‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 245 sur 336 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

4/1 pénétrait, la remuait, l'imprégnait de lumière et de chaleur. Quelle âme pieuse n'a, un jour, été frappée de ces clartés soudaines, de ces énergies puissantes, de ces tendresses et de ces consolations qui dénotent l'union de l'être humain et de l'infini ? Colloques mystérieux, échanges brûlants d'amours dont nos sanctuaires sont les témoins perpétuels, c'est en ressouvenir de vos incomparables douceurs que le Prophète s'écriait : « Un jour passé dans vos temples, 6 Seigneur, vaut mieux que mille dans les tentes des pécheurs. »

Toutes ces questions que nous venons d'indiquer ont été traitées par les théologiens modernes, dans la controverse contre les adversaires de la révélation, avec une plénitude de raison et une abondance d'arguments qui ne laissent place à aucune difficulté. Et encore une fois, ce qui a été dit en faveur de la possibilité de la révélation n'a pas moins de force lorsqu'il s'agit des communications immédiates dans fe mysticisme. La cause est la même, logiquement parlant Que Dieu se mette en rapport avec quelques hommes privilégiés pour leur révéler des vérités publiques ou pour leur faire connaître des beautés intimes, pour les animer à la conversion des peuples ou pour les exciter à leur propre perfection, on ne saurait y voir qu'un degré différent dans I ordre surnaturel ou une méthode particulière dans le mode des communications ; et il est très vrai que la légitimité du mysticisme ne soulève pas plus de répugnance logique, que k thèse de la possibilité de la révélation, ou du surnaturel ou de la création.

H y a deux sortes de mystiques. Les uns ont éprouvé les phénomènes qui résultent de l'union avec Dieu, obtenus par a liberté d âme et l'amour. Les autres en ont disserté, soit J après leur expérience personnelle, soit d'après le témoignage d autrui.

tnr> LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

Les âmes mystiques, ou, pour mieux dire, les Saints qui ont expérimenté les phénomènes divins par l'union de sentiment, forment une légion immense et d'élite. Elle envahit le catalogue des béatifications et des canonisations. Et combien d'âmes mystiques, restées inconnues, mériteraient de briller au ciel de l'Église ? Il y a, sans doute, des Saints qui n'ont pas été des mystiques ; mais le plus grand nombre des Saints est composé de mystiques.

Les écrivains mystiques, sans être aussi nombreux que les scolastiques, ne laissent pas de former une littérature considérable. Saint Paul, le plus grand des mystiques, ouvre la marche. Il est suivi par saint Augustin et saint Grégoire le Grand, qui ne séparent pas, dans leurs écrits, la théologie ordinaire de la mystique. Mais, vers le xne siècle, les commentateurs de saint Denys F Aréopagite et du Cantique des Cantiques se plaisent à faire bande à part, et bientôt un double courant théologique, parallèle, mais distinct, se manifeste dans l'Église, celui de la mystique et celui de la scolastique.

LA DISCIPLINE DU MYSTICISME DANS l'ÈGUSE.

Il n'y a pas à craindre, dans l'Église, que les communications de personne à personne, entre Dieu et l'homme, aboutissent au triomphe des révélations privées sur la révélation générale. Tout en élevant le cœur du fidèle a la consolation et à l'illumination, tout en facilitant l'union réelle de la créature et du Créateur, notre religion réussit merveil-

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