‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 146 sur 336 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

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Que nous dit le stoïcisme ?

Pour sup .porter, notre propre force suffit'.

Eh bien .-cette parole est présomptueuse.

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Certes il faut se défendre d'être le détracteur de la nature humaine. Sachons admirer l'éloquence de Pascal et la pénétration d'esprit de la Rochefoucauld, mais gardons-nous bien d'accepter leurs déshonorantes maximes. L homme vaut mieux qu'ils ne le pensent. Toutefois, pour ne pas le vouloir si bas qu'eux, il n'est pas nécessaire de le placer a la hauteur où le mettent les stoïciens. Les uns le méprisent, les autres l'exaltent trop. Notre place est entre cet excès d'honneur et d'indignité.

Pourquoi ne pas le dire ? La superbe stoïcienne est plus dangereuse que le dédain des sceptiques et le mépris des jansénistes. Elle compte trop sur la nature humaine, et cette confiance ne peut conduire qu'aux abîmes.

jetons un regard autour de nous. Les hommes nous semblent-ils donc, en eux-mêmes, si grands et si forts? Les défaillances constantes ne sont-elles pas 1 histoire de tout ce que nous voyons? Et si vous voulez considérer humant é seulement dans ses personnifications les plus élevées, le stoïcisme n'est-il pas condamné par ses principaux représentants et par ses héros les plus autorisés? Caton,.Brutus, Sénèque, n'ont-ils pas souvent démenti par leurs actions les préceptes de leur philosophie ? Tant la nature humaine, livrée à elle-même, s'affaisse dans ses efforts contre les obstacles, et trompe la confiance de ceux qui se reposent le plus en son pouvoir. ;

Le christianisme est supérieur au stoïcisme en ce qu il demande le même effort et la même dignité à la nature humaine, mais en y ajoutant une force divine et des motifs de l'ordre le plus élevé. C'est le stoïcisme perfectionne.

La sainte indifférence. - Ces termes, si souvent employés par les ascètes et les mystiques de l'école de saint François

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