LIVRE HUITIÈME
4/3 Icuscmcnt à régulariser les élans les plus affectifs. Qu'on étudie avec attention les dispositions en vigueur dans l'Égl.se, et 1 on reconnaîtra que le système, ici comme partout, est un chef-d œuvre de prudence, de force et de délicatesse.
Certes, les divagations du sentiment sont déplorablese es se produisent malheureusement, dansla théologie aussi bien que dans la ph.losophie. M- Guyon, Molinosjes Béguards, appartenaient à la religion chrétienne. L'efficacité de la disciphne imposée par l'Église ne va donc pas jusqu'à endre impossibles les égarements du cœur. Néanmoins, tand,s qUe |a ph.losophie, non seulement ne supprime pas mais est encore impuissante à régler les mouvements affectifs, la théologie indique au sentiment, avec autorité et sagesse les points qu'il doit respecter. Telle est la différence capitale qui sépare, en tout ordre de choses, la philosophie, e lafoKEn phi osophie, la raison n'a d'autre guide qu'elle même. En théologie, la raison est conduite par la foi Le pmlosophe n a pas de règles à imposer au cœur, au nom de la raison ; car la raison, pourquoi s'imposerait-elle au cœur et sur quoi appuierait-elle l'autorité de ses injonctions ?
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raison plus solide, une autorité dont les décisions sont souveraines.
Un philosophe, dont le témoignage ne peut être suspect rencontre a ce sujet une heureuse comparaison : « La reg.on est au mysticisme ce que l'amour réglé par le mariage m à amour libre et passionné. Assurément, le mariage a -'te calomnie par la comédie et la satyre. Le mariage n'exclut 'as I amour ; ,1 le suppose, au contraire, et ne peut se comprendre sans lu, Mais il lui impose des règles et des devoirs; 1 le place sous 1 autorité des lois, et ne lui permet pas dé
s'écarter des conditions sur lesquelles repose Tordre social. Telle est précisément l'action de la religion sur l'amour divin et, par suite, sur tous les actes et toutes les pensées dont se compose le commerce de l'âme avec l'infini. Elle ne permet pas que, dans les élans mômes de la foi la plus exaltée, on s'éloigne de ses dogmes, de ses traditions, de sa discipline, niVon les manifeste autrement que sous les formes qu'elle a consacrées. Elle est inséparable d'une société spirituelle qui a, comme la société civile, son gouvernement, s'jn organisation, sa législation. » (La Philosophie mystique en France, à la fin du dix-huitième siècle, parM. Franck,
On ne saurait mieux dire. A la différence de la philosophie le christianisme fait sa part au cœur, dans les rapports qu'il établit entre Dieu et l'homme. Mais, en reconnaissant les droits de l'amour, il lui impose de rigoureuses limites, ce que ne peut faire la philosophie. Il détermine son caractère il circonscrit son action, il dirige sa marche.
Comment cela peut -il se faire ? Par l'autorité souveraine
de la doctrine.
En effet, la théologie n'a pas pour premier fondement les spéculations de la raison humaine. Elle repose principalement sur la vérité divine et révélée. Les jugements que le théologien porte et les conclusions qu'il déduit ont pour point de départ les articles de foi, la tradition, la doctrine des Pères, la science de la doctrine sacrée. De là résulte la règle du cœur. Il ne lui est jamais permis de sortir du cadre de la théologie. C'est le docteur qui indique les points qu il ne faut pas "franchir. Il est le pilote. La plus sublime contemplation n'est qu'une illusion, dès lors qu'elle contredit la théologie. C'est un point sur lequel Bossuet insiste avec autorisé, dans ses « États d'oraison ». Son argumentation