LIVRE SEPTIÈME. -, , T
vent vers les créatures comme vers notre fin suprême, nous &sonS du moyen et de l'instrument, le terme et la aison de notre existence.
Notre esprit, notre cœur, notre volonté, ne vont pas spontanément à la connaissance, à l'amour, à la recherc e souveraine de Dieu. Par nature, ils obliquent vers le créé qui parvient, trop souvent, à confisquer à son profit des facultés qui devraient s appliquer principalement à Dieu.
Ecoutez les confessions de notre pieux auteur. Il semblerait que son âme sainte était pétrie de bonté. Il reconnaît a chaque instant que les éléments mauvais le troublaient et le tourmentaient.
arrive^ Ï™ T" i?dm?ment de ™*> mais je ne puis y
arriver. Je souhaite de .n'attacher aux choses du ciel, mais
es affaires temporelles et les passions immortifiées me etten
rédu/te T,X r aU"d"SUS ? t0Ut Par ]'esPrit' mais e «* réduit, maigre moi, à être dominé par la chair. Ces ainsi
que, malheureux homme, je me combats moi-même e que ,e suis devenu lourd à moi-même, lorsque l'esprit cherche a tre en haut, et la chair en bas. -, IlI.Vvm ,7o «Hélas ! le vieil homme vit encore en moi, il n'est pas entièrement crucifié, il n'est point parfaitement mort. Il 1 encore de fortes concupiscences contre l'esprit, il excite des guerres intestines, il ne souffre pas que le royaume de I âme soit dans le repos. » III. xxxiv, 20.
« Si vous croyez qu'on peut suivre'sans examen et abandonner à leur énergie indisciplinée les désirs de son cœur écoutez les plaintes de saint Paul sur les infirmités qu'il trouvait en lui, et qui sont pour le moins aussi grandes en vous-même : « Je n'approuve pas ce que je fais, dit l'A- « notre, parce que je ne fais pas le bien que je veux ; mais je « fois le mal que ,e ha*. » C'est à cause de cet état, si bien
décrit par saint Paul, que le désordre entre si aisément en nous. Notre âme a été ravagée : les plus grossières erreurs se rendent maîtresses de notre esprit, les plus grossières passions se partagent notre cœur comme une proie ; notre corps est un foyer brûlant de convoitises, et il aide, par sa faiblesse et le dérèglement de ses appétits, â nous tromper et à nous perdre. Par conséquent, l'homme ne peut être trop en garde contre lui-même : il doit scruter son cœur, sonder ses inclinations, peser et apprécier tous ses désirs, s'il ne veut être sans cesse entraîné dans le mal. C'est bien en vain que nous voudrions nous le dissimuler à nousmêmes : le devoir a quelque chose qui appelle nos répugnances, son joug nous irrite ; ce qu'on nous interdit, au contraire, éveille et attire nos désirs et nos efforts ; nous haïssons la vérité quand elle nous condamne, et c'est souvent- nous aimons qu'on nous flatte, fût-ce en nous trompant, comme c'est l'ordinaire ; en un mot, la chair est en révolte contre l'esprit, et l'esprit contre Dieu. N est-il pas évident que nous sommes perdus, si nous ne prenons pas d'une main ferme le gouvernement de notre âme, au milieu d'une pareille tempête et sous les coups de tant de passions conjurées ? Examinez donc toutes vos pensées avant d'embrasser aucun désir, et tous vos désirs avant de prendre aucun parti. » (Darboy.)
Bien loin de nous affliger et de nous tourmenter au milieu des tentations, dit saint Grégoire, nous devons nous consoler et même nous réjouir, puisque toutes ces poursuites et toutes ces attaques réitérées de nos ennemis nous assurent, autant qu'il est possible en cette vie, que nous ne sommes plus du nombre des malheureux esclaves du démon, et que nous jouissons de la liberté des enfants de Dieu • car, ajoute le même Père, si nous appartenions encore