‹ La doctrine de MonroëChapitre 6 sur 14 · PREMIERES APPLICATIONS DE LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

PREMIERES APPLICATIONS DE LA DOCTRINE

La doctrine ds Monroe au Congres de Panama.

Le caraclere profondement pratique des Americains dn Nord devait refuser a la doctrine de Monroe un caraclere abstrait qui les ohligeat, avec une inflexible rigueur, a en appliquer les principes dans loutcs les lenlatives de colonisation ou d'inlerveotion des puissances europeennes. La doctrine de Monroe avail ete creee pour porter remcdc a une situation particulierc; mais les Americains ne voulaient pas quelle engageat d'une facou elernelle leur politique exterieure : ils se gardereal avec soin de lui donner la sanction legislative qui aurait fait d'elle noo plus une doctrine, mais une loi (■).

Des le 20 Janvier 1824, M. Clay essayait d'obteoir pour

(1) Calvo, p. 43. Voir egalement, p. 56, note.

lessage du 2 decembre precedent la consecration des mblees qui lui faisail defaut et, il soumettait a la mbre des representants la resolution suivante : « Arrele

le Senat el la Chambre des representants assembles jongrcs que le peuple Je ces Etats ne verrait pas sans

serieuse inquietude une intervention armee des puis :es alliees de 1'Europe en faveur do 1'Espagne pour lire a leur sujetion ancienne ces parties du continent nerique qui ootproclame et retabli pour eux-mfimes leclivemenl des Gouvernements independants el qui etc reconnus solennellemenl par les, Etats-Unis >■. 11 Mail que cette resolution dut reunir tous les suffrages, s les Americains craignirent de voter une motion qui elepoureux un precedent obligatoire. M.Clay, habileit circonvenu, declara le 26 mai « qu'il continuerait abstenir d'imposer a 1'atlention de la Chambre sa reition, et qu'il la laisserait dormir la oil elle repose ntenani, sur la table ». II trouvait en effet des raisons lolitique pour expliqucr sa conduile : « cette resolution posait une expression des sentiments du Congres a ard d'une altaque qu'on supposait medttee par l'Eub alliee contre 1'independance de l'Amerique espale, mais les cvenemeols, depuis le message du Presit, prouvaient que si une telle intention avail ete msement nourrie, elle avail etc abandonnee, et qu'ater cette resolution dans l'absence de preuve suffisanle 'existence d'un tel dessein pourrail etre eslime sinon nsant, du moins peu arnica! ».

M. Clay (•tail d'ailleurs bien inspire, car sa resolutio n'eut pas ete adoptee si elle etait venue en discussion : t est du moins l'avis de M. Polk, un des membres de l'A semblee les plus influents, dont nous connaissons deja 1 nom.

Si les Americains avaient refuse dans cette circoo: tance d'etablir un precedent qui pourrait peut-etrc 1> engager dans l'avenir a s'opposer a une intervention c l'Europe, ils refuse rent bient&t apres, lors de 1'affaire d Congres de Panama, de prendre des engagements vis-j vis des Americains du Sud.

Rappelons brievement les conditions dans lesquelli fut convoque ce Congres. Nous avons vu le soulevemei des colonies espagnoles pour l'independance et la liberl Trop faiblcs pour lutter isoles contre leur ancienne m tropole et s'opposer a l'intervention menacante de la Sainti Alliance, les nouveaux Etals republicans, freres de san; d 'aspirations communes, devaient chercher a s'unir, quelques-uns rfivaient pour les peuples latins du Nouvea Monde une vasle federation, analogue a celle qu'avaiei formee a leur grand avantage les anciennes colonies at glaises. Deja en 1822, le President de la Colombie ava invite les Gouveroemenls du Mexique, du Perou, du Chi et de Buenos- Ayres a deleguer des represe ntants a ut conference chargce de former une alliance intime enti leurs palries. Mais les rivalites personnellcs, qui devaiei amener tant dc dechircinents et de ruines dans I'Ameriqt du Sud, empfichcrent ce reve de se realiser, ct quelqu

urent settlement conclues : par on traite du Perou signait un traite d'alliance offensive c la Colombie; Ies deux Etals s'eugageaienl ;itcr tons les Elats du Sud de conclure un perpeluelle. Des trailes analogues elaient 1 1823 cntrc la Colombie et Buenos-Ayres, re la Colombie et Ie Mexique.

ion de la doctrine de Monroe exalta au plus thousiasme des nouveaux Elats. Bolivar, Rcpublique peruvienne, etait partisan con- :essite d'une union. Sa valeur, son intelliiete de ses services — des 1810 il avail suclaconlre la domination espagnole — lui ifualion hors dc pair dans 1'Amerique du ibre 1821, il rcnouvela aux nouveaux Elats onference qui leur avait ete deja adressee 'resident de la Colombie; son appel fut enjuin 1826, les plenipolentiaires du Perou, de 1'Amerique cenlrale et du Mexique se 'anama. Un envoyc anglais el un envoye xicialement invites — assistaient aux reuis prendre pari aux deliberations i*l. Les ains, egalement convoques, n'claient pas Panama.

»ite au Gouveraement britannique s'eiplique : nous montre hostile k una intervention de la Sainte- Alliance Bsion de I'envoyd neerlandais avait un carectere pa-

ue les Etats-Unis dussent saisir avec emoccasioD d'af firmer le principe de Monroe rir le suffrage des nouveaux Etats libres;

is craigoireot de se lier pour 1'avenir d'uoe e en prenant 1 'en gage meat de defendre en ce la doctrine de Monroe. lis comprirent

qu'elle pouvait, selon les cas, leur fournir

incomparable puissance ou les entrainer jqs inopportunes et nuisibles, et ils decir leur liberie d'aclion. Chaque membre du etait d'une facon differcnte le nouyeau

Congres de Washington, dit M. Calvo, occasion de declamations tellement vivos tranchecs qu'elles delruisirent presque les ;trine de Monroe ». James Polk, un des lus influents du Senat qui devait devenir Grande Republique, declarait « que la doc-

elaitla simple expression de 1'opinion de lee probablement a produire un effet sur la Sainte-Alliance. En produisant eel effet, a probablement exerce une action, et s'il en atteint son but W ».

