‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 222 sur 336 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

souverainement sa divine bonté. Et quand il s'est ainsi donne ,1 ne doit rien aimer qui puisse ôter son cœur a L>ieu. Or, jamais aucun amour n'ôte nos cœurs à Dieu sinon celui qui lui est contraire. Sara ne se fâche point devoir Ismaël autour du cher Isaac, tandis qu'il ne se joue point à le heurter et piquer; et la divine bonté ne s'offense point de voir en nous des autres amours auprès du sien tandis qu ils conservent envers lui la révérence et la soumission qui lui est due. » (Saint François de Sales. Traité de 1 amour de Dieu, liv. X, chap. m.)

Quand on se conforme à cette doctrine, non seulement Dieu est le premier objet, il est encore l'unique objet de 1 amour des véritables chrétiens. Rien ne lui est préféré ■ non ne lui est opposé. C'est ce qui a lieu quand aucune créature n est aimée pour elle-même, et qu'elle n'est aimée que selon Dieu. Lorsque le motif qui nous porte à aimer une créature est Dieu, cet amour n'est pas distinct de 1 amour de Dieu. Alors il n'y a pas plusieurs amours • il n y en a qu un seul. On comprend ainsi dans l'amour de Dieu, les Saints, les hommes, qu'ils soient nos amis ou nos ennemis, et enfin nous-mêmes, qu'il s'agisse des biens du -•orps ou de 1 âme, en tant qu'ils nous sont nécessaires ou «lies au service de Dieu. Par contre, tout ce qui n'est pas :t ne peut être aimé en Dieu, doit être retranché. t C'est en cela que consiste le détachement des créatures et abnégation de soi-même, spéculativement parlant Dans • Pratique, il faut aller jusqu'aux conséquences des prin- >pes. Lami de Dieu renonce donc aux plaisirs désordonnés p sens, aux âpres poursuites des richesses, de l'honneur es honneurs du monde, â la vaine science. Pour com- "tC1 lesaOT"ce, '1 refusera toute satisfaction â sa volonté ropre et cherchera en toutes choses â y renoncer. Ce sera

lA DOCTRINE DU LIVRE DE 1. C.

la dernière victime, la plus précieuse, à consacrer au

Seigneur. . „.

De là cette maxime incontestable : on n aime que Dieu seul, quoiqu'on aime autre chose hors de Dieu, lorsque cette chose est aimée en Dieu et pour Dieu '.

C'est la propre doctrine de l'I. C. :

« Il faut choisir d'avoir plutôt le monde entier contre toi, que Jésus offensé. Que de tous ceux qui te sont chers, Jésus soit ton spécial bien-aimé. Que tous soient aimés à cause de Jésus, mais Jésus pour lui-même. Jésus-Christ seul doit être particulièrement aimé, lui, que seul entre tous les amis on trouve bon et fidèle. Qu'à cause de lui et en lu,, amis aussi bien qu'ennemis te soient chers ; et supphe-le pour les uns et pour les autres, afin qu'ils le connaissent et 1 aiment

tous. »II. VIII, 22-26. . ,.„

De cette manière, dans l'amour de Dieu, les fidèles sont consommés dans l'unité : « Ut sint consummat. m unum. » (Joann. xvu. 23.) Ainsi s'accomplit la parole du Maître : « Là où je suis, que mes disciples y soient avec moi : Volo ut ubi sum ego, et illi sint mecum. » (Ibid., 24.) C est de l'amour du chrétien pour Dieu, en Jésus-Christ, que part le lien qui doit unir inviolablcment tous les chrétiens entre

1 La vraie manière d'aimer vos proches; c'est de : les aimer -ta Dieu et pour Dieu... Cet amour "^.^^mtt qu/ n'ous des mœurs innocentes et réglée. »£«<n*»Je™^ praii-

de Bourgogne.)

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