LIVRE HUITIÈME
a du mysticisme, au moins en germe. Le mysticisme, c'est la chante fervente. I! n'est donc qu'un développement du sentiment reh pas un fidèlcj qui> , cena.PP ^
de sa v.e spirituelle, pour peu qu'il soit enclin au sentimentalisme, n'au passé par l'état mystique.
Le mysticisme, dans les sociétés comme dans les indiv.dus, se manifeste aux époques de ferveur religieuse. Comme
se0:" ee? °T ^ "" ^ °nt ^ ***■ d'aC^! sèment et de décadence, ainsi le mysticisme, en certains
.ecles et en certains pays, se développe, fleurit et fruc- «fie puis semble avoir ses hivers, pour recommencer bientôt de nouveaux printemps. Mais un tel renouveau ne peut se produire qu'au milieu des circonstances les plus favorables à la religion. Les grands siècles de l'histoire de 1 Êghse sont aussi les grands siècles du mysticisme. « Trois causes concoururent à développer le mysticisme, au douzième siècle, dit M Michaud (Guillaume de Champeaux, l.v. II, hap. v,) : l'étude très répandue des écrits de sain Denys, la lecture assidue de l'Écriture sainte, et le goût de la vie monastique. » Il serait plus exact de dire, qu&e si au douzième siècle, on s'adonna à l'étude de l'Aréoplite à h lecture de la Bible, à la discipline monastique' c°ï q esprit mysnque s'était développé avec une grande in. n- Ué. Ne prenons point les effets pour les cause!. L'état my - ■que est un fait psychologique naturel à l'âme chrétienne ■ s affaiblit ou s exalte selon les conditions de la vie dé 1 Église. Aux époques de ferveur, le mysticisme est en progrès; aux moments de tiédeur, il est en décadence Ce qu. accroît la vigueur du tempérament chrétien est favorabfc au mysticisme ce qu, énerve le sentiment religieux lui est préjudiciable. Or, le douzième siècle a été une des époques les plus remarquables au point de vue de la renaissance de
^g LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.
l'esprit chrétien. Il y eut, en tous sens, un progrès religieux auquel le mysticisme ne resta pas plus étranger que tout autre élément de l'Église, puisque le mysticisme n est rien autre que le sentiment religieux porté à un haut degré. Puisque le mysticisme est un état psychologique, dont l'influence est considérable sur les sociétés aussi bien que sur les individus, il a été nécessaire d'étudier les phénomènes mystiques et d'en faire la théorie. Il y a donc 1 état mystique et la science du mysticisme. Comme les autres sciences, celle du mysticisme a été pratiquée avant d être réduite en système. Bien mieux, tout le monde étant appelé à aimer Dieu, il faut qu'on puisse y arriver sans la connaissance des théories subtiles, rarement accessibles a la foule. Cependant, la science du mysticisme, ou la theologfe mystique, n'a jamais laissé d'être en honneur dans 1 Eglise. Elle est arrivée à un point de développement qui la maintient au niveau des autres parties de la science sacrée. Les études sur l'histoire du mysticisme, particulièrement du mysticisme médiéval, l'emportent, par l'étendue des recherches et l'importance des résultats, sur tous les autres travaux d'histoire de la théologie. Pour la science théorique du mysticisme, elle repose sur des observations psychologiques de premier ordre. Sans doute, on peut spéculer sur le mysticisme, sans être arrivé soi-même à l'état mystique; de même que le mystique peut être arrivé au suprême de-ré de la contemplation, sans avoir même conscience des principes scientifiques de son état. Mais la théologie mystique a eu la bonne fortune d'être établie par de grands saints et d'èminents génies, qui connaissaient tout a la lois la pratique et la théorie du mysticisme. C'est ce qui rend si attrayante l'étude des grands mystiques de l'Eglise, saint Paul, saint Augustin, sainte Thérèse, saint Franço.s de