a (p. 36 et s.) dans quelles proportions conresident Adams et le secretaire d'Elat Clay a sphere duplication du principe Monroe'

colonisation. « Adams, till Lawr on a I'egard des colonisations e ntre Ies Etats qui seraient represe equel chaque Elat s'engagerait a i

moyens tout etablissement full mi i.i dans les luniles de sod terrili lered'application du principe d'inl sprit de I'immense majority des ns, etre egalementreduitedansd n discours de M. Daniel Webst

14 avril 1826, est reste celcbre stanl Interpretation la plus cxac ie la doctrine de Monroe : « Ell

tout eve Dement, disait-il, que n chaque expression de sentiment I sances de l'Europe a I'egard de 1' Si, par exemple, tous lcs Etats de avoir des relations commerciales

jusqu'a ce que ces Etats fussenl on ancienne, cela ne nous aura nterventioo. Ou, si un armement

pour agir contre les provinces les mme Ie Chili ou Buenos-Ayrcs, '.

Taction, diminuant notreapprehi iuant aussi nos moyens d'inlerv ait obliges a nous conlenter d'u cas bieo different serait survent ie et cquipee par ces puissance:

lu golfe du Mexique, et avail eutame la e voisinage immediat. Un tel evenement ml etre reganle comma dangereut pour pour ce motif, reclamer de noire part une idee el immediate. Les sentiments el la es par la declaration ainsi comprise etaieot iile slricle avec uotre devoir et notre in-

ae de Monroe, « ainsi comprise », parait peu au message presidentiel du 2 decern - [u'il en soil, « ainsi comprise », elle ne ins loutes les circonstances a la politique t « le veritable crilerium pour juger de devenail, comme le fail remarquer M.

ice, soit d'un danger positif, soit d'un dans eloigne pour les Elats-Unis ». Elle pererement de sa grandeur, en cessant d'etre isinleressee : elle s'affirmait non plus 3 invariable et d'une application univerie une regie de politique souple et egoisle, t, suivant le cas, d'invoquer ou d'oublier.

uve non equivoque du desir des Ameringager l'avenir, fut le refus de la Chambre ;s d'accorder a leurs deleguee a Panama isantspour faire ceuvre utile. « C'est I'opibre que le Gouvcrnement des Elats-Unis iresenfe au Congres de Panama, si ce n'est

lint de vue diplomatique, qu'it n'a pas A fo ance avec loules ou certaines Republiques ines, et qu'il o'a pas a participer avec el aration commune, pour empechcr l'intervenli puissance europeenne dans leur independan* e Gouvernement, ou a aucun pacte dans If :her la colonisation sup les continents de l'Ai lis le peuple des filats-Unis doit fltru laisse lans n'importe quelle crise, de telle facon qu ols d'amitie envers ces Republiques, son p r el sa politique speciale peuvent le lui dictf I memo H.

resolution, qui est devenue ('expression veri ictrine de Monroe, ne Cut adoptee qu'a une I b, par 99 voix contre 95 ; mais « des objections oellesn (Webster) avaient seules empeche une imite. « Si cette resolution, dit M. Moore, qui ie. comme un amendement au projet de loi a e principe dont il s'agit ici aui depenses des j ires a Panama n'avait pas ete I'objet d'un ve i qui se serai t presentee en sa faveur aurait ete unsidepable ».

■mile des Affaires etrangeres du Senat s'etait •ononce contre renvoi desdelegues; la missic i ne Tut approuvee qu'apres cinq mois de deba nation des envoyes — dont les pouvoirs elaiei treinls — tut volee le 14 mars t826 par 24

mli: des fitats-Ums paralysa faction i;res. Ceux-ci avaient adopts la dociscutaient les moyens de la rendre Uois elaient opposes a celle effectiresumees par M. Calvo, les instrucaoees a leurs e moves : « lis devaient ferences, a la condition qu'elles seplomatiques el non legislatives, ct ml ae su rait oblige par le vote de la traite eut ete rati fie conforms men I a ive. Se mainlenant dans les bornes rvee par les fitats-Unis a l'egard de onies, ils devaient ne contracter aue; ils devaient enfin. conseiller aux > de n'accorder a aucune nation des

ongres furent des plus mediocrcs : t elaient represenles. lis conclurenl d'amitie eternelles auqucl tous les adherer, el ils sign e rent unc convenngcnt militaire demande a chacune tes pour la defense commune; puis, jongrtu se continuerait a Taculaya.

issemblee diplomatique; la raliGcadoptees par les delegues de chaque ensable : settle, la Colombie ralifia les. Des deux envoyes Americains, lant dans 1'isthme ; le second arriva

a Tuculaya, mais le Congres projete ne fut jamai

Affaire du Texas.

5 fitals-Unis firent dans 1'afla.ire du Texas un douv* i de leur liberie d'aclioa reconquise, en donnant affaire une solution direciement conlraire h celle qu laientdicter les principes de Monroe.

1823, ils avaient au Sud-Ouest le Mexique pour vo mais les luttes civiles qui dechiraienl ce pays et l'exii

de la monarchie d'Hurbide avaient empeche le G;

de Washington, malgre ses sympathies pour la m mexicaine, de reconnaitre le nouvel Etat. C'esl e

seulement, apres la chute d'Hurbide, que des rcl;

diplomaliques s'etablirent enlre les deux Elats qi ient le 12 Janvier 1828 un traile de limiles; il ne d itre longtemps observe.

