‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 16 sur 336 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

avaient lu indifféremment toutes sortes de livres, et elles s'étaient rempli l'esprit d'une infinité de pièces rapportées, s'étant attachées seulement à ce qui paraissait le plus conforme à leurs idées. Enfin, elles avaient fait comme ces écoliers qui, s'étant contentés de lire et d'entendre expliquer de célèbres auteurs latins, savent véritablement du latin, mais, s'il faut composer un discours, ou rendre raison d'une construction, ils demeurent courts, parce qu'ils n'en ont jamais appris les règles. » Le pieux Chartreux ajoute : « Il est bien facile, par l'exemple que je vous propose d'un écolier, et de ce qui s'observe à son égard pour le rendre savant, de vous faire comprendre l'intention que j'ai eue en vous dressant ce directoire de lectures spirituelles pour l'éducation des commençants. Elle n'est autre que de les aider à apprendre foncièrement les règles de la vie chrétienne, et de retirer leur esprit des connaissances vagues qui ne sont pas proportionnées à leur portée, pour les renfermer dans l'étude des principes de la vie spirituelle, en les apprenant, comme dans une classe, par ordre, par mesure et par pratique; c'est par ce moyen qu'ils parviendront à cette excellente science des Saints, que Dieu ne donne qu'à ceux qui sont petits à leurs propres yeux, et bien soumis à la direction de ceux qui les instruisent, etc., etc. »

Comment Dom Le Masson s'y est-il pris pour exécuter son dessein ? Il a choisi le livre de Y « Introduction à la vie dévote », de saint François de Sales, comme l'œuvre la plus propre à servir de manuel de spiritualité. Il en a conservé Tordre et la teneur. Seulement, en tète de chaque chapitre, il a placé les passages de l'Écriture sainte; à la fin, il a réuni les chapitres de l'I. C, se rapportant au sujet traité par le saint Évêque de Genève. L' « Introduction à la vie dévote » a, dans l'œuvre de Dom Le Masson, la Bible et

ri. C. pour commentaires. On le voit : ce n'est guère qu'une compilation, et même d'un agencement naïf. Mris les coupures de la Bible et de l'I. C. sont bien faites, et disposées avec intelligence. De plus, l'éditeur a augmenté son travail de quelques notes, trop rares sans doute, mais pleines de substance. On ne peut que consulter avec fruit cette œuvre estimable, au moyen de laquelle on peut mettre un certain ordre, non pas l'ordre réel, il est vrai, mais enfin un ordre logique, celui de 1' « Introduction à la vie dévote », dans la lecture de l'I. C.

Je ne parlerai que pour mémoire du précieux livre du P. Surin1. Il ne rentre pas dans la catégorie des ouvrages que nous venons de signaler. Il ne cherche pas à trouver un ordre dans 11. C, ni à lui en accommoder un. Le pieux jésuite se contente de prendre quelques textes de notre livre, et de les développer selon le sens même de l'auteur. Son œuvre est l'explication de quelques versets de 1 1. C, par un homme qui en possédait pleinement l'esprit. Livre édifiant, pénétré d'une forte doctrine, dont on ne saurait assez recommander la lecture à ceux qui veulent entretenir en eux la flamme de la dévotion ; mais livre peu utile à ceux qui veulent, comme nous en ce moment, trouver des lumières sur le plan de l'I. C. L'ouvrage du P. Surin aurait besoin lui-même d'être ordonné. Bien loin de nous donner la clef du système de l'I. C, il ne nous donne pas celle du sien propre.

Le P. Gagliardi. — Nous voici amenés à parler des écri-

* « Les fondements de la vie spirituelle, » tirés du livre de T « Imitation de Jésus-Christ», par J. D. S. F. Paris, Claude Cramoisy, 1667, 1669, in-12. Voir la « Bibl. desEcriv. de la Comp. de Jésus », par de Backer, Art. Surin. Cet ouvrage a, été approuvé le 4 mars 1667 par Bossuet, alors doyen de l'Eglise de Metz.

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