III. XXI, i
Nous disons que la charité doit être une préférence et
non une exclusion.
« Ce n'est pas, dit saint Augustin, qu'on ne puisse aimer aussi les créatures, puisque cet amour nous est si souvent commandé ; mais si l'amour qu'on a pour elles se rapporte au Créateur, ce n'est plus cupidité, c'est la chanté même. Car la cupidité n'est autre chose que l'amour qu'on porte a la créature pour elle-même : et alors la créature corrompt celui qui veut en jouir en l'aimant pour elle-même, au lieu qu'elle aiderait celui qui ne ferait que s'en servir en la rapportant à Dieu. » (De Trinit., lib. IX, cap. vu et vin.)
De son côté, saint François de Sales expose très bien comment, tout le cœur étant employé en l'amour sacré, on peut néanmoins aimer Dieu, et aimer encore plusieurs autres choses avec Dieu.
« Qui dit tout n'exclut rien, et toutefois un homme ne laissera pas d'être tout à Dieu, tout à son père, tout à sa mère, tout au prince, tout à la république, tout à ses enfants, tout à ses amis ; en sorte qu'étant tout à chacun, il sera encore tout à tous. Or, cela est ainsi, d'autant que le devoir par lequel on est tout aux uns, n'est pas contrain au devoir par lequel on est tout aux autres. L'homme s< donne tout par l'amour, et se donne tout autant qu'il aime il est donc souverainement donné à Dieu, lorsqu'il aime