Texas, un des plus vastes Etats de la Confederate caine, et donl la superficie egalait celle de la Fran< i l'Espagne reunies, devenait au Sud la frontiere d< -Unis; il etait tres peu peuplc, et tous les Gouvernt a qui s'etaient succedes a Mexico avaient pris des in< ( pour favoriser son developpement. Mais les faveu

jouissaient les Texiens avaient excite lemecontent t des autres Elats mexicains; Santa-Anna en 1835 d.

les aulorites autonomes du Texas et declara qu'it fo iil a l'avenir une simple province mexicaine : le Tex

us la conduite d'Houslon, battit Santa-Anna rencontres, et cooquit son independence le < au combat decisifde San-Jacinto. 11 devint joe libre que plusieurs Etats, notamment la gleterre et les Etats-Unis, ne tarderent pas a

uatlou de la nouvelle Republique etait tres e ses deux puissants voisios. Les Americains is nombreux au Texas (ils comprenaient la population), poussaient leur nouvelle patrie a icienne. Le Gouvernement de Washington i neutrality pendant la guerre, mais il suivait if interet tout ce qui se passail cbez son jeune s soutenail ouverleinent contre le Mexique qui recoonaitre les faits accomplis. Son attitude 3ouvernement de Mexico etait peu amicale; sage de decembre 1836, le President Jackson Congresque le minislre du Mexique avait deisseports « parce que les devoirs du Gouveriin en vers lui-meme, qui n'excluaient nulledevait au Mexique, ainsi que les stipulations avaient force de permeltre a un officier supenee americaine de se porter sur le lerritoire Tie partie integrante du Texas, afln de protenecessaire, soitla frontiere americaine, soil la ine contre les depredations des Indiens 0) ».

our Wheaton, II, 335.

ne temps, les Americains soutenaicnt avec ha testations de leurs concitoyens qui se prelum is par le Gouveroeineot mexicain, « nouveau:

mecontenlements, disait Jackson, donl quel t pris un tel caraclere qu'ils exigent une pn rancc el une satisfaction complete et immedi sident Van Buren, successeur de Jackson, se us violent encore; il demandait une action ei apres uiur examen, dcclarail-il, considerant 1' ste par le Gouvernement mexicain, je me voif ible neccssile de soumetlre a nouveau la qu gres, auquel il apparlient de fixer 1'epoque, le •oportion de la reparation a exiger ».

accommodemeot parut cependant iatervenii

et une Convention fut meme signee, stipule ition d'une commission mixte, chargee de s < reclamations des citoyens americains. Le 1

serait choisi comme arbitre, dans le cas t ssaires ne parviendraient pas a s'accorder.

; reconciliation des FJtats-Unis etdu Mexique ovisoire; les travaux des commissaires ne I

ratifies.

rentable raison du differend subsistait : les esiraient s'annexer lc Texas, et le Mexique ne r is a l'idee de reconquerir son ancienne pro e par les guerres civiles, en lutte avec la F

flotte bombardait Sainl-Jcan d'UIloa, impuis

I'ordre sur son terriloire, il declarait que l'anr

du Texas aux Elats-Unis cquivaudrait k]une declaration de guerre.

Mais lcs circonstancesetaientbien tentantes pour decider le Gouvernement de Washington k oublier un instant la doctrine de Monroe en prononcant Tannexion k son territoire d'unfilat am6ri(*ain. « Les fitals-Unis, disait le President Tyler dans son message du 5 decembre 1844, sont directement interesses k ce que les hoslilites entre le Texas et le Mexique se terminenl. Cette guerre, en se prolongeant et en affaiblissant les deux parties belligerantes, pourrait amener une intervention de parties plus puissantes, qui, n 'ay ant en vue que leurs interfits pecuniaires, pourraient dieter aux deux parties des conditions aussi desavantageuses k la nation qui les subirait qu'aux 6tats-Unis. Nous ne pourrions tolerer une intervention qui serait k notre desavantage. Le Texas n'est separe des fitats-Unis que par une ligne geographique. Le Texas, suivant Topinion de plusieurs personnes, faisait partie integrante du territoire de rUnion; sa population est homogene, son commerce est le meme que celui des fitats limitrophes, la plupartdes habitants de ce pays ont appartenu k TUnion, et les institutions politiques y sont les m£mes. Les devoirs poliliques pourroryt contraiodre les autorites des Etats-Unis k adopter une politique determinee par 1'obstinalion du Gouvernement mexicain. Dans ce cas le pouvoir executif fera un appel au patriotisme du peuple pour qu'il soutienne lc Gouvernement ».

La crainte d'une intervention europeenne etait pure-

merit illusoire. La conduite pleine de moderation de France apres 1'affaire de Saint-Jean d'Ulloa eiit snfii rassurer les Americains les plus soupconneux; mais ur ligne du message exposait la raison qui pouvait motive a defaut de toule autre, la necessile de l'annexion : « I Texas n'est separe des filats-Unis que par une ligne g& graphique ».

Krifin, une nouvelle raison, inavouee celle-la, pousss a l'aaneiion les democrates alors aux affaires. Le Tex; elail un Etat ou I'esclavage etalt demeure en vigueur les liommes qu'il enverrait dans les assemblies de Wa hioglon devaient venir renforcer le balaillon des partisai de I'esclavage, qui avaieut a subir de la part des republ cains, pour la plupart rcpresentants du Nord et de 1'Es de furicuic aSsauls.

Dans ces conditions, ('annexion etail immincnte : l'instigation habile des Americans, elle fut d'ailleurs d mandee par les Texiens eux-memes; mais a leur grai etonncment, le Serial, qui devait ralifier le traite sigt entre les Republiques du Texas et des Etats-Unis, repoussa; la majorite des 2/3 exigee par la constitution i fut pas atteinle, par suite de la defection des senateu republicans.

II semblait que la question fut enlerree, le consent ment du Scnat ctant formellement necessaire pour la rai Gcatiou et la complete execution des traites. Mais, battu < ce cote, le President Tyler se retourna vers la Chamb des represeutants ou son parti formail la majorite : « L'a

torite du Congres, dit-il dans un message du 10 juin 1845, est competente d'une autre maniere pour faire tout ce qu'aurait pu faire uae ratification formelle du traits ; et je croirais manquer k mon devoir vis-i-vis de vous ou vis- &-vis du pays, si je .ne vous communiquais pas toutes les pieces qui ont et£ sous les yeux du pouvoir executif, afin de vous mettrc en etat d'agir en pleine connaissance de cause, si vous le jugez k propos ».

