LIVRE HUITIÈME
sant les divines Écritures elles-mêmes, affirment que Dieu instruit immédiatement tout homme par un propre esprit inteneur : impiété rejetée avec horreur par les luthériens et les ca vmistes eux-mêmes. Il n'est pas nécessaire de défendre 1 auteur de l'I. C. contre l'accusation d'avoir enseigne cette doctrine, puisque dans son livre il cite fréquemment les paroles des divines Écritures, et proclame hautement que toute moralité et toute discipline prennent leur source dans la parole révélée. Nous ne nous arrêterons pas davantage à réfuter Sucnckfcld, l'inventeur de ce système, et ses disciples ; car ils n'ont pas manqué, les théologiens qui ont fait voir les faussetés et les dangers de ce système, en particulier le cardinal Bellarmin
La seC011de, est l'erreur de ceux qui enseignent que les Prophètes et les saintes Écritures peuvent être librement interprétés par les particuliers, de telle sorte qu'on puisse à son gré y trouver les bases de nouveaux systèmes. Il est le seul principe sur lequel les diverses sectes protestantes divisées entre elles, parviennent à se tenir d'accord Ce serait une peine inutile que de faire voir combien la doctrine si catholique de II. C. concorde peu avec ce principe : chaque phrase est une protestation contre l'erreur de l'interprétation privée.
La troisième erreur qu'on pourrait, à l'extrême rigueur attribuer à notre pieux auteur, si on ne voulait tenir compté que de quelques propositions isolées et comprises dans leur sens exagéré, consisterait à prétendre que, dans l'acquisition des vertus intérieures et spirituelles, il n'est aucun besoin de directeur, de conseil, de méthode et de discipline, car c'est Uieu lui-même qui inspire, enseigne et sanctifie. « Quelques hommes entendus dans la piété, dit Gagliardi ont compris ainsi la doctrine de l'I. C. ; mais, ajoute le savant
et judicieux critique, ils ont mal pris quelques passages du pieux livre : l'ensemble de la doctrine proteste contre une telle interprétation, car souvent 11. C. rappelle que personne ne doit se laisser guider par son propre sens, par son jugement particulier, ou sa volonté, mais qu il convient de suivre en tout les conseils et les préceptes des
supérieurs. »
Quelle est donc la pensée véritable de l'auteur du pieux