Livre premier
vains qui, ayant examine d'une manière générale le livre de l'I. G., en ont fait une critique ^scientifique. Nous ne connaissons qu'une seule étude, taite selon ces données. Elle est remarquable : malheureusement, elle est très courte.
Ce travail, aussi vigoureux que substantiel, est un morceau de critique théologique, composé par le jésuite Gagliardi. Il se trouve en tête de la belle I. C. éditée par Balthazar Moret, d'après la recension de Philippe Chifflet, abbé de Balerne. (Anvers; 1647, in-12.) Chifflet nous dit, dans sa Préface, le tenir des mains du P. le Plessier, provincial de la Gallo-Belgique, qui, lui-même, pendant un récent séjour à Rome, venait d'en recevoir communication. C'était un extrait d'un traité inédit sur les « Saints Livres ». Quel dommage que l'ouvrage complet n'ait pas été publié ! Il suffit de lire le fragment sur l'I. C. pour reconnaître dans le P. Gagliardi un critique de premier ordre. Quel profit pour la science des âmes, si Ton connaissait le jugement de réminent écrivain sur les principaux ouvrages de spiritualité ! Nous aurons occasion de revenir plus tard sur le travail de Gagliardi, et nous y puiserons de précieux enseignements. Il nous suffit maintenant de signaler le sentiment du savant jésuite, qui, dans son étude doctrinale, se garde bien de reconnaître le plan savant découvert, par le P. Funez. Le résumé de doctrine présenté par Gagliardi est fait d'après la méthode qui a présidé à la composition de la « Peritia ». Mais la pensée en est tout autrement haute et pénétrante. Cet extrait a pour titre : « Achilles Ga^liardus Patavimus, Societatis Jesu Theologus, de Interiori Disciplina : libro I. Tractatu 4. De Auctore libelli de Imitatione Christi. » Nous ne connaissons qu'une édition de 1824 Paris, in- 18) qui, avec l'édition de Chitttet,
ait fait part au public de ce précieux morceau de critique ascétique. Il y a sans doute à faire des réserves sur le plan que Gagliardi impose à PL C. Il n y a pas à en faire sur la manière dont il caractérise l'esprit général de l'œuvre. Une conclusion se dégage de ce qui précède. Il nous semble qu'il ne saurait jamais y avoir lieu de bouleverser la disposition de 11. C. Ce qu'il importe de connaître, ce sont les éléments de la doctrine et les caractères de la conception. Cherchons à nous rendre compte de l'esprit de cette œuvre, tout à la fois simple et profonde. Etudions le milieu dans lequel a dû se produire ce livre extraordinaire. Puis, ouvrons PL C. au hasard. Nous sommes sûrs d'en saisir facilement le sens et la portée. Pour qui a déjà l'esprit du pieux livre, il n'est pas besoin de dispositions systématiques, de même qu'un agencement artificiel ne suffira pas pour donner la compréhension de l'œuvre. C'est le cas d'appliquer la règle donnée par le saint auteur : « Il arrive que plusieurs entendent fréquemment l'Évangile, et ne ressentent que de faibles désirs : c'est qu'ils n'ont point l'esprit deJ.-C. »I. i, 5. — Voulez-vous bien comprendre PI. C. ? Commencez par en avoir l'esprit.