Sur ces entrefaites, le Gouvernement de M. Guizot et le Gouvernement britannique offrirent leur mediation au Mexique et au Texas. Le nouveau President James Polk dont nous avons deja vu la politique dans Faff aire de TOregon (*) protesta avec hauteur. Polk restreignait k TAmerique du Nord le principe de non-intervention, comme il avait fait pour le principe de non-colonisation, mais il revendiquait pour son pays le droit exclusif de traiter avec les fitats libres de l'Amerique du Nord : « Recemment, disait-il, dans le message du 2 decembre 1845 dont nous avons deji cit6 des extrails, la doctrine a ete emise par quelques-unes des puissances de TEurope d'un equilibre de pouvoirs sur ce continent pour enrayer notre avancement. Les Etats-Unis ne peuvent pennettre, en gardant le silence, aucune intervention sur le continent de l'Amerique du Nord, et, si une pareille intervention etait jamais tentee, ils seront prfits k resister k tout hasard. Nous devons toujours mainlenir le principe que les peuples de ce continent

(1) Cf., p. 42.

seuls out te droit de decider de leur propre destitute. £ quelque portion d'entre eux, se constiluant en Etat indepeo dant, proposait de s'unir a notre cod federation, ce serai une question a Irancher enlre eux et nous, sans qu'an< intervention etrangere soil possible. Nous ne pouvoo jamais conscntir a ce que des puissances europeenne puisscnt intervenir pour empccher une telle union, sous 1< principe qu'elle pourrait troubler l'equilibre du pouvoir » La menace d'une intervention europeenne entre I Mexique et le Texas, que lc President Polk faisait miroi ter aux yeux du peuple americain, dec id a de la question un des articles du programme presidentiel etait d'ailleur une action energique dans les affaires dc 1'Oregon et di Texas. Nous avons vu la conduite de Polk dans l'affaire d( 1'Oregon; il ne voulait pas subir un echec sembtable ai Sud, et il resolut de parler plus haul avec le Mexiqut qu'avec la Grande-Brelagne. Les Amcricains eurent recours a ce que Lawrence appelle « un expedient compatible avec la constitution », el qu'il resume ainsiW. « Le: deux Cbambrcs du Congres passerent une resolution ap prouvee par le President par lequel elles donnaient leui consentement a ce que le terriloire compris dans la Republique du Texas fut erige en Etat sous le nom d'Eiat du Texas. II fut coDvenu que le Gouverncment de l'Etal aurait une forme republicaine, et que celle-ci serait adoptee pour le peuple dc ladite Republique par des delegue;

(1) Lawrence sur Wlieaton, II, 335.

nommes a cet effet. Les couditions posees par les fitals- Unis ayant ete acceptees par le Gouvernement existant du Texas, et le peuple ayant en convention elabore une constitution pour T^tat, laquelle fut soumise au Congres, le Texas Tut admis dans Funion sur un pied d'egalite avec les autres tftals » (29 dec. 1845).

Le Texas, dit M. de Martens, avait consomme Vimmersion de sa nationality dans l'union americaineO).

La volonte du peuple texien legitimait dans une grande mesure Tannexion qui fut faite, mais cette annexion etait bien peu conforme h la primitive doctrine de Monroe, puisqu'elle depouillait un fitat americain libre, le Mexique, d'une province sur laquelle il ne cessait d'emettre des pretentions et de reclamer des droits. Elle amena une guerre entre le Mexique et les fitats-Unis. Cette guerre, entrecoupee de negotiations, fut desastreuse pour 1c Mexique, et le 14 septembre 1847 le general Scott s'emparait de Mexico.

Les Americains ne voulurent retirer de leurs victoires que des avantagcs terriloriaux : ils garderent le Texas, mais reconnurent en quelque sorte l'injustice de leur conquete en payant au Mexique une somme de 15 millions de dollars (traite de Guadalupe-Hidalgo ratifie 4 Queretaro le 30 mai 1848).

« Le Mexique, conclul avec une juste ironie M. Merignhac, le Mexique, qui avait figure dans les quatrc Etats

(1) Nouveau recueil gindral des traiUs, 1847, VII, p. 23.

sentes au Congres de- Panama, d ,'it comprendre al( |uoi le Gouvernement de Washington avail decla devait s'absfenir de faire cause commune avec , ( Etats m cette circonstance a/in de garder tot i daclion suivant ies ivinements ».

Atlaire da Yucatan.

meme liberie d'aclion que se reservaient Ies £ta devait Ies amener, peg. d'annees plus lard, a obsen ['affaire du Yucatan une attitude strictement co ; a la doctrine de Monroe.

res Interpretation limitative ct restrictive de iter, apres la doctrine Polk, qui declarailtouie don >i Douvelle d'un £tal europeen dans l'Amerique prejudiciable aux Elats-Unis, et toute intervention ope desormais interdile, Ies circonslances amenert lats-Unis a interpreter la doctrine de Monroe dans le Monroe.

Yucatan s'etait revollc centre le Mexique, et ; anls avaient offerl en meme temps aux Gouven s des Elats-Unis, de 1'Anglelerre et de 1'Espagne >nner a eux. Le President Polk recommanda res dans un message du 29 avril 1848 d'accep s qui lui elail faite, declarant que la doclrine Mom Dsait formcllement a cc que le Yucatan, terre an ie, passal aux. mains d'une puissance de l'Europe.

