PREMIERES APPLICATIONS DE LA DOCTRINE
i8S4 : La doctinne de Monroë au Congrès de Panama.
Le caractère profondément pratique des Américains du Nord devait refuser à la doctrine de MonroC un caractère abstrait qui les obligeât, avec une inflexible rigueur, à en appliquer les principes dans toutes les tentatives de colonisation ou d'intervention des puissances européennes. La doctrine de Monroë avait été créée pour porter remède à une situation particulière ; mais les Américains ne voulaient pas qu'elle engageât d'une façon éternelle leur politique extérieure : ils se gardèrent avec soin de lui donner la sanction législative qui aurait fait d'elle non plus une
doctrine, mais une loi (1); ils fournirent bientôt la preuve qu'ils entendaient réserver l'avenir d'une façon absolue.
Dès le 20 janvier 1824, M. Clay essayait d'obtenir pour le message du 2 décembre précédent la consécration des assemblées qui lui faisait défaut, et il soumettait à la Chambre des représentants la résolution suivante : « arrêté par le Sénat et la Chambre des représentants assemblés en Congrès que le peuple de ces états ne verrait pas sans une sérieuse inquiétude une intervention armée des puissances alliées de l'Europe en faveur de l'Espagne pour réduire à leur sujétion ancienne ces parties du continent d'Amérique qui ont proclamé et rétabli pour eux-mêmes respectivement des gouvernements indépendants et qui ont été reconnus solennellement par les États-Unis ». Il semblait que cette résolution dût réunir tous les suffrages et consacrer par une mesure législative la simple déclaration du Président ; mais les Américains craignirent de voter une motion qui aurait engagé pour l'avenir leur liberté d'action en matière de politique extérieure : M. Clay, habilement circonvenu, déclara le 26 mai « qu'il s'abstiendrait d'imposer à l'attention de la Chambre sa résolution, et qu'il la laisserait dormir là où elle repose maintenant sur la table ». On lui avait en effet suggéré des raisons de politique pour expliquer sa conduite : « cette résolution proposait une expression des sentiments du Congrès à l'égard d'une attaque qu'on supposait méditée par l'Europe alliée contre l'indépendance de l'Amérique espagnole, mais les événe-
(1) Galvo, p. 43. Voir également, p. 52, note.
ments, depuis le message du Président, prouvaient que si une telle intention avait été sérieusement nourrie, elle avait été abandonnée, et qu'adopter cette résolution dans l'absence de preuve suffisante de Texistence d'un tel dessein pourrait être estimé sinon offensant, du moins peu amical ».
Mais si les Américains du Nord n'avaient pas voulu adopter une mesure qui les aurait pour l'avenir engagés vis-à-vis d'eux-mêmes, ils ne tardèrent pas, lors de la réunion du Congrès de Panama, à refuser de prendre des engagements vis-à-vis des Américains du Sud.
On sait dans quelles circonstances ce Congrès avait été convoqué. Nous avons vu le soulèvement des colonies espagnoles pour rindépendance et la liberté. Trop faibles pour lutter isolés contre leur ancienne métropole et s'opposer à l'intervention menaçante de la Sainte -Alliance, les nouveaux états républicains, frères de sang, d'aspirations communes, devaient chercher à s'unir, et quelques-uns rêvaient pour les peuples latins du Nouveau-Monde une vaste fédération, analogue à celle qu'avaient fondée à leur grand avantage les anciennes colonies anglaises. Dès 1822, le Président de la Colombie avait invité les Gouvernements du Mexique, du Pérou, du Chili et de Buenos-Ayres à déléguer des représentants à une conférence chargée de former une alliance intime entre leurs patries. Mais les rivalités personnelles, qui devaient amener tant de déchirements et de ruines dans l'Amérique du Sud, avaient empêché la réalisation de ce rêve, et quelques unions isolées
RINE DE HONROË
is : par un traité du 6 juin 1822, d'alliance offensive et défensive IX états s'engageaient en outre à i du Sud de contracter un pacte traités analogues étaient signés le imbie et Buenos-Ayres, le 3 oc- ;t le Mexique.
doctrine de MonroË avait exalté usiasme des nouveaux états. Bopublique péruvienne, était partissité d'une union. Sa valeur, son de ses services — dès 1810, il 1 contre la domination espagnole lation hors de pair dans l'Amériibte 1824, il renouvela aux noule conférence qui leur avait été le Président de la Colombie ; son 22 juin 1826. les plénipotenilombie, de l'Amérique centrale lient à Panama. Un envoyé anidais — spécialement invités — laîs sans prendre part aux délis américains, également convoarrivés il Panama.
iroement britaonique s'explique : doqs islile k une interventioD de la Saiotesion de l'envoyé néerlandais avait un o).
11 semblait que les Ëtats-llDls dussent sais pressement une occasion d'affirmer le princip* et de lui acquérir le suffrage des nouveaux é il n'en fut rien.
Les Américains craignii'ent de se lier pourl'i façon trop étroite, s'ils prenaient l'engagement en toute circonstance la doctrine de Monroé. Ils admirablement qu'elle pouvait, selon les cas, une arme d'une incomparable puissance, ou 1 à des interventions inopportunes et nuisibles dèrent de garder une complète liberté d'acti membre du Congrès interprétait d'ailleurs d'ui férente le nouveau principe : « Le Congrès de T dit M. Calvo, retentit à cette occasion de déclai lement vives et d'opinions si tranchées qu'elles presque les bases de la doctrine de Monroë ». J un des membres les plus influents du Sénat qi venir Président de la Grande République, déc la doctrine de Monrofi était la simple expressi nion de l'exécutif, destinée probablement à p effet surles conseils de la Sainte- Alliance. En pr effet, ajoutait-il, elle a probablement exercé ur s'il en est ainsi, elle a atteint son but » (1).
Nous avons vu (p. 32 et s.)dans quelles propi sidérables, le Président Adams et le secrétaire avaient réduit la spbère d'application du princ