeurs ». Ce sont donc ceux-ci ([ui |KM'lenl les icsjionsaljililés :

Patruvi refo'unt jcjioiia nati.

Aussi lu' séj)are-l-(dle poiul le- uns (d les aulres dans ses alla([ues, et c'est contre toute la " Iiaiide » ([u (die mène campagne, « sans piv'lendre taxer aucun d'eux en particulier, ouv hien M'ulenienl leur erreur en général ». (.3)

Klle no nomme personne, parce (juVIle u est Cblongnée de prétendre designer ou fasclier aucun ». (4) ^fais elle ne laisse guère moyen de se méprendre. Les théories ([u'elle combat sont celles de Malherbe, point par point, et t(jutes les allusions sont aussi claires (jue possible. C'est bien, lui qui met « une honteuse piolusion de tem[is pour composer trois slances sur le modelle (juil S(! prescrit, » (o) c'est lui encore (|ui <> fait son idole de la ryme et île semblables merceries, nouiiuant plaisamment la cabale i}u'il en a fondée le secret de la langue », (0) c'est lui le créateur di'r(''C(de des M poètes grammairiens » (7i, théoricien ([ui itidi(|ue bien tout ce ([u'un poëme ne doit pas être, jamais ce (ju'il doit être, « docteur en néuative ».

(1) L'Ojnfcj'c aétédonnéeà Malherlje, Yvi'ande, Hacan.j^ rall.//<>f. 111. IIJS) D'après Talleniant. MalliiTbe se serait nioqiiè d'un de ses ouvrages et elle, pour se venger, aurait re;-i:ratlé le Tite-Live (II, 311'.

(2) V. Omb. 9.")'.). Comp. 129 : « les escoliers après s'est le fait enseigner, ont voulu charitablement tour à tour enseigner les maistres, em-lierissans sur l'austérité des loix qu'ils leur avoieni presoriptes. »

(3) Ib. (y\2.

(4) Ib. G32. Cependant, d'après Tallouiant. elle le haïssait à mort 11. 35f'>). (5)76. G2'J.

(6) Ib. 951 .

(7) Ib. 443.

Ijoii LE SrCCKS de MALlILIUiK

Il n'est pas une de ces criiiques, pas une de ces appellations qui n'aillent à Malherbe et aux siens, jusqu'aux compliments qu'elle leur accorde et qu'elle ferait de meilleur cœur, si ces prétentieux incorrigibles n'avaient la vanil»'' de « déterrer du niommiciil leni-s supérieurs et leurs maislres », il) et de le reconstruire en leur honneur.

Xi la justesse de ses observations souvent clairvoyantes, ni la chaleur de ses convictions, ni la protcclion |)osthume de Montaigne, alors un peu démodé, ne sauvèrent la pauvre sybille des quolibets. Seules les anecdotes contées par Tallemant en font foi.

Plus tard;, elle fait le personnage lidicule de tous les paniplilets littéraires, de la Requête dos Dictionnaires comme de la Comédie des Académistes. H n'en est pas un où elle n'apparaisse, en représentante éternelle d'idées surannées, adversaire de Yaugelas après l'avoir été de Malherbe, triplement comique dans son rôle de vieille fille, de pédante et de revenante de l'autre siècle.

Mais, avant d'arriver à la vieillesse, elle s'était sentie abandonnée. Dupleix et Lamothe le Yayer, quoique de ses amis, étaient déjà loin de raisonner comme elle, le dernier surtout. Elle en avait à la doctrine même et eux ne combattaient plus que l'exagération de la doctrine. De sorte que, abandonnée, elle finit par consentir à coi-riger Montaigne, bien légèrement il est vrai. Néanmoins c'était abdiquer.

Jl n'y avait plus, à celte é[)o(jU(\ autre chose à faire, en présence des exigences du goût nouveau.

Dès KHO-KilT), on sent à toutes sortes de symptômes que les vieux maîtres de Tancienne langue, les poètes surtout, vieillissent, et que l'opinion cesse définitivement de se régler sur ces modèles.

Collelet iu;)us rapporte que vers ce même temps, la nu-moiic du célèbre sonnet deLaugier de Porchères : Cr ur sonl pas des i/t'ii.i\ se

(1) « H se void beaucoup de pièces chez aut'uns de ces l'oetes nouveaux, qui peuvent faire honneur à leurs Autheurs, pourveu qu'ils recoguussent leur mesure ". {Ouib. 142).

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