— sill semblait que la politique recemmenl suivie a 1 du Texas fut un precedent obligaioire ; il n'en fut ric tnajorite du Senat fut resolument hostile a I'anu Craignant peut-etre des difficulties avec l'Europe, on '. penses qu 'en trainer-ait une nouvelle guerre avec le que, craignant aussi que l'annexion du Yucatan, pouvait 3tre pour eux une frontiere comme le Tex fut une lourde charge, les senateurs refuserent eel de suivre le President Polk. M. Cass, a qui sa situat familier de la Mai son Blanche donnait une impo particuliere, ouhliant que son ami le President Poll recemment declare toute domination europeenne no interdite en Amerique, defendil au Senat les ver principes : « Le Yucatan, dit-ii, a le droit d 'alter peut le faire avec sa suzerainele en main, de den protection aux puissances de la terre el d'otfrir sa obeissance en retour pour celle-ci. Que le Yucatan agir ainsi, sans nous donner le moindre motif d'offe de cclle facon accornplir sa mission sans elre impliqt une controverse avec nous, voila ce qui est Irop cla elre mis en question ». Repondant a un discours Niles qui atlirail 1'attention du Serial sur les empiel de 1'Angleterre dans le Venezuela, le mSme M. C sait : « L'honorable senateur du Connecticut consi reiteration du principe par l'executif actuel et pe son enonce original par M. Monroe comme la revi tion d'un droit a rcglertoules les affaires du conline aulant qu'il s'agisse d'Huropeens. Mais ccla, Monsi

comprehension absolrnnent fausse de toule la qnes- . Elle a cependant prevail! assez geo^raLement, ici et urs, bieii qu'il me semble que l'examen le plus super- I du message doot il s'agit aurait corrige on plutot enu cetle erreuc flagrante. Aucun de ces Presidents, ancien ni l'aciuel, n'onl eu la pretention d'interveoir i les droits exist ants d'autrcs nations sar le continent, un ni l'autrc n'onl mis en question le droit do celles- 3 garder et d'ameliorer les colonies qu'elles posseit, seloo leurbon plaisir. Une telle pretention aurait

la fois tracassiere et inefficace ; et comment 1'opinion i eic avancee a pu prevaloir, c'esl ce que personne ne

dire, car dans les documents eux-memes la vraie docest prudemment conservee, et les droits existaats soot ideres commc inaltaquables' 1 ) ». M. Callioun, ancien :laire d'Etat a la guerre sous la presidence de Monroe, :stait egalcment dans la discussion de l'affaire de I'O- (i qui avait lieu a la meme epoque contre l'exlension VI. Polk voulait donner au principe de non-interven-

il s'elevail, nous l'avous vu (p. 44), contre I'idee que : intervention d'un Etal europeen dans les affaires d'uo americain porlail prejudice aux Etats-Unis, el il cont a la necessite de ramener la doctrine de Monroe a ens primitif. issi, quand un bill fut propose au Senat le 4 mai 1848

Rev. de dr. int el de Ugh. comp., 1896, p. 318, article de M.

permettant au President « J operer militairement roccupaiioa temporaire du Yucatan », fut-il renvoye au Comite des Affaires etrangeres; en vertu de ses pouvoirs considerables, le President de ce Comite laissa 1' affaire en suspens sans soulever de trop vives protestations et empecha qu'elle fat mise en discussion. Le Yucatan ne tarda pas k retomber sous la domination du Mexique.

La veritable doctrine de Monroe avail et6 une fois regulierement appliquee.

Aifaire du Mexique.

L'elablissement de la monarchic de Tarchiduc Maximilien au Mexique amena de vives protestations de la part des fitats-Unis. L'Empire mexicain etait en effel la creation d'u-ne puissance europ^enne qui devail le considerer un peu comme une de ses colonies, et cette intervention etait formelJement interdite par la doctrine de Monroe (*).

L'intervention de FEurope n'aboutit pas tout d'abord a la creation de TEmpire : TAngleterre, TEspagne et la France, dont les nationaux avaient ete molestes par le Gou-

(1) Lawrence ear Wheaton , II, p. 339, L intervention europeenne au Mexique.

rnement mexicain n'avaient pu oblenir pour eui les satis ;tions qu'ils demandaient ; le 31 oclobre 1861 les trois issanccs signerent une convention par laquelle elles ngageaient a faire rendre justice a leurs ressortissants, besoiu par la force. La France promettait« de ne relirer sa demonstration aucun avantage politique ou commer- 1 a 1'exclusion de L'Espague et de la Grande-Bretagne me me de toute autre puissaoce » ; mais le Gouvernement penal ajoulait que « sans vouloir assumer laresponsaite d'une intervention tlireclc dans les affaires inleures du Mexique, il pensait qu'il etait de la prudence i deux Cabinets (France et Angleterre) de ne pas decou- ;er les efforts qui pourraicnt etre tentes par le pays luime pour sortir de Petal d'anarchie ou il etait plonge ». Toute la politique qui devait suivre etait en germe dans Le phrase (*). Mais le desir si neltemeut avoue de la ince d'intervenir au Mexique avait une autre raised fort iressante, que resumail ainsi M. Michel Chevalier : leux motifs de politique generale peuvent etre assignes expedition ; l'un est d'interet europeen, universel ; ce a d'opposer une barricre a l'invasion imminente de la ilile du continent americain par les Elats-Unis. L'autre, de la politique frantaise, serait de garantir et de ver d'une mine irreparable, non seulemenl le Mexique,

) Ce disir d'intervention etait dans une eertaine meeare expliqui^ par institution anarchiqne du Mexique, qui, en quarante annees, avait eu residents et avait modififi 36 fois la forme de son Gouvernement. Lea igers ne jouissaient au Mexique d'aucune garantie.

ameau espagnol tout entier de la civilisation Nouveau-Monde !').

juvememeot francais fut-il amene a conceandiose si elle eutreussi etsi elleeut ele cooux du peuple mexicain, de faire du Mexique iaie francaise, du nioins une sorte de pays de inrais.

dee restait encore inavouee : I'union paraisntre les sigDalaires de la Convention du 31 les Irois puissances inviterent les Etats-Unis »galement des griefs contre le Cabinet de indre a tiles. M. Seward declina cette offre, ppa son refus dans les tcrmes les plus cotirupposer que, dans d'autres temps, cette pro- 'unir a des Monarchies europ^ennes, pour jne Republique amencaine, eut recu un liferent : « II est vrai, disait M. Seward le 4 1, ainsi que le supposent les hautes parties que les Etats-Unis ont de leur cote des a faire au Mexiquc. Cependant, apres mure President s'est convaincu qu'il serait inople moment actuel de chercher a ohtenir adherant a la Convention. Par mi les raisons re cette decision se trouveot celles-ci : en les Etats-Unis preferent, autant qu'il est s'en tenir a la politique tradilionnelle que

p. du, p. 347.

leiir a leguee le Pere <le la Patrie, politique dont 1' rience a constate les heureux effefs et qui lout defe former des alliances arec des nations eirangeres second lieu, le Mexique est voisin des Etals-Unis s continent; eon sysleme de GouTernement reBEemb! n&tre sous beaucoup de rapports. Les Etats-Unis ont nature) lenient des sentiments de bienveiMance pour itepublique, et s'interessent a sa securite, a sa prospei a son salut(').

