‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 233 sur 336 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

Le mysticisme, c'est une grande intensité de charité conduisant à la jouissance de Dieu '.

La lin que se propose le mysticisme est de conduire l'âme à 1 union avec Dieu, par l'amour ie plus fervent. D'où il résulte que le mysticisme ne comprend pas seulement le degré le plus élevé de la spiritualité, mais aussi le plus infime. Tendre à l'union avec Dieu par la méthode d'amour voila essence du mysticisme, et comme celui-là est enta dans le temple qui en a franchi le seuil, ainsi l'âme qui débute dans la panique de l'amour de Dieu, avec le dessein de persévérer fidèlement et de progresser courageusement, cette ame est engagée dans le mysticisme. Voilà pourquoi les auteurs qui ont traité de la théologie mystique ne se contentent pas de parler de la contemplation; ils étudient en outre es phénomènes qui se rapportent à la vie purgative et à la vie illuminative. « Parmi les adeptes du mysticisme, dit Gerson (De Myst. Theol. Pract. consid.) nous plaçons les uns au rang des commençants, les autres des progressants ; les autres sont les parfaits. » Le parfait n'est arfaitPaS ^ mySdqUe' mais auSsi cellli 1ui «nd à être Le livre de l'I. C. est donc un livre de mysticisme, puis-

tans bien s'en rendre comme „,7°' arrcIer' sa"s le vo">°<r et « Par .a crainte ^i£^i^SSSfSS£lS$Tlg^

qu'il se propose de mener l'âme à Dieu par l'amour fervent.

Il est un manuel des progressants, et non des parfaits;

néanmoins, la méthode qu'il suit étant celle de amour

fervent, ce caractère suffit à lui donner sa véritable place

parmi les ouvrages de mysticisme.

Cependant, on donne souvent au mot de mysticisme une acception étroite, qui le restreint à signifier le sommet de la vie spirituelle, c'est-à-dire, la contemplation

Par les expressions de théologie mystique, les spirituels des derniers siècles entendent l'acte le plus élevé de 1 ascétisme, la contemplation, fin et terme de tous es exercices de la vie spirituelle, et effet du don surnaturel de sagesse, dans lequel consiste, selon le langage des Pères, la félicite

de cette vie. ,

« La sagesse, dit saint Bonaventure, est, en tant que don du Saint-Esprit, la contemplation de Dieu, par le moyen de l'amour, accompagnée d'une certaine douceur de sentiment. » (De sept. Donis. Sapientia, cap. i.)

« Le don de sagesse, dit-il un peu plus loin est une habitude surnaturelle, infuse dans l'âme par le Saint-Esprit, pour connaître Dieu, et l'aimer avec saveur.

« L'objet du don de sagesse est, par conséquent, Dieu, considéré non comme vérité, mais comme vérité et bien, et excitant ainsi l'âme à un amour savoureux. »

U résulte de ces textes, que pour saint Bonaventure, la contemplation n'est pas autre chose que le don de sagesse, l'un des sept dons du Saint-Esprit, le principal de tous.

Saint Bonaventure est suivi dans cette conception par Denys le Chartreux (De fonte lucis, cap xm ; Comment, in theol. myst.) et Jean de jésus-Mane (Theol. Myst.,

cap. i). il-

La contemplation étant l'essence même de la mystique,

Page 1