‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 181 sur 336 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

35f occasion dangereuse. La tentation fut violente. Elle fut cependant repoussée, mais avec effort. Cette âme vertueuse .mau plus tard à rappeler cette circonstance de sa " « Jai et effrayée, dtsait-elle, de me reconnaître si faible Mo., déjà avancée en âge, dans une situation où tout me commandait la vertu, entourée de tout ce qui pouvait me protéger contre le mal, habituée à la pratique du bien Z et volemment ébranlée par une simple occasion. Sun éclair qui m'a indiqué ma fragilité. »

Notre auteur aime à revenir sur ce rôle des occasions nous montrant à nous-mêmes ce que nous sommes. V x m 3o; xvi, i4) i5) etc.

« OulZ •UteUr'rI- *£ 6' Signale Ie dan8ei- des ""-ions : Quelquun a dit : Toutes les fois que je suis allé parmi les hommes, ,'en suis revenu moins homme »

II est à croire que le dicton cité par l'I. G. est de Sénèque La parole empruntée au philosophe stoïcien n'a pas été cependant transmise, sans quelque altération de fond et de

Il est vrai qUe Sénèque (Epist. vu) recommande d'éviter a foule U confesse sa faiblesse. Il ne revient jamais de la société des hommes, en rapportant les mêmes mœurs qu'il y a portées : « Nnnquam mores quos extnli, refera » «Mon équipage, dit Malherbe dans sa traduction énergique, n est plus dans l'ordre où je l'avais mis : il ne rentre chez nio, que quelque chose de ce que j'avais fait sortir. » (Le Epures de Sénèque, traduites par M- François de Malherbe, Pans, in-12, 1639.)

Bic?eux?Vient qUC Ie COmmerce des homilles "°ns est si per-

rencLTllî' ^ ^^ dc '* maKce de «ux ^ nous ^controns. Il y en a peu qui ne nous louent de quelque

vice ou ne nous l'inoculent, ou au moins ne nous en laiss nt' quelque souillure, sans que nous nous en apercevions Te'eviens chez moi plus avare, plus ambmenx et plus dissolu : et qui plus est, je me trouve avec moins de douc ur, et d'humanité, pour avoir été parmi les homm s Avarior redeo, ambitiosior, luxuriosior, tmo vero crudehor et inhumanior, quia inter hommes fui. »

C'est bien la même pensée exprimée par notre auteur, bien que les termes soient différents. L'I. C. aurait peu de chose à reprendre à l'extension que Sénèque donne a sa pnsl Ce n'est pas tel ou tel homme, en particulier, qu So redouter la mauvaise influence du monde: ce sont tous les hommes sans exception, même les meilleurs. « On se laisse facilement aller à ce qu'on voit faire a beaucoup de gens Socrate même, Gaton et Lélius courraient fortune nue la fréquentation de si grand nombre de personnes dissembablesàleur humeur ne leur mît l'âme en desordre ant U est malaisé que ceux mêmes, qui se tiennent en m Heure assiette, ne succombent à l'effort des vices qui ^ e t ersi grande troupe les assaillir. Un seul exemple ï v" ou delxure est capable de faire beaucoup , ma L Si nous vivons ordinairement avec un homme délicat sa conversation peu à peu nous énerve et nous amollit. Un oïin ihe irrite nos cupidités. Il n'est point de blancheur i "te qu ne se tache, quand on l'approche de ce qui ne î'est poin" due pensez-vous que puisse devenir un homme qui a tout un peuple sur les bras ? »

Jusqu'ici, l'I. C. marche avec Sénèque. Elle reconna, av c le philosophe païen, que le commerce des homme Tous est préjudiciable, à raison des mauvais exemples qui ou ont donnés. Mais notre sage livre ajoute, que le danger ne vient pas seulement de la malice d'autrui : il vient

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