En meme temps, pour donner au Mexique une p effective de sa sympathie, le President des Etals-Um posait au Senat d'avancer a la Republique voisin. somme de ooze millions de piastres qui lui servirai desinteresser ses creanciers, mais le Senat refusa suivre dans cette voie. M. Thouveoel, qui yoyait regret disparaHre une raison d'intervention, declarait leurs que les puissances alliees « ne pourraient tionner une pareille transaction ». M. Seward se bo maintenir en theorie la doctrine de Monroe, mais sa iique etait impuissante a la faire prevaloir dans les

On sail comment la France s'engagea dans la guei Mexique qui devait lui elre si funeste. Apres la convi

(1) Wheaton, p. 349.

ledad oil les concessions failes par le Pre ■enl jugees suffisatiles par 1'Espagne et pai la France restait seule au Mexique.

vernemerit americain clait oblige, par les

politique inlerieure, de croire aux rues d

apparence du Gouvernement francais. La ; ission dechirait en effel le terriloire de la C ue, et jusqu'a l'automne de 1865, le Gou Sord devait avec le plus grand soin eviter <

sympathies de la France. Le 23 avril 181 email a M. Dayton, son agent a Paris :

s se sont places, en ce qui regarde la guerrt le etla France, dans una position qu'ils si -. Le Gouvernement, se confiant aux explii nt etc donnees, considere le conflit coninr sultan t des reclamations que la France t uxquelles le Mexique n'a pas donne la satisl demaodee : il n'y a done pas lieu d'inte jelligerants ».

rvernementde Washington ne contestait pi

droit de faire la goerre au Mexique. Le it, M.Seward, ecrivaitle21 juin : a La Fran lire la guerre contre le Mexique et d'arran) le-mcme. Nous avonsle droit et 1'inleret t [ue la France ne profile pas de la guerre c etablir au Mexique un gouvernement anti

anti-americaiu ou pour y maintenir un te it. La France a renonce a de pareils desse

quant a nous, outre que nous arons foi dans ties assurai donnees d'une maniere franche et loyal e, nous ser: en lous cas obliges d'attendre, et non pas d'anticiper, violation de ces pro messes ».

Les Americains se maintenaieot done sur un (errair droit inattaquable, tant que la France' ne demasquail ses intentions cachees : ils n'interviendraient que si Francais iastallaient a leurs porles un gouvernement ne Tut pas ame'ricain ou qui leur Tut hostile. Or quelc semaines apres cette declaration. Napoleon III enuine dans une tongue lellrc au general Forey commandant troupes fraucaises tous les avantages politiques et eco miques qu'il voyait a I'etablissement d'on Etat verital ment independant et Tort au Sud des Etats-Unis ( l ).

Cependant, les Confederes, pour relever leur ca chancelanle, esaajcrent de se poser en champions des terets de l'Union tout entiere et de se montrer meilh Americains que les Federaux ; ils feign i rent de croire a desseins de la France sur le Mexique et mime sur le Te et ils expulserent le Consul francais de Galveston. 11 y enlre les deux grands partis comme une surenchere de Iriotisme, surenchere moderee cependant par la ncces de ne pas avoir la France comme ennemie declaree. L chiduc Maximilien, grace a la pression a peine dissimi du Gouvernement francais, venait d'etre proclame En reur par uoe assemblee de notables (10 juillct 1863). C

(1) Cairo, I, p. 239.

i repondait aux vojux les plus chers de Naposlle lui pcrmettait d'acquitter une delte qu'il >ir contracted envers 1'Aulriche lorsqu'il avait

cette puissance la Venetie pour la donner a e resserrait encore les liens qui unissaient de- Mexique e( la France. Le nouvel Empereur ne :onnu par les Etals-Unis, le miaistre americain |uilta son poste avec un conge d 'absence pour

ademauder des leltres de ereance.

Seward n'osait pas aller plus loin. Dans une Iressee a M. Dayton a Paris le 23 octobre, il dele les Etals-Unis professent vis-a-vis du Mexique

principes qu'ils observent vis-a-vis des aulres ; n'ont ni le droit ni I'intention d'intervenir par

sujet du Gouvernement a etablir ou pour reniouvernemcnt imperial. Sans doute, i) pensait jii au Mexique est favorable au Gouvernement mais., d'accord avec leurs principes, les Etatsront les destinees du Mexique entre les mains pre peuple, et reconnaitront sa souverainete et tndance, sous n'importe quelle forme que le .icain veuille la maintenir ».

ernement francais ne rencontrail done encore istaace officielle de la part des Etats-Unis, et j deployaient une admirable energie pour conaximilien l'empire que lui contestait le Presi-

qs celte meme annee 1863, les Confederes sti-

des defailes ecrasantes a (jettysburg el a Vicksj torite federals redevenait maltresse de tons les

de la Virginie, des deux Carolines et de la Georlordistes affirmerenl aussitdt des principes cenla veritable tradition du Gouvernement atnerie 4 avril 1864, la Chambre des Representants de on votait a I'unanimite la declaration suivante : jres des Etats-Unis ne vcul pas, par son silence,

nations du monde dans l'idee qu'il reste spectafereot dee evenements deplorahles qui s'accomituellfiment au Mexique. U juge done a propos ;r qu'il ne convienl pas au peuple des filals-Unis laitre un Gouvernement monarchique eleve sur i d'un Gouvernement republican en Amcriquc auspices d'une puissance europeenne quelcon- Kait une veritable resurrection des principes de rnais la situation des Federaux n'etait pas encore lent solide pour que le Gouvernement put enlrer ivec la France, et M. Seward avail soin en en-

