LIVRE PREMIER. jg
« L'utilité du livre de M. C, dit le compilateur, ne paraît pas d'abord à tous ceux qui le lisent, d'autant que, selon la remarque de personnes intelligentes, l'auteur n'ayant suivi nulle règle certaine, cette même utilité ne se reconnaît qu'à peine. D'où il arrive que plusieurs n'y remarquant pas l'avantage qu'ils en pourraient retirer, parce qu'ils n'y découvrent point les remèdes aux vices, les moyens d'acquérir les vertus et les secrets sublimes delà perfection chrétienne qu'il y a renfermés sans ordre, selon que le Saint- Esprit les lui suggérait, ils cherchent ailleurs avec beaucoup de travail ce qu'ils trouveraient facilement dans ce seul livre, s'ils en reconnaissaient les richesses. On a cru remédier en quelque manière à cet inconvénient en dressant ces lieux communs. Car de cette sorte chacun remarquera très aisément de quelle chose traite cet excellent maître de la perfection ; et on met sous un même titre ce qui est répandu en divers lieux touchant une seule matière. Ce n'est pas que je veuille accuser l'auteur d'avoir négligé l'ordre nécessaire, ni que je sois assez téméraire pour corriger la sagesse du Saint-Esprit qui lui a dicté ces oracles : ma pensée est seulement de soulager la faiblesse de ceux qui ne sont pas capables de pénétrer dans cette science cachée et divine ; imitant en cela l'exemple de ceux qui, par un travail digne de louange, ont rédigé l'Écriture sainte en lieux communs. De sorte que l'on ne saurait m'accuser d'avoir voulu réformer l'ouvrage de l'auteur, mais qu'au contraire on doit me savoir gré d'avoir travaillé pour l'utilité, sinon de tout le monde, au moins de ceux qui n'ont pas assez de lumière pour faire ce discernement. »
Voici encore un auteur, ayant étudié de près la doctrine de notre livre, qui ne pense pas qu'on puisse y trouver un plan méthodique. De fait, quand on examine les divers
fragments placés sous des titres tels que ceux-ci : Abnégation. Ami, Amitié, Amour-propre, Bienfaits de Dieu, Causeurs. Chair, Charité, etc., il est impossible de ne pas reconnaître que le saint auteur a traité le même sujet, en plusieurs endroits différents. Par exemple, le sujet de la Patience est traité au livre III, chap. xn; — I. xvi ; I. xxiv ; — IL m ; — II. xn ; — IIL xviii. — La compilation d'Isfording est très bien faite, et c'est à juste titre qu'elle a plusieurs fois été réimprimée en français. Par malheur, on n'a jamais songé à reproduire le précieux commentaire qui court le long des marges, et qui donne une fidèle analyse de 11. C. Il ne se trouve que dans l'édition originale, qui est introuvable en France. Or, le travail du P. Isfording n'est pas inférieur à celui de Merlo-Horstius. L'analyse marginale de celui-ci est peut-être plus élégante, mais elle le cède, croyons-nous, en exactitude, au résumé du premier.
Summa du P. Heser. —Ranger l'I. C. en lieux communs, c'est un procédé peu satisfaisant. On consulte un dictionnaire, on n'en fait pas sa lecture habituelle. Le P. Heser, le zélé défenseur de Thomas à Kempis, entreprit de donner, au livre qu'il chérissait entre tous, une forme didactique1.
i Ea communis jam est ascetarum fere omnium methodus, atoue in rébus spiritualibus tractandis disciplina, ut, cum devotasDeo animas ad cœlestem illam Patriam e terra hac peregnnationis deducere cogitant, très illas vias désignent, tanquam veris Israelitis, ex ^gypto in terram promissionis itinere trium dierum tendentibus ad immolandum Domino. Primam vocant viam Purgativam, secundam Illuminativam, tertiam Unitivam... Methodum hanc in suis Exercitiis Spiritualibus singulan quodam ordine, illuminante Spiritu Sancto, observavit S. P. Ignatius : quce cum tôt animarum, per sacras illas exercitationes viam saluas ineressarum, experimento probata sit, ad eorumdem bxercitiorum fere normam Liber hic Illuminatissimi nostn Ascetas ita