II avril a M. Dayton une copie de cette resoluavril, de le prier de faire remarquer au Gouver-

mperial, que, bien qu'elle parul Iraduire les s du peuple, die ne conslituait pas un acle legis- .vaot d'acquerir le caractere d'un acte legislate, ■ecevoir : 1° la sanction du Senat; 2* l'approba- 'resident des Etats-Unis, ou, en caS de dissentiissenliment renouvele des deux Cbambres da jm doit filre exprime par la major ile des 2/3 de

rps ». Et AL Seward affirmaH uiie fois de plus vait nullemeot dessein de se departir de la police Gouvernement-ci a suivie jusqu'ici en ce qui guerre existant entre la Fraoce et le Mexique. iue necessaire de dire que la Chambre des Res a agi d'elle-m£me, el Don sur aucune como du d£partement executif, el que le Gouverne- :ais serall preveau en temps raisonnable de tout at a ce sujet que le President peut juger dans uvenable d'adopler ».

taire d'Etat, tout eu rassurant le Gouvernement eservait habilement l'avenir. Dans les premiers amice 1865, les Sud isles etaient definitivement

9 avril, Lee capitulait avec les 25.000 hommes taienf ; le 10 mai, Jefferson Davis etait fait pri-

uoe proclamation d'amnislie etait adressee au lion, qui se refaisait entre Americains, se refaitient contre 1' Empire de Maximilien. Les Etatsnpensaient Juarez de son iodomptable tenacile lissant son Gouvernement et en lui envoyanl des e l'argent, et le Seoat ordonnait que les corres-

destinees aux consuls americains elablis au orteraient la suscriptinn Rfyubtique Mexicaine. m des armeee da Sud eausail aux imperialieies

mexicains une veritable slupeur; tout le mondi a voir les Etals-Unis agir, et, le 22 mai 1865, ecrivait a M. Bigelow, ministre americain a vif inter£t populaire qu'avail excite pendant l< aunees I'exislence d"une guerre civile de vas lions a eu pour effel de detourner jusqu'a un c I'altention des questions exterieures. Mais aujo interet s' efface rapidement, et Ton peut raiso s'attendre a voir le Congres des Etats-Unis e dans ses assemblies primaires porter plus gran sur les questions e'trangeres et priori pal em tin de nos relations avec la France au sujet du Me;

L'attitude des Etals-Unis ne tardait pas a Mexique le parti de I'lndependance presque les brillants succes des troupes franchises. Les Juarez reprenaieat courage dans cette guerre aussi apre et implacable que la guerre d'Espag melee de brillants episodes oil la bravoure fa vaincus egalait l'etincelante valeur des vainque

Le (iouvernement francais se preoccupait viv nouvelle conduile du Cabinet de Washington, tail de celui-ci la reconnaissance de Maximili lui, cede reconnaissance sufflrait a terminer U vile au Mexique.

M. Seward s'y refusail, et il exposait sa cond Montholon dans one lettre du 6 decembre II sens indique clairement 1'evolution de la polit caine : « Nous reconnaissons, disait-il, le droit

idantes de se faire la guerre ei ;lent pas sur nos droits, et no lr i. ou noire legitime influence. I eotement des Elats-Unis est qu e I'armee francaise combat un in, profondement sympathise aria nation elle-meme, pour le lenient monarchique ctranger d , aussi longlemps qu'elle durerai e par les Elats-Unis que comme

pour les proprcs institutions r< isies et qui leur soot si chores (') ouvernement imperial ne voulul ndre cette menace deguisec du Ca I cssaya de lui demontrer que Mi m Irone par le libre choix. du p.

istence de monarchies sur le te lit pas fatalement nuire aux Eta recooau le Gouvernement iinper antflt oblige de ceder devant l'a les Elats-Unis; un grand mecon ps en France, determine par les c 'edition. Les troupes franchises j, remplacees dans les villages c soldats de Juarez, el le malhei an milieu de son peuple hoslil

?rence sur Vheaton, op. tit., II, 370.

adversaires implacables qui Fenvoyerenl an suppliee. Juarez devint le President iiicouleste de la Republique

La doctrine de Monroe triompbait encore; mais cette fois comme en 1823 elle avail une raison d'etre, la defense du principe de non-intervention. Les declarations de M. Michel-Chevalier et la lettre de Napoleon III au general Forey suffirent a prouver que les Elals-Unis etaient menaces d'un reel peril dans leur developpement economique. Leur conduite fut d'ailleurs irreprochable dans l'applicalion du principe: ils n'intervinrent pas tant que la France se borna a faire la guerre au Mexique; ils lui reconnurent formellcment ce droit. Mais quand un Empire mexicain fut cree, faisant de leur ancieo voisin un veritable pays de protectorat francais, les Elals-Unis — dont la moderation precedenle s'explique surloul, il faul bien le reconnaitre, par leur situation inlerieure, — ne tarderent pas a protester. L'appui moral qu'ils avaient loujours secrelemenl donne a Juarez avail empeche sod complet ecrasement; la declaration ofliciclle de leur sympathie obligea Napoleon III a rappeler ses troupes. Ce succes, qui eut toutes les apparences d'un acte desinteresse, fut un des plus brillants que rem porta 1'appticatioQ de la doctrine dc Monroe.

La doctrine de Monroe aprto la guerre de $6cessian.

Les Americains avaienl refaitl' Union, mais il leur restait k panser les plaies causees par leur lutte fratricide; ils s'y employerent avec une admirable energie.

Aussi, pendant les premieres annees qui suivirent, les £tats-Unis s'adonnerent-iis uniquement a des questions de politique interieure, gardant k l'exterieur une attitude pacifique et prudente. Le Chili avait des difficultes avec les puissances europeennes, M. Seward refusa d'intervenir activement : « Le Gouvernement des 6tats-Unis, declaraitil, maintiendra intacte la situation avec toute la decision et l'energie qui sont compatibles avec notre propre neutral ite actuelle, et insistera de fag on que le systeme republicain, qui est accepte par n'importe lequel de ces Glials de TAmerique meridionale, ne soil pas atiaque de gaiete de coeur, et qu'il ne soit pas renverse com me consequence d'une guerre dirigee par des puissances europeennes; mais le Gouvernement des Etats-Unis n'ira pas au dela de ces limites, et il ne se considerera pas comme tenu par cette doctrine de prendre part k des guerres dans lesquelles une Republique de TAmerique du Sud pourrait etre impliquee avec un souverain europeen, quand Tobjet de la guerre n'est pas Fetablissement a la place d'une republique renversee d'une monarchic sous un prince europeen » (2 juin 4866) (*).

(1) Revue de dr. int., article de M. Barclay, p. 516 et s.

Celte allusion aux affaires du Mexique etaitd'une netlete indisculable. Getle doctrine nous ramenait k des interpretations relativement moderees des principes de Monroe : les Etats-Unis ne garantissaient aux Ltats du Sud que leur forme de Gouvernement.

Mais, quatre annees plus tard, les plaies causees par la guerre civile etaient cicatrisees, et les fitats-Unis prenaient un prodigieux essor economique. L'idee de s'affranchir de 1'Europe se precise de plus en plus : dans leur isolement superbe, les Americains du Nord seront les maitres politiques et economiques de tous les Americains. Cette politique s'affirme.dans le rapport du secretaire d'etat Fish au President Grant le 14 juillet 1870.

« La doctrine de Monroe, disait-il, avait exerce une influence permanente surce continent. Elle fut d'abord invoquee en consequence du peril suppose que courait Cuba du cote de TEurope, elle fut appliquee a un danger similaire nienacant le Yucatan, elle revfitit un corps dans le traite des ttats-Unis et de la Grande-Bretagne concernant l'Amerique centrale, elle produisit Topposition heureuse des fitats-Unis a la tentative de TAngleterre d'imposer sa domination dans le Nicaragua, sous pretexte d'une affaire avec les lndiens Mosquitos, et elle reussit de la meme maniere a prevenir l'etablissement d'une dynastie europeenne au Mexique Les Etals-Unis se trouvent lies par des declarations repetees et des actes repeles a celte doctrine et a son application aux affaires de ce continent. Dans son message aux deux Chambrcs du Congres au commencement

ssion actuejlc, le President suivanl les enseigoele toute notre histoire, (lit que les depeodances es ne sunt plus desormais regardees comme souun transfer! possible d'une puissance europeenne autre. Quand la situation acluelle des colonies elles doivent devenir des puissances indepencxercant le droit de cboix et de contrdle personnel determination de leur condition future et de leurs s avec d'autres puissances. Cette politique n'est pas itique degression, mais elle s'oppose a la creation animation europeenne sur un sol americain, et elle c espoir et bonhetir venir le temps oil, par le depart ire des gouvernements europeens de ce continent les Toisines, I'Amerique redeviendra lout entiere ;ine a.

declaration elait d'une rare audace. Si nous ne pas envisage dans l'etude du premier point de la e de Monroe, c'est qu'elle se referait ood a des co- 3ns nouvclles mais a des colonies anciennes des ces de l'Europe. Elle elait en contradiction formelle . termes du message du 2 decembre 1823 qui di- Dans les colonics existantes ou dans les dependanl Efat europeen quelconque, nous ne sommes pas ius et nous n'interviendrons pas » ; elle refusait a ssances europeeones le droit de disposer de leurs ; elle refusait a ccs colonies le droit de disposer m6mes.

essage annuel du President Grant faisant allusion

aux tenlalives de son Gouvernement pour intervenir dans uoe difficult survenue enlre 1'Espagne et uae petite Republique du Sud, disait : « Les Republiques alliees et autres d'origine espagnole sur ce continent peuvent voir dans ce fait une preuve nouvelle de notre profond inter&t pour leur prosperity, de notre desir de les voir pourvues de bons gouvernements, capables de maintenir l'orcUre et de preserver leur integrite territoriale respective, et noire souhait sincere d'etendre nos relations commercials et sociales avec elles... Le temps n 'est probablement pas loin oil, par la marche naturelle des evenements, les rapports poliliques de TEurope avec ce continent auront cesse d'exister. Notre politique doit se modeler d'apres cette probability de facon a unir les interels commerciaux des llltats hispano-americains plus intimemeiit avec les nolres, et a donner ainsi aux fitats-Unis toute la preeminence et tous les avantages que M. Monroe, M. Adams el M. Clay ont eu en vue quand ils proposerent d'adherer au Congres de Panama ».

C'etaittout le programme d'une politique offensive contre FEurope sur le terrain economique ; nous en verrons plus loin les lentatives de realisation. Les fitats-Unis n'etaient pas encore prets a suivre leur President; nous avons vu leur conduite dans l'affaire de la Dominicaine. Les declaralions deM. Fish paraissent avoir passe inapercues; elles n'auraient pu, croyons-nous, etre appliquees qu'une seule fois et elles nc furent pas invoquees : lors de la retrocession & la France de la petite ile suedoise de Saint-Barthelemy.

■8 M. Fish, Saint-Barlhelemy, degagee de la sou- ; Jn rot de Suede, aurait du devenir uiie terre ne libre; or, les habitants de celte tie, consultcs de plebiscite, declarerent a la presque unanimite >ulaient redevenir Francais, et cette retrocession, lire la France et la Suede I'objet du traite du 10 '7, ne parait pas avoir souleve de protestations de es Etals-Unis.

>clarations de MM. Fish et Grant paraissent clore ous pouvons appeler la periode defensive d'applie la doctrine de Monroe : jusque-Ia, elle s'etait a des tentatives de progres de la part des Euroi Amerique. Desormais les Americains vont prensnsive : grace a des interpretations conlradictoires age du 2 decembre ils ont atteint les liniites recuils s'etaient fixces ; ils vont maintenant essayer de sser, et de repousser bors de leurs fronlieres 1'ineuropcenne qu'ils avaient jusque-la combaltue sur t'ils se reservaient.

onsiderations politiques les oat surtout guides jusdesormais ils vont plus particuliereinenl obeir a siderations economiques. Leur union territoriale le est absolue; leur developpement economique est iux et il leur Taut de nouveaux clients pour leurs >. La doctrine de Monroe s'est resumee jusqu'ici ;le formule : « L'Amerique aux Americains » ; elle tier desormais : « L'Amerique aux itlals-Uais ».

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